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Orléans : un territoire aux objectifs ambitieux #3 Rencontre avec Stéphanie Anton

Publié le 05 février 2019 par Franckbaty @Bouygues_C

En collaboration avec le cabinet Chronos et de nombreux experts du sujet, nous étudions la manière dont les villes s’adaptent à ces enjeux. Stéphanie Anton, adjointe au développement durable de la ville d’Orléans livre les réflexions en cours à l’échelle de la Métropole, qui souhaite à la fois optimiser ses transports et les rendre plus respectueux de l’environnement. À la découverte d’un territoire aux objectifs ambitieux.

Orléans : un territoire aux objectifs ambitieux #3 Rencontre avec Stéphanie Anton

Stéphanie Anton, adjointe au développement durable de la ville d’Orléans

Quels problèmes la métropole d’Orléans rencontre-t-elle en matière de transports ?

Stéphanie Anton : Nous avons actuellement un enjeu majeur en matière de mobilité : offrir à la fois des solutions de déplacements modernes qui s’adaptent aux usages des habitants du centre-ville, (composé d’un vaste centre ancien difficilement adapté aux transports en commun traditionnels), et aux habitants des communes péri-urbaines moins denses dont les habitants sont tributaires de leur véhicule personnel. La métropole a prévu, dans son plan de déplacement urbain actuellement en révision et en phase d’enquête publique, d’étudier plusieurs axes :
Renforcer l’attractivité des transports en commun en les rendant plus efficients et en favorisant un meilleur partage de la voirie.
Développer la mobilité durable en dotant toute la flotte de bus électriques d’ici à l’horizon 2024.
Intégrer les modes de mobilité émergents (trottinettes électriques, véhicules autonomes etc…)
Etendre les solutions de la mobilité au-delà de la métropole pour agir en cohérence/en lien avec les 6 autres communautés de communes, à l’échelle du bassin de vie.

Pour cela, la métropole se fixe des objectifs exigeants comme augmenter la part modale des transports doux et actifs et en particulier celle du vélo de 3,5 points dans les dix ans, faire en sorte que moins d’un déplacement sur deux s’effectue en véhicule personnel d’ici 10 ans etc… Il s’agit non seulement de faciliter la mobilité en centre-ville et au sein des zones limitrophes mais également d’améliorer la qualité de l’air pour les habitants en adoptant une démarche écologique. Finalement, les questions de mobilité sont la clef d’entrée lorsqu’on veut construire un territoire résilient qui réponde aux enjeux environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux actuels.

Le livre blanc « Villes et mobilités, réinventer les proximités » évoque une prolifération des services de mobilité dans l’hypercentre des grandes villes au détriment des banlieues. Observez-vous cela à Orléans ? Si oui, comment essayez-vous d’y répondre ?

Stéphanie Anton : Pas « au détriment de » mais « en parallèle ». Nous travaillons en effet sur une logique de complémentarité des modes de transports selon les zones (denses et peu denses). En clair, cela signifie mettre à disposition tout un panel d’alternatives au véhicule personnel motorisé (bus, trams, vélos en libre-service ou location longue durée etc…) pour qu’il soit préférable de les utiliser en centre-ville. En parallèle, nous développons des parkings relais autour d’Orléans pour permettre de déposer sa voiture au profit du tram ou du bus mais aussi des applications pour suivre l’état du trafic en temps réel et adapter ses déplacements. Nous proposons aussi des lignes de transport express, des systèmes de transports plus flexibles pour les zones moins denses : par exemple un système de transports à la demande dynamique Résa’Est vient compléter l’offre existante de navettes à horaires fixes. Expérimentée avec la startup parisienne Padam et testée sur 7 communes, ce service s’est révélé très prometteur en permettant le doublement de la fréquentation L’application mobile avec géolocalisation permet également d’adapter le trajet du bus en fonction des demandes de descente et de montée des usagers et d’optimiser le taux de remplissage.

Comment Orléans adresse-t-elle la problématique des transports avec Paris ? Quels enjeux autour de la mobilité avec la capitale ?

Stéphanie Anton : Paris est un lien essentiel pour le développement de la ville. Nous sommes à un peu plus d’1h de la capitale en TER et 1h30 en voiture. L’objectif d’Orléans n’est pas de devenir une ville-dortoir mais de répondre aux besoins des habitants et travailleurs pour qu’ils puissent assurer leurs déplacements. Un autre de nos axes est de travailler sur le rayonnement, l’attractivité et le développement du tourisme (de loisirs et d’affaires) dans la région. A plus long terme, un Space Train sur coussins d’air et qui permettrait de rallier Paris à Orléans en 13 minutes est à l’étude. Un projet novateur porté par la startup DEVECO qui pourrait voir le jour d’ici 5-10 ans.


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