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[Critique] ARCTIC

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] ARCTIC

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Note: ★★★½☆

Titre original : Arctic

Origine : Islande

Réalisateur : Joe Penna

Distribution : Mads Mikkelsen, Maria Thelma Smáradóttir…

Genre : Aventure

Date de sortie : 6 février 2019

Le Pitch :

Un homme lutte pour sa survie à la suite du crash de son avion au beau milieu de l’Arctique. Un jour, un événement inattendu le pousse à abandonner son campement de fortune pour s’aventurer au nord…

La Critique d’Arctic :

Le film de survie est un genre à part entière. Un genre qui comprend plusieurs variations. Deux principalement : le survival hollywoodien et le survival plus intimiste et donc moins sensationnaliste. Arctic appartient à la seconde catégorie. Pour son premier film, Joe Penna n’a pas cherché la facilité, préférant tenter de ramener l’exercice à son expression la plus pure et la plus viscérale. Le résultat, si il n’est pas exempt de menus défauts, force l’admiration…

Arctic

Briser la glace

Les acteurs capables de tenir la baraque au sein d’un long-métrage aussi austère, aussi dépouillé et aussi frontal que celui-là sont rares. Joe Penna ne pouvait pas rêver mieux qu’un monstre de charisme comme Mads Mikkelsen pour incarner son survivant. Un homme engagé dans un combat pour sa propre survie, au sein d’un enfer blanc où le danger est partout. De tous les plans, Mikkelsen livre une performance à la puissance évocatrice rare. Imposant, solide, il parvient à la fois à exprimer, par les seule inflexion de son corps, quasiment sans pouvoir se reposer sur des dialogues ou sur des partenaires de jeu, une force brute mais aussi une certaine vulnérabilité. Loin des sur-hommes auxquels le cinéma nous a habitué, son personnage, dont on ne sait rien, n’existe que pour continuer à exister. Rompu à une routine qu’il s’est imposée par la force des choses, soumis à sa propre détermination, il avance sans cesse, y compris quand un jour, un événement le pousse à tout revoir pour imaginer la possibilité d’une fuite en avant, dans ce grand désert blanc et glacial qu’est l’Arctique.

Survival givré

Contrairement à des films peut-être plus sensationnalistes comme 127 Heures, Arctic prend le risque de ne s’attacher qu’au présent. Il ne présente jamais son personnage, préférant s’e concentre sur son combat pour la survie. On ne découvre pas, au fil de plusieurs flash-back, son histoire. Son histoire se résumant à ses gestes, étudiés et calculés, pour résister au froid, à la faim, à la soif et à la fatigue. Joe Penna joue à fond la carte du minimalisme et de l’hyper réalisme. Surtout dans la première partie du récit, car après, malgré tout, quand Mikkelsen entame son périple en forme de chemin de croix, dans la neige et le vent, le film consent à se plier à quelques passages obligés. L’ours, cette menace lointaine, se rapproche. Attendu, l’affrontement à bien lieu mais à chaque fois, pour l’ours donc ou concernant tous les obstacles se dressant sur la route du personnage, le réalisateur essaye le moins possible d’aller dans l’excès. Il garde en permanence cette ligne de conduite pour rester au maximum proche de son « héros » et de ses motivations primaires. Contrairement à un survival comme Le Territoire des Loups, Arctic ne met pas en avant un certain mysticisme. Du coup, il peut s’avérer un peu austère, voire un peu longuet. Même si sa durée dépasse à peine les 90 minutes. Le choix était risqué, et il faut se souvenir qu’il s’agit d’un premier film. Un premier film à l’image de son personnage principal : courageux et valeureux. L’expression brute d’un cinéma dépourvu de tout artifice, qui exploite brillamment son environnement pour illustrer la menace principale, mais aussi et surtout son acteur principal pour exprimer, sans avoir besoin des mots, toutes les thématiques qu’il entend porter.

En Bref…

Parfois un peu long et assurément austère, Arctic n’en reste pas moins très courageux et viscéral. Porté par la performance irréprochable et sur bien des aspects carrément admirable de Mads Mikkelsen, le film va à contre-courant des survivals spectaculaires et trouve sa voie en sachant se montrer très immersif et souvent passionnant.

@ Gilles Rolland

Arctic-Mads-MikkelsenCrédits photos : The Joker

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