Magazine Cinéma

[Critique] S.O.S. FANTÔMES (1984)

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] S.O.S. FANTÔMES (1984)

[Critique] S.O.S. FANTÔMES (1984)

Partager la publication "[Critique] S.O.S. FANTÔMES (1984)"

Note: ★★★★★

Titre original : Ghostbusters

Origine : États-Unis

Réalisateur : Ivan Reitman

Distribution : Bill Murray, Harold Ramis, Dan Aykroyd, Ernie Hudson, Sigourney Weaver, Rick Moranis, Annie Potts, William Atherton…

Genre : Fantastique/Comédie

Date de sortie : 12 décembre 1984

Le Pitch :

À New York, Peter, Raymond et Egon, trois chercheurs de l’université de Columbia, se font virer de leur poste alors qu’ils viennent tout juste de prouver que les fantômes existent bel et bien. Détenteurs d’une technologie leur permettant de faire la chasse aux spectres, ils décident de créer S.O.S. Fantômes, une société spécialisée dans la chasse aux fantômes. Très vite, les appels affluent alors que les apparitions se multiplient en ville…

La Critique de S.O.S. Fantômes :

S.O.S. Fantômes est né dans l’esprit de Dan Aykroyd. C’est lui, accompagné par John Belushi, l’autre Blues Brother, qui a donc imaginé cette histoire de chasseurs de fantômes opposés à des goules. Une idée qu’Harold Ramis simplifiera car au début, les exterminateurs de fantômes devaient carrément voyager dans le temps et l’espace au cours de leurs missions. Ramis réduit le champ d’action des personnages à la ville de New York et le tour est joué. Bill Murray quant à lui, arrive après la mort de John Belushi, même si, fidèle à sa réputation, il laisse ses amis le bec dans l’eau quant à sa participation jusqu’à la veille du tournage… Même Eddie Murphy fut un temps envisagé mais ce dernier préféra se consacrer au Flic de Beverly Hills

Un peu d’histoire…

Ghostbusters, c’est donc avant tout une histoire de potes. Un film imaginé par de sales gosses de l’entertainment américain. Un projet un peu fou né à la suite du National Lampoon et du Saturday Night Live, sous l’impulsion d’un Dan Aykroyd farouchement décidé à mettre tout en œuvre pour parvenir à imposer sa vision sur les écrans de cinéma du monde entier. Aykroyd qui, fort de l’appui d’Harold Ramis et de la star Bill Murray, ce dernier étant parfait pour rassurer les producteurs, trouve en Ivan Reitman le réalisateur parfait pour emballer le tout. Un metteur en scène proche du National Lampoon, familier de l’humour et des méthodes d’Aykroyd et de Murray et totalement sur la même longueur d’onde pour avoir mis en scène des films comme Arrête de ramer, t’es sur le sable (Meatballs) et Les Bleus. Néanmoins, pour tous les acteurs de ce projet, Ghostbusters représente un défi considérable. Non seulement quant à sa nature très ambitieuse, autant sur le fond qu’au niveau de la forme, mais aussi par rapport au budget, qui ne tarde pas à allègrement dépasser les 20 millions de dollars.

Quand les choses sont enfin lancées, les compères décident d’affiner leur scénario et se mettent en quête des autres acteurs. Ils se rapprochent de Sigourney Weaver, de Rick Moranis et d’Ernie Hudson, qui campera quant à lui le quatrième chasseur de fantômes, dont le costume était auparavant prévu pour Eddie Murphy. Même John Belushi est en quelque sorte de la partie vu que Bouffe-tout, le spectre vert qui dévore tout sur son passage, est un hommage appuyé d’Aykroyd à son ami disparu.

Le tournage a en grande partie lieu dans les rues de New York. Sans autorisation. L’équipe travaille dans un esprit guérilla impensable aujourd’hui pour une production de ce calibre. Les acteurs se font courser par les portiers dans le Rockefeller Center, ils créent des embouteillages monstres, Bill Murray joue de sa popularité pour arrondir les angles et tout se passe à peu près pour le mieux, même si tout le monde, y compris les responsables des effets-spéciaux, révolutionnaires, ne savent pas très bien où tout cela va les mener. Au final, S.O.S. Fantômes tient un peu du miracle. Même le morceau titre qu’Aykroyd voulait confier à Huey Lewis, sera finalement confectionné par Ray Parker Jr., un musicien à la popularité bien moindre. Tout s’emboîtera à merveille et le film sera un carton. Encore mieux : Ghostbusters s’est imposé sans répondre à une quelconque demande et sans obéir à des canons pré-établis. Ce blockbuster original, burné et courageux a carrément inventé la comédie fantastique moderne. Mais ce n’est pas tout car il a aussi inventé des codes. Il a façonné la pop culture et est même allé jusqu’à œuvrer pour la réhabilitation de la ville de New York auprès du grand public. Car à l’époque, New York, c’était plutôt la zone. En 1984, la ville sort à peine d’une crise d’envergure. Les rues sont crades, mal famées, le crime explose… S.O.S. Fantômes a beaucoup fait pour l’image de la grosse pomme et encore aujourd’hui plusieurs circuits proposent de visiter les lieux de tournage du film. La célèbre caserne de pompiers où les chasseurs de fantômes installent leur QG est par exemple l’un des lieux de tournage les plus courus au monde…. Un exemple parmi d’autres de l’importance et de l’influence du film.

[Critique] S.O.S. FANTÔMES (1984)

Who ya gonna call ?

À bien y regarder, et peu importe si on a découvert S.O.S. Fantômes des années après sa sortie, le film est véritablement un cas d’école. Une comédie habitée par l’esprit du SNL et du National Lampoon extrêmement drôle, donc mais aussi incroyablement spectaculaire et novatrice dans sa manière d’imposer un divertissement caractérisé par ses géniales outrances visuelles et son inventivité constante. Merveilleusement bien écrit, surtout en ce qui concerne la première moitié, ce blockbuster incarne cet esprit de liberté qui flottait alors toujours sur le cinéma populaire. Pas encore phagocyté par les attentes mercantiles des studios (une majeure partie des producteurs était rongée par l’inquiétude mais le film s’est tout de même fait), Ghostbusters a imposé un nouveau modèle. Il est d’ailleurs assez ironique de constater qu’un tel projet, porté de la façon dont il le fut par une bande de potes connus pour des productions bien plus légères, cher et risqué, ne pourrait probablement pas se faire aujourd’hui alors que c’est bien de cette façon que le cinéma américain contemporain a pu créer un modèle de blockbuster encore aujourd’hui en vigueur. Vrai film de rebelles, Ghostbusters repose aussi bien sûr sur ses acteurs. Sur l’alchimie entre Ramis, Murray, Hudson, Aykroyd, Sigourney Weaver et Rick Moranis. Sur cette magie invisible rendant les échanges entre les personnages au moins aussi savoureux que leurs affrontements contre les fantômes.

Vieillir avec classe

S.O.S. Fantômes n’a rien de prétentieux. Il n’essaye pas de nous démonter, à grand renfort de scènes calculées, sur-écrites et d’effets-spéciaux coûteux, à quel point il est génial. Il se contente juste de l’être. Ivan Reitman et son équipe ont su profiter d’une conjoncture finalement favorable. Ils ont joué des coudes au sein d’une industrie frileuse mais encore prompte à se faire infiltrer par des pirates prêts à tout pour imposer leur vision. S.O.S. Fantômes aurait pu partir dans tous les sens mais non. Il défouraille dans la bonne humeur, se montre attachant, spectaculaire et impertinent…. Il ne faut d’ailleurs pas aller chercher plus loin la raison qui fait que 35 ans plus tard, c’est toujours lui, le numéro un d’une franchise compliquée, qui a toujours l’amour des fans. La communauté des aficionados de Ghostbusters ne cesse de croître, donnant lieu au meilleur, mais aussi au pire. Ainsi, le remake de Paul Feig, avec son casting féminin, pourtant un peu dans le même esprit, l’originalité et la spontanéité en moins, a réveillé les plus bas instincts des fans les plus bas du front de la saga. La suite tardive, que va réaliser Jason Reitman, le digne fils de son père, n’a également pas tardé à éveiller un enthousiasme dingue. Pour cela, quelques notes de musique et un plan furtif sur la légendaire voiture des chasseurs de fantômes ont suffi. 35 ans plus tard, S.O.S. Fantômes fait toujours partie des intouchables. Plus qu’un film, c’est un repère. Un chef-d’œuvre à l’aura si puissante que même la suite sortie en 1989, avec le même casting et le même réalisateur aux commandes, a été rejetée en bloc (alors que le film est loin d’être aussi honteux que certains l’affirment). Plus encore peut-être que Retour vers le Futur, qui doit pas mal de choses à Ghostbusters, ce dernier fait partie de l’ADN originel du blockbuster américain dans ce qu’il a de plus noble. On appelle ça un classique.

En Bref…

Tout a été dit et écrit sur S.O.S. Fantômes. Film de potes, comédie savoureuse et jubilatoire, trip fantastique visuellement ambitieux, blockbuster spectaculaire et attachant… Ghostbusters, c’est tout cela à la fois. Un film fondateur. Un authentique morceau de bravoure aux géniales imperfections, dont on ne lassera probablement jamais.

@ Gilles Rolland

[Critique] S.O.S. FANTÔMES (1984)

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Onrembobine 57561 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazines