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Ciné-Journal #11 : Ryan Gosling sur la lune, Ventura et Delon à Fort Boyard, Oscar Isaac et Ben Affleck dans la jungle.

Publié le 14 mars 2019 par Franck Lalieux @FranckLalieux

Une éternité que je n'avais pas écrit sur ce que je regardais à la maison. Depuis, nouveau home cinéma 4K, 5.1, Oled et HDR... enfin tous les nouveaux labels qui tentent de garantir l'expérience audio-visuelle à domicile.

Sur cette installation je découvre donc pour la première fois le First Man de Damien Chazelle, en BluRay 4K. Première surprise, le film est tourné en partie en pellicule 16mm. Nous avons donc une belle image granuleuse sur l'Oled Ultra HD, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Ciné-Journal #11 : Ryan Gosling sur la lune, Ventura et Delon à Fort Boyard, Oscar Isaac et Ben Affleck dans la jungle.

Le film avance entre séquences intimes façon mélodrame asséché, sans pathos; et franchissement d'étapes en terme de progrès technologique vers la conquête spatiale. Moi qui n'aimais pas vraiment Lalaland, je me réconcilie - un peu - avec le cinéma de Chazelle. Son point de vue de cinéaste sur les séquences ultra rebattues de vol (on aura toujours L'Étoffe des Héros en tête, à chaque film sur la conquête spatiale) est plutôt intéressant. Il fragmente les gestes et l'espace intérieur du personnage pour nous donner à ressentir et frissonner en même temps que lui. Peu de plans larges et aériens, tout se passe dans les cockpits.

Ciné-Journal #11 : Ryan Gosling sur la lune, Ventura et Delon à Fort Boyard, Oscar Isaac et Ben Affleck dans la jungle.

Ainsi, la séquence lunaire qui elle fut tournée en IMAX peut exercer sa pleine sidération sur le spectateur.

Sinon, c'est un film sur le deuil, la perte et la fuite en avant. Je n'irais pas jusqu'à crier au chef-d'oeuvre, mais le film mérite l'intérêt qui lui a été porté.

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Dans un autre registre, je découvre Les Aventuriers de Robert Enrico, que je me suis procuré en BluRay format media book avec livret de photographies. Restauration 4K pour BluRay standard.

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En voilà un film assez exaltant. Un spectacle populaire dans le sens le plus noble du terme, à une époque où les mêmes ingrédients, dosés différemment, pouvaient facilement accoucher de beaux nanards.

Ciné-Journal #11 : Ryan Gosling sur la lune, Ventura et Delon à Fort Boyard, Oscar Isaac et Ben Affleck dans la jungle.

Emmené par Lino Ventura, Joanna Shimkus et Alain Delon, c'est l'histoire de têtes brûlées éprises de liberté lancées à la poursuite d'un magot coulé au large du Congo. Il y a du Tintin et un zeste de James Bond (sans le côté carte postale un peu factice propre à la saga adaptée de Ian Fleming) et le film émerveille par son sens du rythme et ses séquences spectaculaires, notamment en avion.

Ciné-Journal #11 : Ryan Gosling sur la lune, Ventura et Delon à Fort Boyard, Oscar Isaac et Ben Affleck dans la jungle.

Et puis le final au Fort Boyard resta dans les mémoires, avec Ventura chassant du gangster à la grenade. Ce film inspira d'ailleurs à un concepteur de jeux télévisés une célèbre émission du service public...

Ciné-Journal #11 : Ryan Gosling sur la lune, Ventura et Delon à Fort Boyard, Oscar Isaac et Ben Affleck dans la jungle. -

Enfin, il faut aller sur la plate-forme Netflix pour découvrir le dernier JC Chandor, brillant scénariste et réalisateur responsable des grands Margin Call ou encore A Most Violent Year, déjà avec Oscar Isaac.

Triple Frontière jette dans la jungle d'Amérique du Sud Oscar Isaac donc, mais aussi Ben Affleck, Charlie Hunnam, Pedro Pascal et Garett Hedlund à la recherche des millions d'un narco-trafiquant. En bref, Les Aventuriers d'Enrico mixé à la série Narcos.

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C'est presque un film de braquage, surtout une critique de la cupidité toute américaine, qui n'envisage pas une belle vie sans un bon tas de billets verts. Mais cette cupidité, sans doute imprimée par une société largement capitaliste, est loin d'être récompensée. Le long du programme du film - braquage, fuite et errance dans la nature - une vision désespérée d'un collectif qui n'est plus que la somme d'individualités n'agissant que pour ses propres intérêts finit par mener le spectateur jusqu'à un dénouement amer. On en attendait pas moins de l'auteur célébré de Margin Call qui signe encore une réussite.


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