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Le « roi de l’édit » KON régnera toujours sur nos playlists groovy

Publié le 19 mars 2019 par Le Limonadier @LeLimonadier

A l'occasion de sa venue ce vendredi 22 mars pour la soirée Belleville Boogie qui se tiendra à la Java, nous avons posé quelques questions à l'iconoclaste KON, producteur originaire de Boston qui, à défaut d'être roi du rien comme son pseudo (king of nothing) le suggère, fut baptisé par Gilles Peterson de " roi de l'édit ". Et on se permet de rajouter : prince du remix, duc du digging, cardinal de la production house disco qui met de la chaleur sur les visages et le sourire dans les corps...

Oui on aime KON, car c'est un artiste qui marque un point d'honneur à respecter le travail original des morceau qu'il revisite. Point d'edits qui se contentent de rajouter un kick ou un snare, KON effectue un travail qui s'apparenterait plus à concevoir des extended version de qualité. Mais le limiter aux edits seraient beaucoup trop réducteur, l'homme étant bien entendu et surtout un producteur de talent.

Ouai, tout ça pour dire que le mec pèse dans notre coeur et on se sent chanceux de lui avoir posé ces petites questions de rien du tout, mais qui pour nous, veulent dire beaucoup. Cheers.

Pour commencer, peux-tu nous raconter l'origine de ton surnom KON ?

J'ai commencé à graffer en 1983, à l'époque les acronymes étaient très populaires dans le monde du graffiti. Les initiales KON peuvent avoir beaucoup de significations mais King of Nothing est ce qui me correspondait le plus.

Quel a été ton premier coup de foudre musical ou le premier vinyle que tu as acheté ?

Je suis allé au shop avec ma mère acheter mon tout premier vinyle en 1977, c'était un disque de douze pouces de The Superman. Avant cela, je possédais déjà des vinyles de mon père. E.L.O " Eldorado " est sans doute le premier vinyle que j'ai joué et rejoué, j'étais plutôt jeune, j'avais entre trois et quatre ans.

Quelle est la personne que tu admires le plus ? Ou celle qui t'a le plus influencé ?

Même si elle n'est plus de ce monde, c'est ma mère que j'admire le plus.

Si tu pouvais choisir un artiste ou un producteur qui a changé à tes yeux la musique, lequel serait-il et pour quelles raisons ?

Je choisirai James Brown, il a transformé le swing en r'n'b, et a été a la base de tout avec " the one ", le tout premier beat de la mesure, mettant en avant le batteur. James a beaucoup œuvré pour les personnes de couleur aux États-Unis, tout particulièrement lors du mouvement des droits civiques. La musique moderne, comme nous la connaissons aujourd'hui, a été inspirée par James Brown.

Quels sont les morceaux dont tu souhaiterais nous parler et que tu passes souvent lors de tes sets ?

Tout dépend de mon humeur et du public. Je passe des disques avec lesquels j'ai ressenti une vraie connexion et avec lesquels j'ai grandi. Mais également des vinyles rares, plus obscurs, que je viens de découvrir. Pour moi, ce n'est pas une histoire de rareté. J'essaie de transmettre aux gens mon expérience et même si je peux aimer des disques rares ou inconnus, je ne prétends pas me sentir connecté à des disques rares d'Afro, dont personne n'a entendu parler... pour moi il s'agit d'un équilibre.

On t'a découvert grâce à tes edits incroyables, que penses-tu du business qui entoure les edits aujourd'hui ? Quels sont les nouveaux artistes qui excellent dans ce domaine ?

J'étais dans ce milieu bien avant la production de mes edits et de mes remix, je pense que j'ai eu la chance d'être reconnu grâce à cela, étant donné la saturation du marché. Je pense également que la plupart des gens qualifient à tort certains morceaux d' "edits ". Les edits ne sont pas de nouvelles tracks basées sur un sample. Si c'est ce à quoi se référent les gens, alors la totalité des productions hip hop et une bonne partie de la house peuvent aussi être considérés comme des edits. Pour ce qui est des nouveaux artistes, j'aime beaucoup Moplen, qui est originaire d'Italie. Il a des idées créatives et j'adore ce qu'il fait avec la batterie. J'aime également Young Pulse, qui fait un travail de qualité.

Quel est le dernier vinyle que tu as acheté ?

Je viens d'acheter les disques de Carlo Vinci Jr, Kadhja Bonet et B-H-Y.

Quel est ton meilleur souvenir musical ?

Ils sont nombreux mais je dirais la fois où Rakim m'a demandé de jouer pour lui lors d'un show, mais aussi le jour ou j'ai joué à Glastonbury avec Cerrone, j'avais fini mon set par mon remix de " Hooked ", tout en me tenant à ses cotés. Les membres de son équipe m'ont dit qu'ils avaient acheté le vinyle de mon remix et l'avaient qualifié de " disque en or ". Cerrone l'avait adoré mais ignorait que j'en étais l'auteur.

Pour terminer cette interview, voici la question du Limonadier, si tu étais une boisson, laquelle serais-tu?

Je pense que je serais un vin raffiné, qui se bonifie avec l'âge.

Merci beaucoup et à vendredi !

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