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Coeurs ennemis, un film sur l'amour interdit mais surtout sur le deuil

Par Bottines
Coeurs ennemis, un film sur l'amour interdit mais surtout sur le deuil Hambourg, 1946. Au sortir de la guerre, Rachel rejoint son mari Lewis, officier anglais en charge de la reconstruction de la ville dévastée. En emménageant dans leur nouvelle demeure, elle découvre qu'ils devront cohabiter avec les anciens propriétaires, un architecte allemand et sa fille. Alors que cette promiscuité forcée avec l'ennemi révolte Rachel, la haine larvée et la méfiance laissent bientôt place chez la jeune femme à un sentiment plus troublant encore.

J'ai passé un bon moment devant ce film de James Kent qui parle à première vue d'amour. On pourrait d'ailleurs croire au cours de la première heure qu'il s'agit d'une banale histoire d'adultère, avec en fond une notion d'interdit liée à la guerre. Entre deux des personnages, on assiste à une défiance face à "l'ennemi" d'abord, puis une méfiance et enfin un amour passionnel qui semble tout dévorer sur son passage, même les convictions les plus féroces.

Rien de nouveau sous le soleil. A tel point que le film peut paraître au premier abord un peu niais et prévisible. Mais le dénouement inattendu m'a fait complètement changé de perception sur l'histoire et donc l'intérêt du film.

Sans jamais vraiment aborder directement le sujet, c'est en fait du deuil et de sa difficulté dont l'intrigue parle en filigrane. Ou plus précisément de l'amour à l'épreuve du deuil. De quoi lui redonner une profondeur vraiment insoupçonnée. Alors que Rachel (Keira Knightley) exprime la souffrance d'avoir perdu son fils face à des quasi-inconnus, elle semble ne pas pouvoir le faire devant son mari (interprété par Jason Clarke ), trop occupé à reconstruire l'Allemagne. Mais n'est-ce pas pour lui une façon de fuir ou de se reconstruire indirectement ?

Si j'ai trouvé de nombreux passages "téléphonés" durant la première partie du film, en arrivant presque à comparer le long-métrage à un téléfilm, je me suis complètement laissée cueillir à la fin. Avec, je l'avoue, une vive émotion lors du dernier quart d'heure. Oui oui, juste avant que les lumières de la salle ne se rallument...

Vous savez à quel point j'aime les films qui me donnent l'occasion de réfléchir. En mettant en relief deux formes d'amour et en parlant de la difficulté de vivre ses émotions, Coeurs ennemis est de ceux-là. J'ai trouvé les trois acteurs principaux très touchants chacun à la manière. Mention spéciale sur Keira Knightley sur laquelle repose une bonne partie du film et qui montre un impressionnant panel d'émotions.

Film de James Kent avec Keira Knightley, Alexander Skarsgard, Jason Clarke
Sortie le 1er mai 2019
Durée : 1h48

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