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Rue Deschambault

Publié le 15 mai 2019 par Adtraviata

Rue Deschambault

Quatrième de couverture :

À travers les dix-huit récits qui composent ce livre, Gabrielle Roy a transformé les souvenirs de sa jeunesse manitobaine en un roman racontant l’apprentissage d’un écrivain. Christine découvre peu à peu la réalité — familière et pourtant inépuisable — de la petite rue de Saint-Boniface où elle est née et où l’humanité montre ses visages les plus variés. Mais surtout, ses propres rêves lui sont révélés, c’est-à-dire à la fois ce qui la rapproche des autres et l’en sépare, ce qui la fait les aimer profondément et l’oblige en même temps à les quitter pour toujours.

Les connaisseurs de littérature québécoise disent tous qu(il « faut » lire Bonheur d’occasion, le chef-d’oeuvre de Gabrielle Roy. Pour découvrir cette auteure née en 1909 à Saint-Boniface dans le Manitoba, j’ai choisi un ouvrage plus « modeste », Rue Deschambault, son quatrième roman, largement autobiographique lui aussi.

Christine (le prénom de Gabrielle dans ce roman) est la benjamine d’une famille nombreuse. La mère tient la maison, s’occupe de ses enfants pendant que le père, agent de colonisation pour le gouvernement canadien, est absent pendant de longues périodes. Quand il rentre, c’est un homme mélancolique, ne supportant pas le bruit. Christine porte un regard naïf sur les adultes et le monde qui l’entoure et c’est cette fraîcheur qui fait tout le charme de ce récit d’enfance, de famille. La concurrence-connivence entre voisines, une maladie infantile, une de ses soeurs qui prépare son départ au couvent, un nouveau voisin italien qui construit une petite maison pour faire venir sa femme au Canada, autant d’événements de la vie quotidienne que raconte Christine, douée d’un sens de l’observation et d’une sensibilité qui augurent de sa vocation d’écrivain. Elle raconte aussi des moments plus douloureux, comme la maladie mentale d’une autre de ses soeurs, et des aventures inédites pour l’époque, comme le long voyage que sa mère entreprend seule avec elle jusqu’à Montréal pour échapper à son quotidien lassant.

Gabrielle Roy évoque aussi comment elle a senti pointer son goût pour l’écriture et comment il lui a d’abord fallu trouver de quoi « gagner sa vie ». Elle l’a fait en devenant institutrice et a commencé sa carrière dans un petit village perdu « de nos Prairies ». « Est-ce que le monde n’était pas un enfant ? Est-ce que nous n’étions pas au matin ? » Ces deux dernières phrases du roman représentent bien la fraîcheur et la passion que la jeune Gabrielle Roy a sans doute conservé toute sa vie. J’aimerai le vérifier à travers d’autres lectures d’elle.

Gabrielle ROY, Rue Deschambault, Boréal Compact, 2010 (1è édition : 1955)

Challenge Petit Bac – Littérature québécoise – Lieu


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