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Partis sans laisser d'adresse de Susin Nielsen

Publié le 19 mai 2019 par Lael69
Partis sans laisser d'adresse de Susin NielsenSusin Nielsen
Editions Hélium
Traduit de l'anglais par Valérie LePlouhinec
Avril 2019
256 pages
14,90 euros
Roman ados dès 12 ans
Thèmes : Pauvreté, Famille, Amitié
Quatrième de couverture : Félix Knutsson, douze ans trois quarts, vit avec sa mère, Astrid, et sa gerbille, Horatio. Tous trois habitent dans un Combi Volkswagen "emprunté ". Astrid assure que la situation va s'arranger dès qu'elle aura trouvé du travail, et fait promettre à Félix de garder le secret. L'adolescent tient sa langue et parvient à faire sa rentrée dans un nouveau collège, comme si de rien n'était. Mais à mesure que l'hiver approche, les temps se font de plus en plus durs. Félix en est sûr : la meilleure manière de s'en sortir est de participer à son émission de télévision favorite, Qui, Que, Quoi, Quand ? S'il gagne, il remportera vingt-cinq mille dollars, et alors Astrid et lui n'auront plus aucun souci à se faire !
J'avais adoré Les optimistes meurent en premier et quand j'ai vu que ce roman était une nouveauté de l'auteure, j'étais curieuse. Seulement je ressors un peu plus partagée et nettement moins emballée que pour ma précédente lecture. J'ai vraiment beaucoup de mal à ne pas m'énerver face à des personnages adultes qui manquent cruellement de discernement, de courage et de volonté et qui n'essaient même pas pour donner une vie meilleure à leurs enfants. C'est le cas de la mère de Félix Knutsson, un petit gars de 12 ans dont le rêve est d'aller dans une bonne école privée. Mais Astrid et lui vivent dans une caravane et cherchent des terrains habitables sur lesquels passer une nuit ou deux sans se faire remarquer par le voisinage. Astrid lui assure qu'elle va trouver du travail mais l'hiver approche et cela devient difficile de ne pas avoir faim, froid, sans compter les mensonges, les vols à l'étalage qu'elle commet.
Partis sans laisser d'adresse c'est carrément Slumdog millionnaire version occidentale autrement dit, précarité, les dérives de la société sur fond de préoccupations adolescentes. Félix est terriblement attachant et j'ai eu de la peine pour lui à plus d'un passage. Il est bon, généreux et courageux, plein de bonne volonté et n'aime pas mentir. Au collège, il s'en sort brillamment quand on voit les difficiles conditions de vie qu'il doit affronter. Comment réussir à se concentrer sur ses études et devoirs quand on rentre le soir dans un combi, sans eau courante, ni chauffage ni repas correct, quand il faut en silence supporter les défaillances de sa mère ? Il m'a épaté ce gosse mais sa mère m'a vraiment désespérée. Heureusement il y a des personnes bien, ses amis, et des voisins, montrant également la force de l'entraide communautaire. 
Quand il s'inscrit au concours de son émission favorite Qui, Que, Quoi, Quand ? je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint millionnaire et cela m'a agacé en fait parce que cela ne rend pas l'histoire originale et l'intrigue perd de sa valeur pour ma part, surtout que les thèmes évoqués le sont également par une auteure spécialiste des problèmes adolescents et de la dynamique sociale : Cathy Cassidy. Ce tournant pris dans l'aventure m'a fait perdre mon intérêt mais j'ai poursuivi ma lecture, qui dès lors m'a beaucoup moins emballée. Surtout que tout se termine bien, en happy end et cela ne m'a pas du tout paru réaliste. 
L'écriture de Susin Nielsen est toujours aussi agréable à lire, fluide, avec un brin d'humour, entre rires et larmes, émotions et réflexions plus profondes. Le traitement du thème de la précarité est bien mis en évidence avec cette retenue de Félix, dans sa manière de rester discret et pudique sur ses soucis familiaux. J'ai trouvé ce côté très touchant et c'est ce personnage qui m'a motivé dans ma lecture.
En bref, Partis sans laisser d'adresse fut une bonne lecture mais avec un ressenti inégal. Il y a des aspects que j'ai beaucoup aimé comme Félix qui est très attachant et d'autres qui ne m'ont pas convaincu notamment le propos sur le parent inadéquat et les erreurs des adultes (trop proche de ce que fait déjà Cathy Cassidy) et le lien avec l'émission de télé, la note pleine d'espoir et le happy end peu crédibles.

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