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Tropical Jazz Trio. L'album.

Publié le 21 mai 2019 par Assurbanipal

Lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs, je vous ai déjà chanté les louanges du pianiste , originaire de Guadeloupe (971) et de son Biguine Reflections Trio, du percussionniste Roger Raspail, lui aussi originaire de Guadeloupe et du contrebassiste Patrice Caratini, natif de Neuilly sur Seine (92). Lors ou en dehors des spectacles du Grand orchestre de Patrice Caratini, les trois s'accordaient des moment juste pour eux sous le nom du Tropical Jazz Trio.

A La Nouvelle Orléans, les descendants d'esclaves venus d'Afrique, sans leurs instruments de musique, inventèrent la batterie car les percussions leurs étaient interdites. Elles servaient à sonner la révolte dans les plantations. Dans la Caraïbe, de Cuba au Venezuela en passant par la Guadeloupe, elles étaient permises. Avec un baril de rhum, le gros quart, les Guadeloupéens créèrent le Gwo Ka dont Roger Raspail est un Maître reconnu et Sonny Troupé, le digne continuateur. Jouer sur des peaux à mains nues, cela ne sonne pas pareil que jouer des baguettes et des balais sur une batterie qui a permis de fixer les éléments mouvants des fanfares militaires (tambours et cymbales). Le Jazz américain se tropicalise aux Antilles françaises, étape entre l'Amérique, l'Europe et l'Afrique. Ce trio sort de la rythmique classique du Jazz (piano, contrebasse, batterie). Sans la quitter, il la transforme. C'est l'essence du Jazz, musique métisse.

. La musique coule d'eux comme une source vive. Evidemment, elle est diablement rythmée. Ecoutez le " Pytang Pytang Bang " (10) de Roger Raspail et Franck Curier et, sauf avis médical formellement opposé, dansez maintenant!

Pour autant, des musiciens aussi raffinés ne négligent jamais la mélodie. A commencer par le morceau d'ouverture " Morena's reveries " (1) dédié par Alain Jean-Marie à la chanteuse Morena Fattorin i. C'est le morceau signature d'Alain Jean-Marie. Cf. vidéo sous cet article. D'emblée, le ton est donné. Ca joue à très haut niveau international.

Sans coup férir, nos trois compères mêlent leurs compositions aux standards du Jazz. " Fleurette africaine "(4) ( Duke Ellington) , " Senor Blues " et " The Cape Verdean Blues " ( 6, 12) du pianiste Horace Silver dont le père était originaire du Cap Vert. Du Cap Vert aux Etats_Unis d'Amérique, une étape aux Antilles s'imposait. C'est ce que démontre le Tropical Jazz Trio. Ils jouent même, arrangé par Alain Jean-Marie, " Limelight " , en français " Les lumières de la ville " composé par Charlie Chaplin pour son film (11).

Ces Messieurs connaissent la chanson. Ils concluent avec deux chansons françaises, l'une tropicalisée dès la naissance, " Couleur café " de Serge Gainsbourg (13) et une chanson porteuse d'un éternel printemps, comme cette musique et ses interprètes, " Le temps des cerises " (14).

Les belles auront la folie en tête et les amoureux du soleil au coeur. C'est ce que dit la chanson. C'est le message porté par le Tropical Jazz Trio. Tant de fraîcheur et de sagesse, de science et d'émotion, de mesure et de cadence, c'est un cadeau qui ne se refuse pas, lectrices exigeantes, lecteurs sélectifs.

Outre le jeudi 3 octobre 2019 au l'album, le Tropical Jazz Trio est à savourer sur scène, à Paris, Bal Blomet (Jeudis Jazz magazine). Un tel bonheur ne doit pas être réservé à Paris. Souhaitons au Tropical Jazz Trio de nombreux concerts dans la France entière, de l'Hexagone aux Outre-Mer ainsi que dans le reste du monde, de Vladivostok à Tombouctou, de Vancouver à Hong Kong.

L'abus du Tropical Jazz Trio est recommandé pour la santé. En vente libre sans ordonnance.


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