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Kangni Alem : Le sandwich de Britney Spears

Par Gangoueus @lareus

Kangni Alem : Le sandwich de Britney Spears
Je suis l’actualité de l’écrivain togolais Kangni Alem. En remontant le fil de mes publications sur ce blog, vous comprendrez pourquoi. J’apprécie les thèmes qu’il aborde, son écriture et l’homme avant tout. Avec Le sandwich de Britney Spears, il nous propose un nouveau recueil de nouvelles, genre dans lequel il excelle…
Une première remarque : le texte est très court. Moins de 100 pages. Deuxième remarque : l’écriture, particulièrement exigeante. Sachant que le livre est publié sur le continent africain, j’y reviendrai. Troisième remarque : l’absence d’un fil conducteur. La première nouvelle fait partie d’un lot de trois textes autour du foot, Samuel Beckett et le baby-foot. Il faut que je me pose un peu avant de poursuivre. Mon e-reader a clamsé. Juste au moment où je m’apprêtais à relire les premiers textes de ce recueil. En fait, je n’avais pas très bien compris le propos développé par Kangni Alem dans ces nouvelles en lien avec Beckett. A la relecture du livre sur mon laptop, j’ai relevé que l’auteur jouait entre baby-foot et foot. Les états d’âme d’un des participants, coréen, venant d’exploser son adversaire en combat singulier ressemblaient à ceux d’un joueur professionnel dans une équipe de football. On retrouve les mêmes protagonistes dans ces trois premières nouvelles. Le narrateur ressemble à l’écrivain togolais.  Il participe à une compétition touchant à la fois à l’art du vivant et à une représentation minuscule des arènes de football. Kangni Alem dépeint les personnages. Son narrateur alterne observations, analyses et introspection.  Blasé. Je suis sur que vous retrouverez cet adjectif dans un autre de mes articles lié à la production littéraire de Kangni Alem.    
A cause de son aveuglement à vouloir en faire un business rentable, la FIFA est parvenue à créer, fait exceptionnel dans l’histoire, une race d’esclaves riches, c’est-à-dire les footballeurs professionnels qui s’échangent entre clubs comme des « marchandises ».
C’est une évidence. Mais, je trouve que c’est surtout remarquablement emmené dans la construction de son texte. Contrairement aux Enfants du Brésil, qui est certes un roman, on n’a pas le sentiment que Kangni Alem adapte son roman à un public local togolais. Reproche que je lui ai fait dans le commentaire de son précédent roman. L’écriture est particulièrement engageante, soutenue et cette pointe chargée d’ironie dans le propos de Kangni Alem. Dans le défi de l’adaptation d’une séquence de Beckett en de multiples langues, la posture du personnage narrateur et révèle toute la profondeur d’un questionnement et du positionnement de l’intellectuel africain dans la manière même de dire le monde. Une prise de conscience entrainant une improvisation.
Ce questionnement est plus étrange dans la bouche d’un enfant face aux pratiques très vivaces du vaudou au Togo. Et pour moi qui ait beaucoup lu et constaté le poids du vaudou « subi » en Haïti, la posture et le rapport de l’enfant face est en décalage complet avec  ses représentations ailleurs. Je vous l’ai dit, la critique, le questionnement est souvent mêlé à un sarcasme étouffé et en même temps une forme de révérence à ces croyances ou à celles et ceux qui les dépassent…
Kangni Alem : Le sandwich de Britney Spears
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Kangni Alem, Le sandwich de Britney SpearsEditions Connection / Cris du coeur, première parution en 2019Source photo Gaétan Noussouglé
           

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