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Ella Fitzgerald en majesté au Cinéma Balzac

Publié le 15 juin 2019 par Assurbanipal
Cinéma Balzac

Paris, Ile de France, France

Vendredi 14 juin 2019, 20h30

Dernière séance, consacrée aux chanteuses de Jazz, de l'édition 2019 du festival au cinéma Balzac à Paris.

Première Partie: Le Trio Paloma composé de

Chloé Cailleton: chant

Leonardo Montana: piano

Joan Eche Puig: contrebasse

Deuxième Partie: Ella Fitzgerald en concert à Paris, salle Pleyel, le 31 janvier 1967 avec l'orchestre de Duke Ellington.

I. Trio Paloma

Des compositions originales. Ella Fitzgerald était unique. C'est une inspiration, pas un modèle à copier. Le pianiste joue d'une main sur le clavier, de l'autre dans les cordes. Une chanson d'amour étrange, lente, en anglais. Le bassiste joue aussi sur les cordes et le corps de l'instrument. Pas de batteur mais la chanteuse claque des doigts en rythme.

Les cordes du piano et de la contrebasse entrent en résonnance. Ca sonne comme de la Pop anglaise de qualité mais avec une instrumentation Jazz. Elégant et troublant. Pianiste et bassiste distillent la musique en goutte à goutte. La chanteuse fait des bruitages étranges comme si une marmotte scattait. C'était " Cold Season ".

" Gospel " une composition de Leonardo Montana qui n'a rien à voir avec " Amazing Grace ". C'est un chant spirituel qui monte en flèche puis redescend doucement. Chloé tient en mains un instrument de percussion métallique pour marquer le tempo.

Intro avec un solo de piano méditatif à souhait. Chanson en portugais. Ca accélère en course folle. La chanteuse bat la mesure sur ses cuisses. " Cancao amiga " du poète brésilien Carlos Drummond de Andrade.

Solo de contrebasse en intro. Pas à pas, tout doucement. Une chanson d'amour en français. Le piano s'invite doucement. Une chanson sensuelle et romantique. Subtil. " Voguent ". Est ce parce que la chanson est belle et/ou parce qu'elle est dans ma langue natale. Je suis touché en plein coeur pour la première fois du concert. J'espère que l'homme qui a inspiré cette magnifique chanson la mérite vraiment.

" Blues " une composition de Leonardo Montana, loin des standards du genre. Une ballade. Intro du piano. La contrebasse ajoute ses pas. La chanteuse sa voix et ses claquements de doigts. Je suis bercé et m'endors en rêvant. Quel doux balancement!

" Frenesy ". Un vieux standard. Rarement joué en 2019. D'inspiration mexicaine dirais je. Mon oreille ne m'avait pas trompé puisque " Frenesi " a été composé par le Mexicain Alberto Dominguez en 1939 pour le marimba. Joli duo voix & piano puis la contrebasse ajoute sa pulsation. Ca manque de percussions et de cuivres mais c'est bien enlevé tout de même.

Vincent Le Quang (sax ténor), programmateur du festival " Jazz et Images " au cinéma Balzac est invité à rejoindre le trio Paloma sur scène. Pour une chanson que chantait Ella Fitzgerald " Shiny Stockings ". Plus précisément, Ella Fitzgerald a écrit les paroles de " Shiny Stockings " , composition de Frank Foster pour l'orchestre de Count Basie. Jon Hendricks écrivit d'autres paroles, au masculin, sur le même thème. Vincent Le Quang ajoute le velouté de son sax ténor. Je suppose que Chloé Cailleton a chanté la version d'Ella Fitzgerald.

II. Ella Fitzgerald

Le producteur Norman Granz (1918-2001), l'homme qui se servait du Jazz pour la Justice, introduit l'artiste principale sur scène, en français : " Comme toujours, la meilleure chanteuse du monde entier, Ella Fizgerald ". Ella est accompagnée sur la scène de Pleyel, le 31 janvier 1967, d'un orchestre essentiellement composé de musiciens de Duke Ellington.

Ella enchaîne ses tubes avec une maestria qui lui est propre, revisitant la Bossa Nova à sa manière avec sa " Jazz Samba ". Cf extrait audio au dessus de cet article. Son scat en duo avec son batteur reste une leçon pour tous les chanteurs de Jazz.

Elle s'adapte aux goûts de la nouvelle génération avec une version, meilleure que l'originale, de " These boots are made for Walking " (Nancy Sinatra). En voici le film grâce à l'INA.

Pour conclure, en rappel, Duke Ellington la rejoint sur scène, prend la place du pianiste et l'orchestre se lance dans un " Cotton Tail " d'anthologie. La voix d'Ella est le solo principal et tout l'orchestre la sert sur un plateau en or massif. The Duke of Ellington comme dit Ella (lui l'appelait " The Queen " tout simplement) fait virevolter Ella à son bras pour la présenter au public. Le public, lui, est fou de joie. Moi aussi.

N'ayant pas d'extrait de ce film à vous présenter, lectrices exigeantes, lecteurs tatillons, je vous offre à la place, Ella Fitzgerald chantant " At Duke's place " (titre original " C Jam Blues ") avec l'orchestre de Duke Ellington en 1966. Comme une idée du bonheur ici et maintenant.

J'attends la 5e édition du festival Jazz et Images au cinéma Balzac (Paris, France) avec gourmandise.


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