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[Critique] CHILD’S PLAY : LA POUPÉE DU MAL

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] CHILD’S PLAY : LA POUPÉE DU MAL

[Critique] CHILD’S PLAY : LA POUPÉE DU MAL

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Titre original : Child’s Play

Note: ★★½☆☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Lars Klevberg

Distribution : Gabriel Bateman, Aubrey Plaza, Brian Tyree Henry, Tim Matheson, David Lewis, Beatrice Kitsos, Ty Consiglio, Carlease Burke, Mark Hamill (voix de Chucky en V.O.)…

Genre : Horreur/Remake

Date de sortie : 19 juin 2019

Le Pitch :

Karen, une mère célibataire, offre à son fils la toute nouvelle poupée connectée Buddi. Un jouet pas comme les autres qui va plonger la famille dans l’horreur…

La Critique de Child’s Play : La Poupée du Mal :

Le cas Chucky est assez étrange. Créée par Don Mancini en 1988, la poupée maléfique a commencé sa carrière sous la direction de Tom Holland dans Jeu d’enfant (Child’s Play en version originale). Puis les suites se sont enchaînées, jusqu’en 2017 et un Retour de Chucky de triste mémoire, complètement passé inaperçu et de toute façon méchamment dispensable. Alors que Mancini continue de faire des plans sur la comète concernant son turbulent rejeton, toujours épaulé par Brad Dourif, la voix historique du personnage, Hollywood s’est emparé du concept afin de nous gratifier d’un remake pas du tout attendu. Désormais, Chucky existe donc sous deux formes différentes, Mancini ayant de son côté évoqué son désir de mettre en chantier une série TV. Child’s Play 2019 raconte donc un peu la même histoire, en opérant néanmoins quelques modifications. Afin notamment d’être plus raccord avec des problématiques inexistantes en 1988 et de sonner avec une modernité susceptible d’attirer dans les salles les plus plus jeunes…

« Toi, t’as pas une gueule de porte-bonheur »

Le problème du nouveau Chucky saute d’emblée aux yeux : il a une sale gueule. C’est triste à dire mais c’est la vérité. Alors que l’original faisait montre d’un certain style, avec son visage poupon par la suite déformé par une haine totalement paradoxale et donc assez perturbante, le Chucky 2.0 fait flipper (pas dans le bon sens) dès le début et on se demande bien comment on peut avoir envie d’avoir chez soi une poupée qui ressemble à un Minikeum sous crack. Si les producteurs ont pensé accompagner la sortie du film d’une salve de produits dérivés, on imagine mal les amateurs se ruer sur des objets affublés d’un personnage avec une telle tronche en biais. Premier mauvais point donc.

Childs-play

Connecté à mort

Child’s Play se permet aussi de réinventer l’origine du mal habitant Chucky. Plutôt bien vu de chercher à s’éloigner du modèle. Dommage que le concept soit assez mal développé. Adieu le tueur en série trouvant refuge dans la poupée grâce au vaudou. Ici, Chucky est « simplement » une poupée connectée défaillante, qui apprend à se servir de ses fonctionnalités pour faire le mal afin, dans un premier temps, de défendre Andy, son propriétaire. En gros, il n’y a plus rien de fantastique dans l’histoire. Du moins pas de façon flagrante. Chucky pète un câble et apprend à tuer des gens en regardant Massacre à la Tronçonneuse 2, avant de se faire la main sur des personnes considérées comme des menaces susceptibles de bousiller son amitié avec Andy. Oui l’idée est plutôt bonne et aurait pu être à la base d’un épisode de Black Mirror. Pas un des meilleurs de toute évidence. Car si le film tente bien de nous faire passer une réflexion sur les limites et les dangers de la technologie, il ne pousse jamais les choses bien loin, se contentant d’exploiter mollement des clichés rabattus, à peine remis au goût du jour. Mais heureusement, Child’s Play parvient, de temps en temps, à réveiller notre intérêt au fil de séquences il est vrai plutôt bien vues. Quand Chucky télécommande à distance une voiture sans chauffeur ou quand il se la joue grand marionnettiste de la domotique, le film nous laisse entrevoir ce qu’il aurait pu être en d’autres circonstances.

Fini de jouer

Aux commandes, le débutant Lars Klevberg fait preuve d’une certaine application, se refusant la plupart du temps aux jump scares opportunistes mais se rabattant malheureusement sur d’autres lieux communs tout aussi encombrants. Doté d’un scénario parsemé d’idées intéressantes et de punchlines qui font parfois mouche (le « ça c’est pour Tupac ») mais jamais exploitées pleinement, il fait le maximum, épaulé par des acteurs eux aussi visiblement concernés (Aubrey Plaza, comme toujours irréprochable, le jeune Gabriel Bateman, très bon lui aussi), et peut compter sur la voix de Mark Hamill pour donner un peu de consistance à la poupée. Mais rien n’y fait vraiment et Child’s Play peine vraiment à décoller, sombrant aussi plus d’une fois dans la gaudriole. On rit, la peur se fait la malle, le gore n’est pas très inspiré et rien ne vient chambouler une routine que l’on connaît par cœur.

En Bref…

À l’instar de ses potes des 80’s, Jason, Michael Myers et Freddy, Chucky revient dans un remake dont on se serait bien passé. Pas catastrophique, ce Child’s Play nouvelle génération, ne propose en effet rien de neuf. Un film d’horreur lambda calibré, prévisible et peu inspiré. Rien de nouveau aux rayon jouets donc si ce n’est que le nouvel arrivant a vraiment une sale tronche.

@ Gilles Rolland

Child's-play-ChuckyCrédits photos : Paramount Pictures France

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