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[Critique] SHAFT (2019)

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] SHAFT (2019)

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Titre original : Shaft

Note:
★
★
½
☆
☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Tim Story

Distribution : Samuel L. Jackson, Jessie Usher, Richard Roundtree, Regina Hall, Method Man, Matt Lauria, Avan Loggia, Alexandra Shipp…

Genre : Thriller/Action/Suite

Date de sortie : 28 juin 2019 (Netflix)

Le Pitch :

J.J. Shaft n’est pas comme son père, le légendaire détective de Harlem. Lui ce qu’il aime, c’est le calme de son bureau d’analyste au FBI et sa vie rangée. Le jour où son meilleur ami est assassiné néanmoins, J.J. est obligé de renouer avec son géniteur qui va l’aider à mener l’enquête. Leur collaboration ne sera pas de tout repos…

La Critique de Shaft :

Né en 1970 sous la plume d’Ernest Tidyman, Shaft a déboulé au cinéma avec pertes et fracas un an plus tard. Dans les pompes de l’anti-héros badass, Richard Roundtree. L’acteur a d’ailleurs persisté et incarné le détective dans deux nouveaux films, jusqu’en 1973, avant que Samuel L. Jackson prenne le relais en 2000 dans un remake en forme de suite (son personnage est le fils du Shaft de Roundtree). Aujourd’hui, 19 ans plus tard, Jackson reprend du service à Manhattan mais cette fois-ci, il doit aussi composer avec son rejeton…

Shaft de père en fils

C’est le regretté John Singleton qui avait orchestré le retour de Shaft en 2000. Un réalisateur parfait pour le job qui avait non seulement réussi à renouer avec une grande partie de l’esprit originel de la saga mais aussi imposé une rythmique plus moderne cadrant parfaitement avec l’arrivée de Samuel L. Jackson dans l’équation. Et ce même si le film n’était au fond pas aussi percutant que ses aînés. Le fait de voir un réalisateur comme Tim Story reprendre les rennes de la saga n’avait a priori rien de très rassurant. Après tout, Story est responsable des calamiteuses aventures des Quatre Fantastiques au cinéma. Et ce ne sont pas les deux volets du sympathique mais basique diptyque Mise à l’épreuve qui encourageaient à faire péter le champagne non plus. Mise à l’épreuve dont le nouveau Shaft se rapproche finalement beaucoup. La « faute » à l’arrivée du fils de Shaft où comment permettre à Story d’encore une fois tabler sur les codes du buddy movie, avec deux personnages très différents mais bel et bien forcés de travailler ensemble. Au final, et c’était assez prévisible vu la bande-annonce, ce Shaft 2019 n’apporte rien de particulier à la franchise. Il se contente d’aligner les clichés et de rallier le point A au point B sans faire preuve d’une quelconque audace.

Shaft2019-cast

« You’re damn right ! »

Dommage donc que le film ne raconte au fond qu’une histoire très prévisible. Pour autant, ce n’est pas le plus grave. Non, le plus grave c’est que Shaft n’arrive plus à trouver sa place et ne fait même pas l’effort d’essayer. À nouveau dans les sapes du personnage, Samuel L. Jackson, ce grand professionnel qui ne dit pas souvent non, fait ce qu’il peut mais au fond, son Shaft apparaît désormais comme un dinosaure particulièrement mal exploité, dans un monde qui a changé. Très peureux quand il s’agit d’aborder des thématiques propres à l’Amérique de Trump alors qu’il aurait justement pu exprimer des opinions autrement plus burnées car en contradiction avec la politique du chef de l’état au teint orangé, Shaft campe sur ses positions et évolue comme il le dit lui-même « hors système », se foutant un peu de tout. La conséquence principale est qu’ici, Shaft est réduit à la simple expression d’une caricature certes parfois amusante mais au fond très décevante. Alors oui, quelques blagues salaces peuvent décrocher un sourire mais force est de reconnaître que Shaft n’est pas seulement hors système, il est aussi hors jeu. Et ça, et bien ça a un peu de mal à passer. Cela dit, Jackson forme avec Jessie Usher un duo plutôt sympathique. Surtout une fois qu’on s’aperçoit que le scénario ne pas aller plus loin que les clichés du buddy movie bas du front. Derrière la caméra, très loin de faire des étincelles, Tim Story est en pilotage automatique et cela ne donne rien de vraiment excitant à l’écran. Mais on ne peut s’empêcher de se dire que ça aurait probablement pu être pire vu les états de service du monsieur. À vrai dire, si on ne devait d’ailleurs retenir qu’un moment fonctionnant plus ou moins bien, ce serait la toute dernière scène, avec l’arrivée de Richard Roundtree, le Shaft original. À un quart-d’heure de la fin donc…

Fossé des générations

Le principal problème de ce Shaft 2019, avant même son manque d’originalité et son caractère un peu trop pépère, est donc qu’il ne saisit jamais sa chance de brillamment replacer son héros dans l’actualité. Constamment le cul entre deux chaises, tiraillé entre son désir de rester connecté avec le cool des anciens films et celui d’aller de l’avant en se réfugiant derrière des lieux communs embarrassants, il ne se décide jamais. On pourra dire ce qu’on voudra sur le Shaft de 2000, mais lui au moins avait su s’approprier le personnage et proposer une histoire plus percutante. Ici, la démarche, en plus d’être opportuniste, est hésitante. La façon dont le légendaire riff issu du morceau-thème d’Isaac Hayes est utilisé est d’ailleurs symptomatique. Car le morceau en question, il ne commence jamais vraiment. Jusqu’à la toute fin, quand on découvre qu’il ne s’agit pas du tube original de Hayes, mais d’une reprise moisie à base d’auto-tune. C’est peut-être un détail mais au fond, c’est assez révélateur quant à la tenue générale de ce nouvel épisode…

En Bref…

Ce nouveau Shaft ne tente même pas de faire avancer son illustre personnage (et sa descendance) et préfère organiser un choc des générations qui aurait assurément pu sonner avec plus de force entre d’autres mains. Malgré quelques amusants clins d’œil (le coup de la vitre à la fin) et des acteurs plutôt en forme, ce nouveau Shaft brille surtout pas son caractère frileux, plan-plan et fadasse. Rien de désagréable quand on cherche un film d’action basique de chez basique court et pépère, mais rien d’exaltant non plus.

@ Gilles Rolland

Shaft-2019-cast
Crédits photos : Netflix

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