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[Critique série] STRANGER THINGS – Saison 3

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] STRANGER THINGS – Saison 3

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Titre original : Stranger Things

Note: ★★★★☆

Origine : États-Unis

Créateurs : Matt Duffer, Ross Duffer

Réalisateur : Matt Duffer, Ross Duffer, Shawn Levy, Uta Briesewitz.

Distribution : Winona Ryder, David Harbour, Finn Wolfhard, Millie Bobby Brown, Gaten Matarazzo, Caleb McLaughlin, Noah Schnapp, Sadie Sink, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Joe Keery, Dacre Montgomery, Maya Hawke, Priah Ferguson, Cara Buono, Jake Busey, Cary Elwes…

Genre : Science-Fiction/Fantastique/Drame/Thriller

Diffusion en France : Netflix

Nombre d’épisodes : 8

Le Pitch :

La vie a repris son cours à Hawkins. Eleven et Mike, désormais inséparables, tout comme Max et Lucas, délaissent un peu Will qui se sent de trop. Dustin pour sa part, revient enfin de son camp de vacances. Au même moment, une créature émerge du sous-sol et commence à grossir au fur et à mesure que les sacrifices qu’elle exige se succèdent alors que des expériences sont menées dans le plus grand secret pour rouvrir la porte vers l’Upside-Down…

La Critique de la saison 3 de Stranger Things :

Retour à Hawkins pour le troisième acte de la série phénomène des frangins Duffer. Stranger Things qui a su à la fois s’attirer les grâces de millions de fans à travers le monde mais aussi créer un authentique phénomène de rejet chez ceux qui ont dès le début refusé de voir en elle autre chose qu’un assemblage de références 80’s. Concernant cette saison 3, inutile de dire que la recette est toujours la même. Les Duffer n’ont rien fait pour tenter de gagner l’approbation de leurs détracteurs mais ont au contraire continué à capitaliser sur leur bonne vieille formule, en cherchant néanmoins, comme nous le verrons, à quelque peu la faire évoluer. Pour autant, il semblerait que le temps soit venu pour Stranger Things de gagner de nouveaux « haters » si on en croit les articles très sévères de médias autrefois admiratifs et aujourd’hui bien décidés à prendre le contre-pied. Juste pour le plaisir de la posture ? À chacun de décider si les arguments de ces médias sont recevables. Car l’important, comme toujours, est le plaisir que l’on prend devant une série ou un film. Et là, le plaisir, il est énorme…

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Let’s go to the mall !

L’histoire au centre de cette saison 3 organise la scission du fameux groupe des enfants. Et ce presque dès le début. D’un côté Dustin fait équipe avec Steve et sa nouvelle collègue Robin et de l’autre nous retrouvons Lucas, Eleven, Mike, Max et Will. Sans oublier bien sûr Jim Hopper et Joyce Byers, ainsi que Nancy et Jonathan. Chaque groupe suivant une voie qui est bien sûr reliée aux autres, avec, dans le désordre, l’intervention des Russes, le retour du Mindflayer, la créature de l’Upside-Down, et une série de disparitions inquiétantes. Une attaque plutôt efficace, à défaut d’être réellement surprenante, qui à l’écran, se met en place tranquillement pendant les deux premiers épisodes avant que le récit ne passe le seconde et monte véritablement dans les tours. Mais pour autant, même lors de cette mise en place, la saison prend garde de conserver une certaine rythmique, jouant notamment sur les retrouvailles avec les personnages et sur le fait que désormais, pour les plus jeunes en tout cas, ce sont des adolescents et non plus des gamins. En cela, l’histoire de cœur entre Eleven et Mike s’avère très agréable à suivre, de même que le fait de voir Hopper se tourmenter à ce sujet donne lieu à quelques séquences très réussies. Toujours très tendre envers ses personnages, la série prend son temps dans son premier quart, tout en préparant la suite.

Horribilis

Toujours drôle, dynamique et farcie de références à la pop culture des années 80 (on y reviendra), Stranger Things prend un tournant à mi-saison, et fait montre d’un véritable durcissement au niveau de la tonalité. Prenant en compte le fait que les fans ont grandi avec les personnages, les frères Duffer ont décidé de monter un cran dans l’horreur au fil de séquences parfois étonnamment gore, sans pour autant se priver d’imposer ici ou là de quelques belles ruptures de ton. C’est alors que la menace se rapproche que Stranger Things y va franchement dans l’épouvante et la violence dégoulinante, sans se départir d’un décalage bienvenu pour justement fluidifier un peu l’ensemble. De quoi peut-être être décontenancer mais en tout cas, on a aussi le droit de trouver la manœuvre habile. Et les références alors ? Et bien elles sont toujours là en nombre, et si souvent ça passe crème, à d’autres moments, c’est un peu plus laborieux. Comme cet ersatz de Terminator pas super bien fini, qui poursuit Hopper et qui semble lui aussi invulnérable. Un personnage menaçant mais un peu accessoire, qui trahit le manque d’audace d’une série il est vrai parfois un peu trop référencée pour sonner avec audace. Mais l’un dans l’autre, ces mêmes références rendent le spectacle on ne peut plus ludique. Et pour ce qui est du fameux placement de produits visiblement traumatisant pour certains, il s’avère plutôt drôle. Le fait que beaucoup se montrent choqués par ce détail prouve d’ailleurs bien que Stranger Things fait l’objet de critiques pas toujours très bien justifiées. Car ils étaient où ces gens quand Tom Hanks passait plus de 2 heures à faire de la pub pour FedEx dans l’excellent Seul au monde ? Nous sommes entourés par les marques et il est donc normal que les séries et films reflètent cet état de fait. Et puis bon, en l’occurrence, on parle du New Coca, un produit qui n’existe même plus et qui, à l’époque, a fait un joli tollé aux États-Unis. Ce que la série exploite de manière comique et tant pis si la référence passe un peu moins en France car au fond, elle fonctionne.

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Sang frais

La réussite de cette saison 3 tient aussi à son casting. Aux acteurs historiques forcément, tous aussi bons et attachants les uns que les autres, avec une mention cette fois pour David Harbour, qui s’avère aussi hilarant que touchant, mais aussi aux nouveaux venus. À la nouvelle venue précisément, à savoir Maya Hawke, la fille d’Uma Thurman et Ethan Hawke. Dans un rôle très bien écrit, la jeune comédienne fait des étincelles et fait bénéficier au show de toute sa fraîcheur et son énergie. Sinon, puisqu’il faut bien parler des défauts, en effet, parfois, tout apparaît un peu trop facile. Les raccourcis sont parfois grossiers et les scénaristes s’arrangent pour un peu nous embrouiller sans que cela ne soit trop dérangeant néanmoins. Un peu à l’image de cette grosse bestiole qui met à feu et à sang une partie de la ville sans attirer ni la police ni l’armée, laissant aux personnages le champ libre pour jouer pleinement leurs rôles de véritables héros du récit. On souligne aussi l’aspect un poil répétitif de la trame principale, même si certaines ouvertures semblent promettre une délocalisation et donc plus de nouveautés pour la probable suite. Des défauts qui n’entament cependant en rien l’extraordinaire pied que l’on prend devant Stranger Things. Une série fidèle à elle-même, pleine d’action, toujours baignée dans une atmosphère confortable, immersive au possible et attendrissante.

En Bref…

La saison 3 de Stranger Things joue un peu la sécurité et s’appuie sur un scénario relativement « facile » mais le plaisir est là. La joie de retrouver les personnages, la belle mise en image, la musique, les effets gore et l’assombrissement de la tonalité suffisant largement à nous en donner pour notre argent.

@ Gilles Rolland

[Critique série] STRANGER THINGS – Saison 3Crédits photos : Netflix

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