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Festival La Ferme Electrique n°10 ( jour deux) - Tournan-en-Brie - le 6 juillet 2019

Publié le 12 juillet 2019 par Concerts-Review

Festival La Ferme Electrique n°10 ( jour deux) - Tournan-en-Brie - le 6 juillet 2019
Florian Hexagen était sur place...

REPORT DE LA (PUTAIN DE) FERME ELECTRIQUE.
Pas de selfie à la con. Pas de smartphone visible pendant les lives. Pas de spectateurs qui vivent un concert à travers un putain de médium. Pas de filtre. Pas un line-up aseptisé où on retrouve en permanence les mêmes artistes qui viennent cachetonner partout parce que des radios détenues par des copains de leurs familles ou de leurs bookers ou de leurs managers balancent leur son en permanence sur les ondes pour brainwasher la plupart d'entre nous plusieurs mois auparavant et nous préparer à la " fièvre " festivalière, grand raout devenu la plupart du temps machine à cash n'excitant plus personne de sensé ou presque. Entre parenthèses, big up à Bruit noir et sa song " Le succès " ici, qui en parlent très bien.
C'en est arrivé à un point tel que l'on réfléchit désormais sérieusement à montrer son propre festoche à nouveau, sous peine de mourir d'ennui en période estivale musicalement parlant.
Pas de chorégraphie débile travaillée à plusieurs devant son miroir pour " être cool ". Pas de starlette ou de relous qui viennent se la jouer Coachella et être là parce qu'il faut être vu là.
Juste de la passion et du son. Du putain de son. Direct. Dans la face. Pas de branlette. Des groupes inconnus du grand public (ou presque).
De l'élitisme musical à la con? Non. Il faut continuer à se rendre à ces quelques rares festoches désormais pour savoir qu'il n'en est rien. Que le retour à une approche humaine, singulièrement weirdo, dans un environnement construit et aménagé tel un camp retranché d'irréductibles fous de musique alternative, soit l'inverse du gigantisme actuellement en vogue, alliée à la rigueur d'une bonne orga' et d'un line-up (très) solide axé sur les découvertes et quelques middle names, dans un endroit paumé et donc idéal, est finalement LA clé du succès pour les cerveaux derrière cette affaire et celle du plaisir pour les spectateurs assoiffés que nous sommes. Celle qui continue(ra) de toujours nous faire bander.
LA FERME ELECTRIQUE réunit tout ça. Y avait ce samedi des relents d' Africantape Festival 2011 lyonnais à Tournan-en-Brie, ville (village ?) paumé dans l'est parisien, avec une asso dont les membres ont l'air de se démener comme des dingues pour proposer des trucs irrésistibles dès lors que l'on se sent l'âme un peu exploratrice.
Qui peut se targuer encore en 2019 de pouvoir proposer un line-up de quasi une trentaine de groupes dont seulement 3-4 noms sont réellement connus par le festivalier de base et être sold out (capacité 700 personnes, parfait, il n'en faut pas plus)? Quelle magie chelou s'est ici mise en œuvre ?
Et bien tout simplement la qualité de la prog' dès lors que tes oreilles ont envie d'arpenter des sentiers perdus et l'ambiance assurée dès lors que t'y as goûté une fois.
Se perdre dans la musique, s'oublier, c'est finalement ce qu'il y a de mieux. Oublier son corps, mettre son cerveau sur off, s'extirper d'un monde devenu fou, pour juste se laisser submerger par le son, la danse, la transe. C'est toujours possible dans des endroits tels que celui-ci, et que l'on a pris donc plaisir à découvrir.
La Ferme électrique a tout cela.
Et malheureusement, on s'y est pris trop tard pour se prendre une double claque en ne pouvant y aller qu'un jour sur deux. Big up à Roxie Rookie de La Jungle .
L'année prochaine, promis, on sera plus prévoyant. En fait, le pass deux jours sera choppé dès sa sortie, même sans connaître la prog'. On a compris à quel genre de loustics on avait à faire. Celles et ceux qui sentent et ont compris les choses telles que nous les sentons et les comprenons. Et ces gens-là pour nous se font de plus en plus rares. Mais pas certain que tout ça ne va pas finir par essaimer au vu de la dégueulasserie ambiante musicale festivalière.
Je n'évoquerai pas tous les groupes que l'on a pu voir ce soir-là, juste ceux qui nous ont tabassés à des degrés divers et pour des raisons variées.
Sourires d'enfant sur la pop rock indé de la Famille Grendy dans la Grange, pour un set à mi-chemin entre les débuts de ThE BeWiTcHeD hAnDs et le côté lo-fi cool d'un Lapin Machin. Et un tube indie ultime, "One Good Thing". Peu nombreux à ce moment-là, mise en jambes idéale, l'impression d'être une poignée égarée dans un corps de ferme perdu, enveloppée d'une bulle de bien-être pop lo-fi.
Ambiance messe noire noisy ensuite sur les incroyables Fleuves Noirs dans l'Etable. La TRANSE. Pure. Public chauffé à blanc, ça ne dansait pas, ça exsudait la folie. Rien à voir certes musicalement parlant, mais j'ai eu des réminiscences du Big'n à Lyon au niveau du ressenti. Dévastateur. Ceux qui aiment le noise et ne les connaissent pas doivent absolument écouter " Respecte-Moi ", leur album sorti en 2018, et les voir fissa sur scène. Claque assurée.
Bruit noir, dont la proposition artistique méga casse-gueule a été d'une beauté et d'une clarté évidente, même si la mise en route était dangereuse (comme souvent avec eux j'ai l'impression, ils aiment le jeu). De toute façon, avec des morceaux dantesques tels que " Paris ", " Joy Division ", " L'usine " (frissons) ou encore " Le succès " (démontage en règle de " l'élite " musicale qui manage plus qu'elle ne vit et permet aux autres de vivre), on ne pouvait se taper qu'un moment " mythique " en compagnie de Pascal et Jean-Mi.
ZOMBIE ZOMBIE, qui ont tout simplement transformé la Grange en étuve pour un dancefloor collé-serré et intense. C'était parfait, genre happening sorti de nulle part où tout le monde a compris naturellement que c'était le moment de lâcher les amarres et de partir en dérive chaloupée. Les sourires sur les visages ne mentent jamais, et ZZ en bons maîtres de cérémonie nous a donné ce qu'il nous fallait.
Le réveil des Tropiques. Le putain de Réveil des Tropiques. Ce groupe est tout simplement en train de devenir le meilleur groupe de " rock " venu de l'hexagone sur scène. Leur progression est telle qu'ils ne semblent pas avoir de limite. Leur concert dans la Grange était apocalyptique, d'une puissance et d'un groove imparables, on ne savait plus si on devait danser, pogoter, transer, du coup, on a tous fait les trois. Ils nous ont littéralement happés par leur son pour mieux nous perdre, nous laissant échoués comme après une tempête tropicale dans une barque brisée, perdus dans nos propres têtes mais heureux d'avoir traversé ce chaos jouissif. Totalement dévastateur. Ils viennent de sortir un nouvel album, intitulé " L'Arbre à Cames ". Choppez-le, et allez les voir en concert dès que vous le pouvez.
Et enfin, on termine par La Jungle. Duo math-noise belge, des lascars que l'on connaît depuis quelques temps déjà, et qui ont eu la difficile mission de clôturer le festival en salle, dans l'étable en plus. On les a vus plusieurs fois en concert, on sait à quel point ils peuvent remuer les foules et assurer un bordel comme peu de groupes sont capables de le faire. Et bien là, c'était pire. Imaginez ce duo de doux dingues en train de tout donner, additionnez le à des spectateurs qui savaient que c'était le tout dernier d'une liste de concerts déjà dingues, et vous avez la recette magique pour une explosion de salle. Je ne sais pas ce qu'en ont pensé les deux copains sur scène, mais pour nous, dans la fosse, c'était fou. La Jungle ouais. Parfait pour clôturer ce festival idéal.
Je conclurai par vous dire qu'en fait, il ne faut pas aller à la Ferme Electrique. On était bien le nombre que l'on était. Donc continuez à aller à Dour, à Werchter, à Main Square, à Rock en Seine, au Pukkelpop, etc, nous, tant qu'on a la Ferme Electrique, on sera heureux.
A l'année prochaine pour sûr, bravo à cette équipe de fous qui a monté un tel îlot de bonheur, dans ce camp retranché perdu au milieu de nulle part. C'était juste parfait


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