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The Chapas, Sammy, Erelle et Emie lors du Retour du Jeudi, Plouha, le 1 août 2019

Publié le 04 août 2019 par Concerts-Review
The Chapas, Sammy, Erelle et Emie lors du Retour du Jeudi, Plouha, le 1 août 2019

The Chapas, Sammy, Erelle et Emie lors du Retour du Jeudi, Plouha, le 1 août 2019

Troisième soirée de concerts et animations diverses ( art de rue, marché artisanal, musiciens ambulants, numéros d'extravertis pas déshydratés, buvettes, stands moules, saucisses, crêpes, glaces, barbe à papa and so on...) au centre du bourg de Plouha.

Si Le Retour du Jeudi n'a pas frappé aussi fort que la semaine précédente ( 4000 curieux essentiellement apparus dans la cité abritant les plus hautes falaises des côtes bretonnes pour assister au Ramoneurs show), le public était néanmoins venu en masse pour écouter le triple concert prévu en cette première soirée auguste.

Deux lycéennes ( pas 30 balais, à elles deux) se pointent peu après 19:30', bonsoir, nous sommes Emie et Erelle et allons vous interpréter quelques compositions griffonnées dans notre cahier de géographie.

Elles sont un peu raides et intimidées sur ce grand podium, Erelle Le Bars et sa copine Emie, heureusement, elles ont de quoi s'occuper les phalanges, toutes deux caressent un ukelele tout en chantant harmonieusement, dans un anglais moins ridicule que celui de certains speakers vedettes sur n'importe quelle chaîne hexagonale, le folky ' Walking on the street'.

Erelle file derrière le piano électrique, Emie prend la pose Queen's Foot Guard postée devant Buckingham Palace, elles proposent le mélancolique 'Memories'.

Les demoiselles semblent avoir adopté l'adage de Victor Hugo, la mélancolie est un crépuscule. La souffrance s'y fond dans une sombre joie. La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste.... la quasi totalité de leur répertoire baigne dans un univers romantique, si bien peint par Caspar David Friedrich.

Les rôles sont inversés pour la tendre berceuse 'Beautiful feeling'.

Petit à petit E et E gagnent en assurance sans toutefois changer de tonalités, 'What I want' précède une première plage en français 'Mélancolie', c'est sûr, ce n'est pas du Annie Cordy.

Mathias,une douzaine d'années, est invité à les rejoindre, il se charge du flow ragga pendant 'You became', alors que le phrasé des jeunes filles évoque Alela Diane.

Elles décident de nous divulguer .un 'Secret'...I'm in love with the boy who broke my heart... avant de dépeindre une 'Bad Woman'.

Leur attitude scénique, leur précocité, leur apparence juvénile évoquent une artiste telle que Julie Andrews que l'on aurait transposée au 21è siècle.

'Never, say never', ' Same song' ( effectivement, une tendance à l' uniformité peut importuner une partie du public ne maîtrisant pas le vocable ango-saxon), 'I mean I don't know' défilent.

'Lights' se rapproche du registre des Andrews Sisters ou des Carpenters tandis que ' I lost you my friend' est victime d'un léger blanc suivi d'un petit rire, nonobstant le thème cafardeux.

Erelle propose une seconde tirade compréhensible pour tous, ' 'Un peu moins de toi', puis on revient à l'anglais avec les suivantes, 'Solal', 'Click' et 'Pain'.

La dernière station est en vue, elles choisissent une première cover, 'Matilda' d'Alt -J pour terminer avec 'Space Oddity' du Thin White Duke.

La grâce, le talent et le potentiel des jeunes filles a conquis Plouha, elles sont rappelées pour un encore mérité.

Sammy.

ou Cédric Floc'h, surnommé Sammy.

L'ex-guitariste de Matmatah n'a pas rejoint Tristan Nihouarn, lorsque celui-ci reforme le groupe en 2016, il se produit sous le nom de Sammy and the Redouters, mais, comme ce soir, il lui arrive de la jouer en loup solitaire en interprétant des titres ayant bercé sa vie de bourlingueur.

L'oeil fatigué mais le sourire aux lèvres, il lance, goguenard, approchez, braves gens, j'ai déjà mangé, avant de travailler ses cordes vocales et son jeu de guitare sur 'La Javanaise' de celui qui allumait son cigare avec un billet de 500 Francs ( nouveaux).

Ce soir vos tympans ouïront une seconde version de 'Space Oddity', plus sèche, rêche et expressive que la gentille rengaine proposée par les deux E's.

Dans la tire de mes vieux on écoutait Paul Simon sur la route des vacances, 'Slip Slidin' Away'.

La voix du Floch se montre plus rocailleuse que celle du copain d'Art Garfunkel.

Puis vient Polnareff, merci Sammy, tu l'avais oubliée celle-là, 'Holidays'.

Sortons l'harmonica pour interpréter Neil Young, 'Heart of Gold'.

Plouha, une soirée sans reggae, c'est nul, voici 'Redemption song' de papa Bob et j'ai un peu honte de vous chanter la suivante, c'est inavouable d'être éveillé la nuit en chantonnant ' I started a joke' des Bee Gees.... j'assume!

Louis, articule, vieux, tu veux quoi?

Désolé, il n'y a pas de fente dans le jukebox, je te fais un titre que Johnny a adapté,' The house of the rising sun' et le final hispanique est pour toi.

Faire suivre The Beatles, 'Eleanor Rigby', par Jeanette ' Porque Te Vas', tout est possible à Plouha.

Nino Ferrer est décédé au mois d'août, il y a 21 ans déjà, ' Le Sud' n'a pas pris une ride.

'Strawberry Fields Forever', le psychédélisme à la sauce Beatles et un orphelinat que connaissait bien John Lennon, précède un second Bowie, ' Ashes to ashes'.

Direction le désert, implacable sur un canasson sans nom, ' A horse with no name' d'America.

Il y a en des disparus au répertoire de Sammy, comme Alain Bashung chantant les 'Vertiges de l'amour'.

Retour en terre aride avec Capdevielle , 'Quand t'es dans le désert' , les yeux bandés...

Débarrasse-toi du bandeau pour le premier Tarantino, sur la B O, il y avait Stealers Wheel, 'Stuck in the middle with you'.

A tes côtés les inhibés se désinhibent et dansent, les exhibitionnistes font leur truc, Josiane te demande, c'est qui le gars sur scène?

Elle t'a pas cru quand t'as répondu Joe Dassin.

Une dernière, j'ai soif, Bertold Brecht a composé 'Alabama Song' en 1927, Kurt Weill a mis le texte en musique, les Doors l'ont fait connaître au public rock.

Il n'y avait pas de whisky à la buvette, t'as commandé une Coreff.

C'est quoi, les Chapas, c'est pas français, ça vient d'où?

Google, au secours!

Une plage à Marbella? Des capsules? Un pop punk band argentin? Un bar servant des Chinese tapas ( oui,ça existe!)...

Tu n'y es pas, gamin, il s'agit d'un blues rock duo sentant le soufre, originaire des Côtes d'Armor, il est composé de Swann Yde ( oui, il a lu, Proust) au jeu de batterie féroce et au chant furieux et Iolo Gurrey ( Fingers and Cream), à la guitare et aux secondes voix.

Les petits gars viennent de pondre un album, auto-produit, intelligemment baptisé 'The Chapas'.

Duo, blues rock, tu vas nous sortir les White Stripes, on corrigera en te disant que Swann sait manier les baguettes!

C'est parti, l'intro de 'Follow me again' est languissante à souhait, la bête sommeille toujours, set me free, follow me again...on les suit au petit trot, graduellement, le paysage se fait plus accidenté, le ton monte, l'animal se cabre, John Wayne a du mal à se maintenir en selle, cette galopade folle aura duré plus de dix minutes, on a pensé aux Black Keys, à My Morning Jacket , The War On Drugs et à d'autres groupes hautement recommandables.

Pas besoin de préchauffage pour 'Call me up' , d'emblée, on entre dans le vif du sujet et la petite aiguille, comptant les tours sur ton cadran, reste dans le rouge, tu t'en fous, le radar a été brûlé par les gilets jaunes.

T'as déjà vu des forcenés à la batterie, Keith Moon, notamment, ce devait être en 1966, Monsieur Yde est du même acabit.

Toujours sur l'album, voici 'Conclusion' un noise boogie crasseux, au dénouement orageux. Ce que Taste, Cream et le Jimi Hendrix Experience produisaient en formule trio , les Chapas le font en couple, des bêtes, on te dit, et pas des tendres, cette guitare saturée et sale fait mal, très mal.

Fondu enchaîné sur 'I will leave you man', un cri de désespoir noir .

La suivante n'est pas encore passée sur les fonts baptismaux, on la joue en drop D et si ton nez perçoit des odeurs de desert rock, c'est que t'es pas encore tout à fait beurré.

Une petite jam en forme d'incantation jouée dans l'urgence pour suivre et puis on accueille Emie et Erelle qui nous font l'honneur de vocaliser sur le boogie juteux 'Aïdi', à ne pas confondre avec Heidi , une orpheline amoureuse de son alpage.

'Hello' ou quand J L Hooker s'associe au Creedence pour te tendre un guet-apens et te flanquer une raclée.

Ils reviennent vers l'album en vue de nous narrer ' 99 lives'. Si ton chat dispose de 7, voire 9 vies, les lascars disent posséder 99 vies, pas la peine d'essayer de break them down, ils te racontent tout ça sur un rythme vertigineux pour finir leur discours de manière acrobatique

'The boy' met fin à ce concert épileptique, ayant vu la jeunesse locale et les pensionnaires de la maison de repos se démener, côte à côte, face au podium .

Essoufflés, après la séance d'aerobics folle, ils en oublient de réclamer un bis, l'organisation ne doit pas les pousser beaucoup, les cris fusent, The Chapas rappliquent et nous jettent un Freddie King ( 'Going down') en pâture.

Tu dis, Freddie?

These Frenchies are insane, what an intense guitar work!

Ils seront le 10 août au Festival Chausse tes Tongs!

The Chapas, Sammy, Erelle et Emie lors du Retour du Jeudi, Plouha, le 1 août 2019
The Chapas, Sammy, Erelle et Emie lors du Retour du Jeudi, Plouha, le 1 août 2019

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