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Hans Schärer (8)

Publié le 13 août 2019 par Detoursdesmondes
Bateau-ames-ngaju

Terminons ici ce tour d'horizon non exhaustif des sources assez anciennes, disponibles en Occident et accessibles au grand public, sur les sociétés traditionnelles de Bornéo.
On évoquera encore La Mission évangélique de Bâle qui s'est établie de manière précoce à Bornéo et plus précisément chez les Ngaju (un sous-groupe Dayak du Kalimantan central) dans la première partie du XIXème siècle. Le missionnaire que fut Hans Schärer, installé entre 1932 et 1939, s’intéressa de près à la religion des Ngaju. Il collecta une très abondante documentation, puis il rentra à Leyde où il écrivit sa thèse entre 1939 et 1944 sous la direction de J. P. B Josselin de Jong.
Celle-ci : Die Gottesidee der Ngadju Dajak in Süd Borneo, fut publiée en 1946 et constitue la première somme sur la religion des Ngaju.
Cercueils-ngaju

Ce peuple réalisait en effet des cérémonies complexes à l'occasion des funérailles. Dans leur conception de l'au-delà, les défunts voyageaient sur un bateau qui associe le calao et le serpent naga (cf. photo 1). En effet, dans les mythes ngaju, les morts se transforment soit en naga, soit en calao ; non pas les personnes mortes prématurément, par accident, maladie, mais "les bons morts", ceux qui, protégés par les divinités du temps de leur vivant, mourront de vieillesse. Lors des premières funérailles les défunts sont placés dans des cercueils en bois soit enterrés soit placés sur des plateformes surélevées.(photo 2)
Tout est une question d'équilibre. Le monde supérieur, régi par le calao, est associé au soleil et au monde des hommes. Dans le monde souterrain, c'est le naga qui est maître, associé à l'eau et au monde féminin. Grâce à différents rituels, l'équilibre peut être maintenu et garantira la fertilité de la terre
Sandong-maison

À l’occasion des secondes funérailles, les restes sont repris, brûlés et les cendres sont placées dans de petites maisons ou sandong situées à l’extérieur du village.
Les cérémonies Tiwah qui duraient 7 jours concernaient plusieurs défunts. À cette occasion, ces derniers allaient pouvoir devenir des Ancêtres et vivre dans le village des morts. Des statues étaient érigées, non pas pour constituer des représentations de défunts, mais bien plutôt pour servir de poteaux sacrificiels, elles sont peut-être à l'image de ces serviteurs qui allaient accompagner le défunt dans le village des morts. Autrefois, des esclaves étaient réellement attachés au poteau et sacrifiés.
-Lahang

À suivre...
Pour les sources de ces différentes notes, consulter la bibliographie déjà publiée en octobre 2016.
Certains documents y sont téléchargeables, en plus des sources anciennes données dans ces 8 premiers articles.
Photos in Die Gottesidee der Ngadju Dajak in Süd Borneo. Consulté sous la version anglaise : Ngaju religion : the conception of god among a south Borneo people. Hans Schärer. translated by Rodney Needham with a preface by P. E. de Josselin de Jong, 1963.

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