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La Perle de splendeur

Publié le 13 août 2019 par Anargala
La Perle de splendeur

Les Oupanishads sont une sorte de musée des spiritualités de l'Inde pré-islamique. En dehors des Oupanishads "védiques" (une dizaine, commentées par Shankara Bhagavat-pâda), les autres sont des extraits de textes appartenant à des religions comme le shivaïsme ou le shâktisme, lesquelles ont eues le plus à souffrir des ravages des invasions abrahâmiques. A cette occasion en effet, le brahmanisme a commencé à reprendre de la vigueur, jusqu'à dominer, en gros, à partir du XIVe siècle, moment où le mot "hindu" est employé pour la première fois. Ces "108 Oupanishads" (ce nombre est symbolique) sont donc une sorte d'abri où, transformées en "Écritures védiques", des morceaux de l'ancienne spiritualité ont pu être préservés.


Voici une version courte de L'Enseignement secret de "La Perle de splendeur" (Teja-bindu-upanishat) ; notez l'influence du shivaïsme du Cachemire et les emprunts au Yoga selon Vasishta :

Om 


La Perle de splendeur
est contemplation profonde
qui dépasse tout,
(mais qui) est présente au cœur.
Elle est grossière par la voie de l'individu,
subtile par la voie de Shakti
et profonde sur la voie de Shiva.

Contempler est à la fois difficile à parfaire et à pratiquer.
Il est difficile de s'en contenter, de s'y abandonner,
difficile de se tourner vers elle :
oui, contempler est difficile, même pour les sages
adonnés au silence.

Pour la parfaire, limitons nos repas, nos colères,
maîtrisons l'attachement et nos facultés.
Endurons les extrêmes, soyons sans ego,
sans espoir et sans propriété.

Nous pouvons (alors) atteindre l'impossible, l'esprit au service du maître.
Nous trouverons alors les trois accès à l'Âme,
douée du triple royaume.

Ceci est le plus profond secret, le pays caché, l'absolu sans béquille. On dirait le ciel, subtil (comme) un rayon : l'état ultime de l'Omniprésent.

C'est la contrée des trois yeux et des trois états, (mais) libre de la matière. Immobile, évident et certain, sans appui ni repère.

C'est le lieu sans paysage, le lieu que ni le corps, ni la parole, ni le mental ne peuvent atteindre, (mais) que l'on pourra embrasser en se ressentant soi-même, au-delà du simple et du compliqué.

Félicité par-delà la joie, difficile à repérer, jamais née, indestructible, libre des mouvements du corps et du mental, permanente, fixe, infaillible.

C'est l'absolu. C'est l'intime de soi. C'est la demeure à jamais. C'est le refuge, le mental sans mental. C'est l'espace vide, la présence ultime.

A la fois vide et loin d'être vide, à l'abri au-delà du vide. Ni contemplation, ni contemplatif, rien à contempler, mais à contempler absolument.

C'est le tout, le vide final. Après, il n'y a plus d'après. Impensable, impossible à éveiller. Ça n'est pas "la vérité des éveillés". Les sages qui épousent le réel ne la connaissent pas, pas plus que les dieux.

Cela n'est pas avidité, ni confusion, ni peur, ni arrogance, ni attraction, ni aversion, ni culpabilité ; cela n'est ni excité, ni froid, ni affamé ni assoiffé. Cela n'est ni hésitant ni confiant. Cela n'est pas fier de ses origines, cela n'est pas une bibliothèque sur la délivrance.


Ni la crainte, ni les extrêmes du mal-être et du bien-être, ni être aimé, ni être détesté : c'est libre de toutes ces croyances. Alors on l'embrasse, l'absolu, cet au-delà, oui, alors on l'embrasse.

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