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Dublin J1

Publié le 31 août 2019 par Montagnessavoie
Premier jour à Dublin. Première traversée de la ville d'ouest en est, en direction de la mer, pour parvenir à ce gigantesque quartier ultra moderne des Silicon Docks, nommé ainsi en référence à la Silicon Valley californienne. De même que sa grande sœur américaine, Dublin héberge en effet tous les grands groupes dédiés aux nouvelles technologies, moteurs de recherche, fabricants d'ordinateurs et autres réseaux sociaux, implantés dans ce pays dont les taux d'imposition leur sont très favorables. Que l'on adhère ou pas à ce genre d'entreprises, il faut admettre que le quartier, pour qui aime l'architecture moderne, est assez imposant, voire majestueux, ce qui peut faire hurler les amateurs d'architecture ancienne, mais après tout, vivons avec notre temps. Le long du fleuve, les immeubles de verre prennent un autre relief qui leur donne un peu plus encore de caractère.  Autre construction ambitieuse : l'Aviva Stadium, temple du rubgy et du football irlandais depuis bien des années, depuis l'époque où il s'appelait encore Lansdowne Road. Ici ont eu lieu les plus grandes rencontres internationales et, même si tout a été détruit en 2006 et entièrement rebâti, il flotte encore au-dessus de cette pelouse, dans ces tribunes que l'on entend malgré nous résonner du chant des supporters, des souvenirs, des mythes, des histoires et l'aura de figures légendaires. On ne peut s'empêcher d'être ému quand on a regardé à la télévision des dizaines de matchs des joueurs en vert, dont on voit d'ailleurs quelques maillots dans le musée du stade. La différence de largeur d'épaules entre les tenues de 1915 et celles des années 2010 a de quoi effrayer. La préparation physique, la professionnalisation du jeu, on n'ose penser à d'autres causes moins avouables. Bien que ce stade moderne ressemble à d'autres enceintes sportives ailleurs dans le monde, celui-ci a une particularité : une tribune plus basse que les autres. Pourquoi ? Pour que les maisons situées derrière celle-ci ne se voient pas privées des précieux et rares rayons de soleil irlandais. Le climat dicte ses règles.  D'ailleurs, quand nous pique-niquons dans le très joli Stephen's Garden, la pluie nous dérange. Malgré tout, la pause est salutaire pour nos pieds déjà bien fatigués. Les goélands ont beau nous harceler, ils n'auront pas notre déjeuner. Afin d'éviter d'éventuelles averses et pour profiter de la gratuité de nombreux sites culturels nationaux, nous entrons dans le sublime musée archéologique. Armés du plan et décidés à en écumer tous les étages, nous terminons à peine la première étape quand un gardien met tout le monde à la porte : ici, on ferme à 17 heures. Peu importe que l'on soit dans une capitale, touristique qui plus est et en plein mois de juillet. On ferme à 17 heures. Nous nous consolons de cet échec (mais ce n'est que partie remise) en pénétrant sur la pointe des pieds dans la National Library of Ireland. Dans la salle de lecture située à l'étage et à laquelle on accède par un large escalier, pas de photos, pas de commentaires, pas de conversation. Silence complet. Les chercheurs et les étudiants qui travaillent là, installés sur de belles tables de bois brillant, doivent parfois se sentir comme des animaux en cage que les touristes regardent avec plus ou moins de discrétion. A moins qu'ils ne soient trop concentrés pour se rendre compte de quoi que ce soit. En tout cas, le grand hall aux élégantes colonnes est un excellent endroit pour attendre la fin d'une averse.  Après ces deux passages dans des monuments néo-classiques à vocation culturelle, nous ne pouvons faire autrement que de poursuivre notre visite de la ville par Trinity College. L'Université de Dublin est immense. Et verdoyante. Les bâtiments anciens qui entourent la cour pavée démesurée sont tous plus impressionnants les uns que les autres. On se dit qu'il ne doit pas être tellement désagréable d'étudier sur ce campus dont l'histoire remonte au XVIème siècle et qui a dû voir défiler un certain nombre d'étudiants brillants. On rêverait d'en être !  Après tout ce sérieux, un peu de légèreté nous fera le plus grand bien. C'est pourquoi nous rendons une petite visite de courtoisie à la célèbre Molly Malone, figure emblématique dublinoise créée de toutes pièces dans une chanson populaire, mais devenue tellement connue qu'elle en est quasiment devenue réelle. Preuve en est, sa statue qui trône en plein centre-ville auprès de laquelle les admirateurs posent pour la photo et dont les seins sont beaucoup plus clairs que le reste du corps, éclaircis par l'effleurement superstitieux de millions de mains baladeuses. Afin de terminer cette journée dans une même tendance épicurienne, nous nous perdons dans le petit quartier de Temple Bar réputé pour, comme son nom l'indique, ses bars. Une Guinness nous fait le plus grand bien après ces 10 ou 15 kilomètres à pieds parcourus dans la journée (quand on aime, on ne compte pas). Et puis, puisqu'il faut bien recharger ses batteries par l'estomac, nous nous installons dans la salle chaleureuse, toute de bois vêtue, du charmant Shack Restaurant. Viande de bœuf en sauce tendrement fondante. Poulet à la mode du Connemara. Poissons délicieux. Soupes roboratives. Service impeccable. Décor traditionnel en pleine ville. De quoi vous réconcilier avec l'existence !  Dublin, quel accueil ! C'est trop d'honneur...  Dublin J1
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