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Âmes, histoire de la souffrance - de Tristan Garcia

Publié le 04 septembre 2019 par Onarretetout

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Trois tomes sont annoncés. Je m’arrête (provisoirement ?) au milieu du premier. Tristan Garcia écrit Âmes, Histoire de la souffrance. Plus que de la souffrance, c’est de la cruauté qu’il s’agit. Quelque chose s’oppose à quelque chose, quelqu’un à quelqu’un quand la notion du « soi » apparaît, qui n’a d’abord pas été « soi ». Le ver, « quelque part sous la mer il y a 530 millions d’années », sera tutoyé : « Tu es détruit, tout est fini ». L’auteur introduit chaque chapitre, chaque histoire par quelques phrases et les conclut de la même façon. Il doit estimer nécessaire d’accompagner le lecteur qui, parfois, est un peu perdu dans le temps et dans l’espace. Une carte et un tableau, en fin d’ouvrage donnent des indications complémentaires. S’il est difficile de rester accroché au récit, ne serait-ce que par l’usage de noms de lieux et de personnages brouillant les repères du lecteur (sans doute pour mieux les impliquer dans le présent de ce lointain passé), il faut accepter l’errance et la violence. Les âmes, ce sont des caractères plus que des réincarnations, bien que Lucius, en l’an 33 de notre ère, a la vague impression d’avoir déjà rencontré ses agresseurs. Des caractères liés à des couleurs qui permettent au lecteur de rattacher chaque histoire aux précédentes. Un procédé, donc, une sorte de règle du jeu de l’écriture. Ce procédé permet de faire progresser une intrigue : si, au début, il n’y a que l’évènement, la naissance de la souffrance, peu à peu, celle-ci va se déployer au fur et à mesure que le « moi » va se développer. N’y a-t-il rien en moi ? N’y a-t-il que des forces extérieures qui m’envahissent ? Suis-je distinct de la foule ? Lucius prétend qu’« il n’y a que moi en moi » ; le prophète avec lequel se clôt cette histoire prétend qu’« il n’y a pas que toi en toi » et introduit alors une religion nouvelle. 

Je me suis arrêté à cet endroit. L’histoire de la souffrance ne s’achève pas avec une crucifixion, nous le savons bien. Mais, pour l’instant, je marque une pause dans ma lecture de ce livre.


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