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Robinsons, père et fils

Par Belzaran
Robinsons, père et fils

Titre : Robinsons, père et fils
Scénariste : Didier Tronchet
Dessinateur : Didier Tronchet
Parution : Avril 2019


Tronchet est un auteur qui m’a toujours intéressé. Je trouve qu’il possède un univers personnel à nul autre pareil. Je jette toujours un coup d’œil sur ses nouvelles parutions lorsque j’ai le plaisir de les croiser en rayon. Le titre Robinson père et fils m’a rapidement intrigué. Cette curiosité éveillée couplée à des critiques élogieuses ont rapidement fini de me convaincre : il fallait que je m’offre cet album.

Une ode au dépaysement.

La quatrième des couvertures nous présente les mots suivants : « Vivre sur une île est un vieux rêve… Mais partir avec un ado, c’est une autre histoire ! Sur un îlot minuscule perdu au milieu de l’océan Indien, l’auteur découvre la vie sans Internet, la puissance secrète des îles, le nouveau visage de son fils et un personnage étrange : lui-même… »

Robinsons, père et fils

L’ouvrage se compose d’une centaine de pages. Il se compose d’une succession de scénettes du quotidien. Elles s’inscrivent dans trois thématiques principales. La première traite de la relation entre le père et son fils qui grandit. La deuxième s’inscrit dans le malaise parfois ressenti par le héros du fait de son statut de « colon ». La troisième concerne le dépaysement total causé par cette aventure.

La relation entre un père et son fils est centrale. Elle donne même son titre à l’album. Cette relation est particulièrement touchante. L’auteur conte avec vérité et subtilité l’évolution du lien entre un homme et son enfant qui grandit. Les anecdotes contées traduisent parfaitement cet aspect qui sert de fil conducteur émotionnel de la lecture.

Le père a parfois le sentiment d’être un colon à l’étranger. Son ressenti est crédible par les anecdotes qu’il nous compte. Ce « statut » est acquis sans qu’il le veuille. Il l’utilise sans en avoir toujours conscience. On en ressent un certain malaise mais sans en tenir jamais rigueur au personnage principal. Cette réflexion sur cet aspect des relations entre le touriste et l’autochtone est joliment amenée et fait réfléchir le lecteur sans le culpabiliser.

Ce grand voyage est une ode au dépaysement. En effet, les personnages sont dépaysés géographiquement. Une île paradisiaque paraît bien loin de la grisaille métropolitaine. Le dépaysement concerne également le mode de vie. Chaque petit acte quotidien répond à une autre logique et une autre logistique qu’auparavant. Finalement, c’est le rythme de vie qui change. L’auteur nous fait découvrir cette évolution avec un bon dosage. On ne tombe dans aucun excès. Il n’y a ni jugement de valeur ni accumulation de clichés. Au contraire, on savoure cette « révolution » avec douceur et plaisir.

Les dessins m’ont plu. Je dois dire que je suis fan depuis toujours du style très particulier de Tronchet. Il a une capacité à faire passer des émotions assez remarquable. Son trait reconnaissable possède une fragilité qui donne une humanité très forte à ses personnages. Le travail sur les couleurs sublime l’ensemble pour offrir une lecture à l’atmosphère envoutante.

Robinsons, père et fils

Robinson père et fils est une belle histoire. Les protagonistes sont des personnages attachants. J’ai trouvé le propos original et subtilement conté. Cet album confirme le talent de l’auteur et ravira les adeptes de son univers narratif…

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