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Exposition Marcos Carrasquer – Rosa Loy | Àcentmètresducentredumonde

Publié le 05 octobre 2019 par Philippe Cadu @ContempodeLArt

Du 12 Octobre au 22 Décembre 2019Vernissage Vendredi 11 octobre à partir de 18h30

www.acentmetresducentredumonde.com

" Jours de folie " de Marcos CARRASQUER

LES VANITÉS DE NOTRE TEMPS

Comme mis en boîte, personnages et objets coexistent dans une réalité, apparemment inexplicable.

Tous appartiennent à la même composition, ironiquement solennelle et déclamatoire. Déclamatoire oui, car il y a une touche satirique dans ce silence chaotique où rien ne semble tenir du hasard.

Si tout est rendu avec une objectivité méticuleuse, c'est surtout la négation de toute relation qui nous pousse à créer des connecteurs rationnels et logique. Impossible de ne pas se questionner sur un quelconque sens, sur une énigme à percer, un message à décoder. Pourquoi cette liasse de dollars ? Quel lien unit ce vieil ordinateur cassé à ce pot à cornichons ?

Pour autant, est-ce que nous nous interrogeons de la sorte lorsque nous déposons négligemment un livre près d'une boîte à médicaments sur une table de nuit ? Non, évidemment. En ce sens, les peintures de Marcos Carrasquer sont des interrogations sur le caractère construit des choses. À l'image de Max Ernst, l'artiste cherche volontairement " la rencontre de deux réalités distantes sur un plan étranger à toutes deux ".

Ce principe d'association irrationnelle de figures hétérogènes, où le bon sens comme la logique font défaut, est proche du " modèle intérieur " que réclame André Breton. Néanmoins, si un mystérieux jeu de correspondances et d'apparences est invariablement tangible dans l'oeuvre de Marcos Carrasquer, il ne s'agit pas pour autant de surréalisme.

S'émane davantage une confrontation-fusion riche en références historiques et en allégories sur fond de sarcasme. D'une toile à l'autre, des dénominateurs communs se distinguent : l'horloge, le nazi, la maladresse, la laideur, l'argent, le pansement, le téléphone portable ou le livre.

Ces éléments forment un vocabulaire carrasquerien, employé pour dépeindre une humanité tyrannique, vilaine et tourmentée. Ici, l'être humain n'est que la matérialisation acerbe de ses défauts.

Si Francisco de Goya portraiturait avec raillerie les ravages du temps sur deux vieillardes parées de richesses futiles, Marcos Carrasquer à son tour peint les vanités de notre époque.

Les traits fatigués, aigris ou vicieux rivalisent de disgrâce comme pour mieux ridiculiser la superficialité des apparences. Cette hyper-superficialité, omniprésente, étouffe notre mal-être, nous rend stérile face à l'horreur, nous fait perdre la mémoire. Ces livres et ces horloges incarnent ainsi la dilution du lointain souvenir qui s'efface au fil des heures...

Les réminiscences de l'extrémisme, de la corruption et des atrocités du passé n'altèrent en rien notre imperturbable tranquillité... Focalisés sur l'instantanéité de notre téléphone ou l'allure de notre physique, nous sommes ces êtres devenus uniformément beaux mais emplis de défauts innombrablement laids. Anne-Laure Peressin

" Préservation du temple " de Rosa LOY

Née à Zwickau (République Démocratique Allemande) en 1958, Rosa LOY vit et travaille à Leipzig, Allemagne.

" C'est une expérience entièrement unique, que de suivre la peintre Rosa Loy dans ses mondes picturaux et de les explorer, pour en découvrir à notre ère, ce qui a été au cœur de l'existence féminine pendant des milliers d'années.

L'artiste a étudié à l'Académie des Beaux-Arts de Leipzig dans les années 80 et vit encore aujourd'hui dans la ville de l'Est de l'Allemagne et compte parmi ceux de la nouvelle école de Leipzig. On parle de la NLS (New Leipzig School) comme l'un des phénomènes artistiques du XXIe siècle qui a attiré l'attention du marché international de l'art, après la chute du mur.

Ses thèmes picturaux parlent du mystère féminin, nouvelle féminité, et du nouveau romantisme, qui, en rétrospective, a joué un rôle primordial dans la peinture saxonne.

Rosa Loy convoque le courage d'intégrer féminité et beauté dans sa peinture représentative et son travail ouvre un grand spectre de possibles interprétations pour nous ".

Publié le 14 janvier 2019 par Perceval

" Sa quête d'une nouvelle féminité se nourrit de savoir féminin traditionnel et des mystères qu'il comporte touchant à la nature profonde de l'être humain et de la nature qui l'entoure. Ses compositions picturales foisonnantes de détails et riches de symboles, deviennent ainsi un écho de mythes anciens et de cultures tournées vers le spirituel.

Les figures habitant ses paysages et ses jardins oniriques sont exclusivement des femmes, communicant entre elles ou vaquant à leurs activités dans une atmosphère d'amour et de bienveillance. Il y a ici les connotations d'un monde de contes de fées, hanté par des créatures mythiques, de trolls, et traduit en une pratique artistique fille de la poésie et de l'imagination.

Pourtant, en y regardant de plus près, bien que les figures féminines, souvent représentées comme des couples de jumelles ou de sœurs, s'inscrivent dans un réseau très sensible de relations proches d'une sensibilité très féminine de la nature et de la société, son travail n'est pas sous-tendu par une pensée politique ou féministe.

Dans son amour de la couleur et ses compositions, Rosa Loy emprunte aussi à la Renaissance. Ainsi, elle aime utiliser la peinture à la caséine (une ancienne peinture à bas d'eau et issue de protéines de lait) et l'organisation de l'espace pictural caractéristiques des peintures murales de cette période ".

Karin Pernegger


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