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[Critique] QUEENS

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] QUEENS

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Titre original : Hustlers

Note: ★★★½☆

Origine : États-Unis

Réalisatrice : Lorene Scafaria

Distribution : Jennifer Lopez, Constance Wu, Lili Reinhart, Julia Stiles, Cardi B, Keke Palmer, Lizzo, Trace Lysette, Frank Whaley…

Genre : Thriller/Adaptation

Durée : 1h47

Date de sortie : 16 octobre 2019

Le Pitch :

Des amies strip-teaseuses décident de monter une arnaque afin de soutirer de l’argent aux riches traders de Wall Street. Le succès de leur petite entreprise les poussant à prendre de plus en plus de risques. Histoire vraie…

La Critique de Queens :

C’est en 2012 que Lorene Scafaria s’est véritablement fait connaître grâce à son premier film, le remarquable drame apocalyptique Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare. Une réalisatrice qui avait, quelques années auparavant, signé le scénario du petit film indépendant Une nuit à New York et qui revient aujourd’hui avec Queens, soit l’adaptation d’un fait divers relativement étonnant centré sur un groupe de strip-teaseuses. Queens qui, s’il ne révolutionne pas le genre auquel il appartient, à savoir le film d’arnaque, réussit néanmoins à se hisser au-dessus de la mêlée avec une certaine prestance et beaucoup d’énergie. Et ce pour plusieurs raisons…

Jenny from the Block

La première raison pour laquelle Queens est une réussite s’appelle Jennifer Lopez. Voilà bien longtemps que l’actrice/chanteuse n’avait brillé avec autant de puissance sur un écran de cinéma (la dernière fois c’était quand ? En 1998 dans U-Turn et Hors d’atteinte ?). En meneuse de bande, décidée, pleine d’entrain et charismatique en diable, elle est ici non seulement formidable mais aussi en partie responsable de l’énergie, de la sincérité et de l’émotion qui se dégage du long-métrage. Mais elle n’est pas seule. Ce qui nous mène à la deuxième raison…

Queens

American Dream

Si l’affiche française de Queens laisse présager un film choral, avec des actrices possédant le même temps à l’écran, ce n’est absolument pas le cas. Au final, et cela se dessine dès le début, les deux héroïnes sont Jennifer Lopez et Constance Wu. Surtout cette dernière à vrai dire tant le scénario tourne avant tout autour de son personnage qui a aussi pour fonction de nous faire entrer, nous les spectateurs, dans le récit. Novice en strip-tease, un peu effrayée de prime abord, elle se prend d’affection pour cette danseuse chevronnée qu’est le personnage de Jennifer Lopez pour ensuite se laisser entraîner dans une arnaque de haut-vol. C’est par ailleurs également Constance Wu que l’on suit donc tout du long et c’est encore elle qui incarne ce que l’on pourrait appeler le « marqueur moral ». Une actrice en état de grâce, toute en nuances, parfaitement à sa place et à son aise, au sein d’un film auquel elle fait largement profiter de son talent et de sa prestance, sans pour autant chercher à tirer la couverture à elle. Reposant sur le duo qu’elle forme avec J-Lo, Queens laisse aussi la place à Lili Reinhart ou encore Keke Palmer mais ces dernières, pour autant irréprochables, ne font pas vraiment avancer les choses et s’en tiennent à des rôles très secondaires. Malgré ce que suggère l’affiche donc.

New York Strip

Queens vaut le déplacement ne serait-ce que pour assister aux performances de ses deux actrices principales mais pas seulement. Car si le scénario est finalement assez simple et prévisible, Lorene Scafaria en profite aussi pour livrer un discours dans l’air du temps, aborder, sans trop forcer mais en se montrer parfaitement pertinente, des thématiques fortes car d’actualité, notamment concernant une société encore trop machiste, ainsi que le pouvoir corrupteur de l’argent, et finit par toucher avec plus de puissance qu’on ne l’aurait imaginé de prime abord (il est bon de rappeler qu’Adam McKay et Will Ferrell sont à la production, eux qui produisent aussi l’excellente série Succession, qui, sur quelques points, se rapproche de Queens). Alors bien sûr, tout ceci reste tout de même relativement léger, tant le but de la réalisatrice semble avant tout de proposer un spectacle divertissant, avec ce qu’il faut de rebondissements (pas opportunistes), de gags amusants et autres situations un peu clichées mais appréciables car très bien intégrées à l’ensemble. La cinéaste faisant également preuve d’un véritable sens de la rythmique. Rythmique au diapason avec un montage impeccable qui contribue aussi à garder l’ennui à distance. Au final, Queens, sans s’imposer comme la claque de l’année, coche toutes les cases, avec un joli supplément d’âme, tout en proposant quelques surprises également responsables de sa très bonne tenue.

En Bref…

Efficace, pertinent, malin et concerné, Queens est un film « d’arnaque » comme on aimerait en voir plus souvent. Les prestations impeccables de Jennifer Lopez et Constance Wu et l’écriture directe, assortie à une mise en scène efficace de Lorene Scafari en faisant une belle surprise dont vous auriez bien tort de vous priver.

@ Gilles Rolland

Queens-castCrédits photos : Metropolitan FilmExport

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