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The Psychotic Monks + Dewaere à Bonjour Minuit, St-Brieuc, le 8 novembre 2019

Publié le 11 novembre 2019 par Concerts-Review
The Psychotic Monks + Dewaere à Bonjour Minuit, St-Brieuc, le 8 novembre 2019

The Psychotic Monks + Dewaere à Bonjour Minuit, St-Brieuc, le 8 novembre 2019

Bonjour Minuit propose du rock hors-piste en ce vendredi automnal, The Psychotic Monks, les capucins allumés, évadés d'un cloître de Saint Ouen et Dewaere, des locaux givrés et indisciplinés.

21:00, pile.

Tu savais que Patrick Dewaere était natif de Saint-Brieuc?

Non, Dewaere était au parfum, le combo de Binic a donc choisi le patronyme de l'acteur torturé comme identité.

Ils sont quatre, Maxwell Farrington, né aux antipodes (chant), Julien Henry (guitare), Marc Aumont (basse) et Hugues Le Corre (batterie). les trois derniers rappliquent, l'athlète, sponsorisé par Adidas, est resté en retrait, il est probable qu'une masseuse, pas celle de Patrick Bruel, lui frictionne les mollets avant l'effort, bref mais intense, qu'il doit fournir.

D'une frappe pas tendre, Hugues, donne le signal de départ, la basse embraye, la guitare s'accroche, en bas, les pas avisés viennent de comprendre que le menu de ce soir ne prévoit pas de titres susceptibles de participer au prochain concours Eurovision.

Maxwell se pointe, sans son silver hammer, les gars du Goëlo viennent d'entamer 'Budapest' , un extrait, concis, secouant et sec de leur album 'Slot Logic'.

Une voisine: ils sont féroces , son compagnon,: tu dis, Julie?

Ah, oui, c'est du rentre-dedans, noise, punk et garage, cocktail explosif!

En parlant de liquide, c'est l'heure de l' 'Happy Hour'.

Deux glaçons dans mon Scotch, svp!

Dedju, il est bien tassé!

De son accent kangourou, Maxwell annonce une reprise, tu t'attends aux Melvins ou à Neurosis, tu parles, ils massacrent 'Everybody's got to learn sometime' des Korgis. Ni Andy Davis, ni James Warren ne font des cumulets en chantant, sir Farrington, si!

Ils enchaînent sur le cyclone punk 'Aye Aye' suivi par 'Violet blue', une nouveauté pas fleur bleue.

Qui veut un T-shirt?

Un jaune?

Non, merci.

On verra plus tard, voici ' The vase' toujours sans les fleurs.

Après ce nouvel uppercut en pleine tronche, on a droit à une confession: normalement, je raconte des tas de conneries mais comme on joue chez nous et que maman est peut-être dans la salle, je m'abstiens, voici 'Wot u Lyk', suivi par un morceau prévu pour le prochain album, à la table ils ont reçu un papelard sur lequel tu as déchiffré 'mmmmmopop'.

'St Tropez in the summer' est pour tous ceux qui n'ont jamais entendu de twist punk. Le farfelu agrémente la plage ( aux crustacés) d'une séquence de crooning à faire porter pâle Harry Connick Jr.

Après le bucolique 'Garden', sans les oiseaux, vient l'abrasif 'Get down' , deux morceaux clôturant un set intense pendant lequel le second degré occupait la place d'honneur.

Dewaere viendra bousculer Niort le 14 novembre .

Le coup d'envoi du set des Psychotic Monks était prévu à 22:30', le combo de la Seine-Saint-Denis, ayant terminé ses préparatifs bien avant l'heure, décide d'en découdre 10 minutes plus tôt, obligeant les piliers de comptoir à rappliquer dare-dare, merci Arte.

Bio allégée, on reprend la fiche de Europavox.... Hailing from Saint-Ouen, in the northern suburbs of Paris, The Psychotic Monks are not afraid of being different and doing things their way. The four members of the band got together in 2015 and since then they have never stopped evolving around the endless possibilities of rock...

On ajoute que les quatre Rick Sanchez , des cousins éloignés des Daltons ( Arthur et Paul Dussaux,

Clément Caillierez et Martin Bejuy , des gens proches de François Staal) , ont sorti deux EP's et deux albums, 'Silence Slowly And Madly Shines' et 'Private meaning first' , qu'ils ont cassé la baraque à Bourges, à Manchester, Laval, Aulnoye-Aymeries ou Marina de Massa et qu'ils comptent bien gagner le combat de ce soir par K O.

Les mousquetaires se sont tous les quatre collés à 35 cm du premier rang, un fond industriel annonce ' It's gone' un Dies Irae, extrait de Silence Slowly And Madly Shines, sombre, désespéré, tourmenté et obsédant.

Le tourbillon noise, décoré de pointes psychédéliques et d'un chant ravagé, a tôt fait de nous inviter à une méditation spartiate.

De toute évidence, les moines de Saint-Ouen sont du genre ascètes illuminés.

Pour 'Isolation' c'est Clément, le batteur chevelu, qui se colle au chant, il relaye ainsi Arthur Dussaux, un des guitaristes de la confrérie.

A la croisée du Floyd, de Hawkwind et de A Place to Bury Stranger, la plage de dix minutes nous permet de sonder à fond la cage de 2 m3 dans laquelle on se sent cloîtré.

Martin, le blondinet de la bande, a décidé de prendre l'air, il vient promener sa guitare dans la fosse, de coup, Arthur reprend le micro pour finir le morceau sur un râle peu mélodique.

Ces gens ont la rage et travaillent dans l'urgence.

Sur les réseaux sociaux, ils citent Francis Bacon comme influence majeure, on leur trouve, toutefois, un côté romantique proche de Lord Byron.

Tandis que tu cogitais, ils ont amorcé 'The Bad and the City Solution' , pris d'un accès de délire, Arthur refile un coup de tête à son pied de micro avant de faire tournoyer son instrument à la manière du torero maniant sa cape écarlate pour exciter le taureau.

Sont dangereux, ces jeunes gens!

Paul vient d'abandonner ses claviers pour saisir une basse et entamer le chaotique 'Wanna be damned' ( punk song).

Ce qui est étonnant avec ce groupe est que les quatre membres alternent le chant ou s'y mettent en choeur pour scander un texte belliqueux.

Bref répit après la tempête électrique, puis vient 'A coherent appearance' un nouveau punk brutal au final bruitiste.

Après avoir confectionné des climats éthérés pour ' Emotional Disease', le chant se fait Jim Morrison, la ballade prend des coloris acides, ton cerveau revoit les Beatles, période Lucy in the Sky, une voisine plane, son copain, un malade émotif, en profite pour lui piquer sa bière.

Les claviers liturgiques introduisant ' Confusions' dérapent rapidement en bruitages moins catholiques, la frénésie les regagne, Arthur frise la crise d'épilepsie, Saint-Brieuc retient son souffle.

Ils enchaînent sur ' Closure' précédé d'un larsen agressif avant de nous présenter le clou du spectacle, la ( longue) ballade/ épilogue crépusculaire, ' Every sight' récitée par un Martin Bejuy proche de l'hystérie.

C'était l'apothéose d'un concert épique et physique qui nous a laissés sans voix.


Il n'y aura, logiquement, pas de rappel malgré les protestations d'un marin égaré.

The Psychotic Monks + Dewaere à Bonjour Minuit, St-Brieuc, le 8 novembre 2019
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