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Cedric Burnside à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 10 novembre 2019

Publié le 12 novembre 2019 par Concerts-Review
Cedric Burnside à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 10 novembre 2019

Cedric Burnside à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 10 novembre 2019

Salle comble à La Grande Ourse qui accueillait, en cette veille d'armistice, un des plus brillants adeptes du Mississippi Hill Country Blues: Cedric Burnside!

Les bénévoles se sont empressés d'ajouter quelques chaises sur les côtés, tous les sièges des gradins étant occupés.

D'autres protagonistes de ce style, qualifié par certains d'hypnotic boogie, ont pour nom: Mississippi Fred McDowell, Junior Kimbrough, Calvin Jackson ( Cedric's dad) , Charles Caldwell ( merci Polo) ou RL Burnside, le granddad de Cedric, un gaillard qui n'a pas besoin de talons hauts pour embrasser Carla Bruni.

La discographie du gars né dans le DeSoto County se chiffre à huit albums, 'Benton County Relic', le plus récent, date de 2018.

La tournée européenne du grammy-nominated ( 2015) for Best Blues Album ( Descendants of Hill Country) a débuté le21 octobre, en Norvège, et se poursuit jusqu'au 16 novembre, toutes les dernières dates sont françaises.

Celui qui avant d'être guitariste, est surtout batteur, décide d'entamer le concert solo, armé d'une acoustique et calé sur un siège , il a choisi 'Come on in' de son aïeul R L pour débuter.

Le jeu est brut, robuste et austère, pas question de fignoler, oublie la sophistication, c'est du straight to the point!

Il embraye sur ' Just like a woman' , pas celui de Dylan, il s'agit d'une nouvelle reprise de pépé.

Ce blues rural évoque à la fois les ancêtres déjà nommés, mais aussi Taj Mahal ou Eric Bibb.

Saint-Agathon, merci de m'accueillir chez vous, le bonhomme n'est pas du genre bavard il se contente de plusieurs thank you après nos applaudissements.

Un troisième morceau emprunté à RL Burnside, ' Mellow peaches', précède une dernière salve acoustique, sur laquelle tu ne peux coller une étiquette,, quelle poisse quand l' artiste a introduit la playlist dans son smartphone.

Un batteur se pointe, la chaise disparaît, le gars, qui affirme my school was a juke joint, passe à l'électricité en ajoutant, it's time to dance a little bit , du coup le set prend des coloris plus groovy.

' We made it', qui ouvre le dernier album, remue salement , le batteur n'est pas du genre à faire du cinéma, mais son jeu, efficace et précis, gonfle le son.

Le côté John Lee Hooker du répétitif 'I'm hurtin' voit ta voisine battre le plancher de ses mocassins du dimanche, tandis que le brave homme l'accompagnant essaye d'immortaliser l'instant sur son portable.

Bordel, Carmen, arrête, tu fais tout trembler!

A l'adresse de la table de mix: can I get a little more vocal, puis il tricote une intro ciselée virant country blues remuant, 'Please tell me baby'.

Riffs rugueux, drumming vigoureux, les deux lascars s'entendent comme larrons en foire et le temps passe sans qu'aucune trace de lassitude ne vienne troubler l'auditoire.

Retour au matériau d'emprunt avec 'Goin down South' de Robert Lee Burnside.

Il ne manquait que la chaleur humide pour se croire en plein Delta du Mississippi.

Cedric, décris-nous a 'Typical day' dans ton bled.

Well, I wake up in the morning, sun shining on my face, I drink a cup of coffee....

Pareil ici, sans le soleil!

Il a flanqué la tasse et la little spoon dans le lave-vaisselle et s'en prend à un gars qui s'avise de tripoter sa copine, bas les pattes, mec, 'Keep Your Hands Off Her', un titre de Junior Kimbrough, repris également par les Black Keys.

La formule guitare batterie, pourtant, nous rapproche plus des concerts de Tony Joe White que de ceux des gars de l'Ohio.

Un des thèmes favoris des bluesmen est celui de la petite qui se barre, du coup, même les plus costauds pleurnichent 'Don't leave me girl'.

Le sombre 'Death Bell Blues' était au répertoire de R.L. Burnside, le petit-fils réussit à nous refiler la chair de poule, tant sa version est poignante.

Un blanc, il saisit une troisième guitare, balance quelques accords énervés, that don't sound too good, constate-t-il, il tripote ses deux amplis, va régler le pédalier, I apologize, ça ronfle toujours, je reprends l'instrument précédent.

Nouvelle séquence de tuning avant 'Love her till I die', joué et chanté avec les tripes.

Exit le drummer qui revient après 6 secondes car dans la salle une voix s'élève timidement: one more?

Le menu prévoit le uptempo ' Skinny woman' de Sonny Boy Williamson.

Le duo s'éclipse après cette joyeuse galopade, la Grande Ourse se lève, les rappelle.

Vous êtes beautiful, sourit l'humble bonhomme avant de nous balancer une dernière pépite qu'il accompagne d'un petit pas de danse estampillé pays des collines.

Au stand merch, madame écoule les CD's tandis que la faune blues locale devise pour se mettre d'accord: Cedric Burnside, un grand monsieur respectant la tradition!

Cedric Burnside à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 10 novembre 2019
Cedric Burnside à La Grande Ourse, Saint-Agathon, le 10 novembre 2019

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