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[Critique] BLACK CHRISTMAS (2019)

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] BLACK CHRISTMAS (2019)

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Titre original : Black Christmas

Note:
★
½
☆
☆
☆

Origine : États-Unis/Nouvelle-Zélande

Réalisatrice : Sophia Takal

Distribution : Imogen Poots, Aleyse Shannon, Lily Donoghue, Brittany O’Grady, Cary Elwes, Caleb Eberhardt…

Genre : Horreur/Épouvante/Remake

Durée : 1h33

Date de sortie : 11 décembre 2019

Le Pitch :

Alors que Noël approche, sur le campus d’une université américaine, un groupe de filles d’une confrérie est la cible d’un tueur en série masqué…

La Critique de Black Christmas :

Ce n’est pas la première fois que Black Christmas, l’un des films fondateurs du slasher, réalisé par Bob Clark en 1974, fait l’objet d’un remake. Déjà en 2006, Glen Morgan s’était méchamment cassé les dents sur sa propre version, que tout le monde a d’ailleurs oublié très rapidement. Aujourd’hui, c’est Jason Blum, le producteur en vue du cinéma d’épouvante (on lui doit Conjuring, Insidious et tout un tas de trucs beaucoup moins fréquentables), qui tente le coup, épaulé par la réalisatrice Sophia Takal. Une bonne occasion pour lui de se dédouaner des accusations dont son studio fut la cible, au sujet du peu de productions dirigées par des femmes. Jason Blum ayant répondu que s’il ne produisait pas davantage de films d’horreurs mis en scène par des femmes, c’était tout simplement parce que peu de femmes s’essayaient au genre. Black Christmas déboulant quelques mois après cette maladroite déclaration. Une façon pour Blum d’affirmer qu’il n’est pas du tout sexiste mais malheureusement une nouvelle occasion pour lui d’également nous prouver que s’il lui arrive d’avoir le nez creux, il peut aussi plus qu’à son tour méchamment se viander…

Black-Christmas

Le tueur a les boules

S’il reprend la base du film original, ce nouveau Black Christmas tente assez vite de s’échapper pour creuser sa propre thématique et tenter de s’imposer comme l’un des premiers films d’horreur de l’ère post-MeToo. Tragiquement, alors que le fait de dénoncer les pratiques machistes et parfois violentes de certaines fraternités étudiantes tout en rééquilibrant les codes du slasher, aurait pu donner lieu à quelque chose de vraiment intéressant, Black Christmas n’est ni stimulant, ni pertinent. À vrai dire, ce n’est même pas un film d’horreur, tous les crimes manquant non seulement d’imagination, mais étant aussi totalement sabordés à l’écran par une réalisation aux fraises. La réalisatrice ayant visiblement eu pour instruction de ne pas montrer la moindre goutte de sang histoire de fédérer un très large public. Au point de faire ressembler Black Christmas, ce slasher de bas-étage voulu comme une évolution 2.0 féministe et concernée, à un ersatz tout pété de Souviens-toi l’été dernier 2 ou Urban Legend 34.

Slasher 2.0

S’il s’inscrit, de par sa dynamique et son histoire, dans la tradition du slasher, Black Christmas s’avère au final étonnamment propre sur lui. Mal filmé, monté à l’arrache, il n’est jamais capable de nous satisfaire ne serait-ce qu’un peu en nous proposant des scènes de meurtres dignes de ce nom. Preuve de la malhonnêteté suprême du projet : le sang a été remplacé par une matière visqueuse noire. Le tout grâce à une pirouette scénaristique méchamment débile à laquelle on a du mal à croire. D’autre part, Black Christmas, s’il aurait pu, entre d’autres mains, effectivement se poser comme une brutale remise à jour du genre, avec un puissant discours féministe, s’enfonce dans des clichés plus gros que lui, tout en ne parvenant jamais à donner du corps à ses thématiques. La faute à des dialogues débiles et à des situations souvent ridicules. Le pire dans tout cela c’est qu’à l’arrivée, sous couvert d’une volonté finalement malhonnête de démonter certains vieux clichés et de mettre les femmes au premier plan en leur donnant le pouvoir de riposter, le film limite ses personnages à un amoncellement de nouveaux clichés embarrassants. Et si les actrices, la talentueuse Imogen Poots en tête, font ce qu’elles peuvent, difficile pour elles de se sortir de ce traquenard. Au fond, rien ne va et cette tendance à sans arrêt enfoncer le clou au sujet d’un girl power véritablement mal incarné, fait que le film se tire à plusieurs reprises une rafale de balles dans le pied. Alors oui, parfois c’est drôle. Involontairement bien sûr mais c’est bien tout le plaisir qu’on peut tirer de ce produit formaté, mou du genou et complètement à côté de la plaque.

En Bref…

S’il effleure parfois des idées intéressantes, Black Christmas a vite fait de faire n’importe quoi. Ici, le massacre a surtout eu lieu sur le plateau de tournage et dans la salle de montage. Le film lui, n’a rien d’un slasher digne de ce nom. Aseptisé, dénué de toutes nuances, écrit à l’arrache, et trop frileux pour au moins assurer le minimum syndical niveau horreur, ce remake ne fait rien comme il faut et finit par desservir son propre discours…

@ Gilles Rolland

Black-Christmas-Imogen-Poots
Crédits photos : Universal Pictures International France

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