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[Critique] 6 UNDERGROUND

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] 6 UNDERGROUND

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Titre original : 6 Underground

Note:
★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis

Réalisateur : Michael Bay

Distribution : Ryan Reynolds, Mélanie Laurent, Manuel Garcia-Rulfo, Adria Arjona, Ben Hardy, Corey Hawkins, Lior Raz, Dave Franco…

Genre : Action

Durée : 2h07

Date de sortie : 13 décembre 2019 (Netflix)

Le Pitch :

Un jeune milliardaire simule sa propre mort afin de monter une équipe capable d’arrêter les pires criminels du monde. Équipe constituée de différents experts, eux aussi officiellement disparus, prête à tout pour arriver à ses fins…

La Critique de 6 Underground :

Netflix continue sa spectaculaire moisson de réalisateurs de premier plan et nous offre en cette fin d’année, après The Irishman, de Martin Scorsese et Marriage Story, de Noah Baumbach, une nouvelle bonne raison de prendre ou de conserver son abonnement. Alors attention, loin de nous l’idée de comparer Bay à Baumbach et Scorsese mais il faut bien reconnaître que l’arrivée du papa des Transformers sur Netflix est un événement. L’artificier numéro un du cinéma américain n’ayant de plus pas fait déplacement sur la plate-forme de streaming pour enfiler des perles…

Réaction en chaîne

Tous les réalisateurs ayant été débauchés par Netflix ont salué la capacité du géant américain à leur proposer une carte blanche. En gros, ici, on fait ce qu’on veut ! C’est pour cela que Scorsese a pu monter, avec les coudées larges, son ambitieux The Irishman et c’est pour ça que 6 Underground, le nouveau Michael Bay, est probablement ce qu’il a réalisé de plus dingo depuis le début de sa carrière. Ce qui, dans son cas, veut dire plein de trucs…

Car Michael Bay, Mesdames et Messieurs en ces temps troubles où la bien-séance galopante donne bien souvent lieu à des débordements pas toujours justifiés et justifiables, il se fout de tout. Ce qu’il veut lui, c’est continuer à faire péter des machins pendant 2 heures sans qu’on vienne lui mettre des battons dans les roues. Le Bay sait pertinemment que ceux qui ne l’aiment pas ne l’aimeront probablement jamais, même si des films comme No Pain No Gain ont presque fait l’unanimité. Alors il se lâche, ici plus que jamais. Rien à cirer des polémiques du moment et des social justice warriors des réseaux sociaux qui (si ça se trouve) prêchent depuis leur appartement surchauffé en buvant un café Starbucks entre deux commandes chez Amazon. Michael Bay, ce qu’il veut, c’est filmer des culs en gros plan et parfois au ralenti. C’est exploiter le physique de ses acteurs et actrices pour les rendre aussi désirables que possible. Il aime quand ça gicle, quand ça tranche, quand ça explose. Lui son truc, ce sont les plans de quelques secondes max et les répliques bien débiles. Dans 6 Underground, toutes ne font pas mouche mais il y en a tellement que parfois, ça marche. Comme les nombreuses références à la pop culture qu’il fourre ici ou là. Voir par exemple Manuel Garcia-Rulfo débouler shooté au gaz hilarant au beau milieu d’une fusillade dans un penthouse et s’exclamer « je vois des gens qui sont mort » a bien évidemment quelque chose de jouissif. Et la jouissance au Bay, ça le connaît. Il n’y a qu’à voir sa scène d’ouverture…

6-Underground-Adria-Arjona

Pif, paf, boum, splash, fin !

En bon délire régressif, 6 Underground débute par l’une des courses-poursuites les plus dingues et les plus brutales vues sur un écran de cinéma. Sur un écran de télévision pardon. Dave Franco conduit une bagnole vert fluo avec à son bord une partie de l’équipe. Sur la banquette arrière, Mélanie Laurent, enfin sortie de l’existentialisme rive-gauche qui pue le tabac froid, pisse le sang comme la grosse badass qu’elle sait être. Adria Arjona, le docteur du groupe, fourrage dans son bide pour retrouver la balle qui a provoqué l’hémorragie. La voiture file dans les rues bondées de Florence en Italie et va même jusqu’à détruire des œuvres d’art inestimables. Il est comme ça Bay. C’est un sale gosse qui utilise le budget de ses films pour parfois péter à la face d’un establishment qui ne cesse de le dénigrer. On revient à la poursuite… Des gens se font écraser, on épargne un bébé et des chiens trop mimis, il y a des nonnes qui font des doigts d’honneur et le sang gicle à la fin des impressionnants carambolages que le réalisateur s’amuse à enchaîner. Belle entrée en matière. Un poil épileptique mais la générosité force ici le respect. Dommage au fond que le scénario se prenne un peu au sérieux et que les allers-retours dans le temps ne soient pas aussi fluides que prévu. Avec sa morale un poil réac (pas juste un poil en fait), ces justiciers ultra sexy et ses méchants bien immondes, 6 Underground ne fait donc pas les choses à moitié.

Apocalypse du bon goût

En ayant enfin terminé avec ses insupportables robots, Michael Bay revient ici à un cinéma proche des délirants No Pain No Gain et The Island. Doté d’un script turbo crétin, il utilise son savoir-faire (car le mec sait indéniablement tenir une caméra) et nous régale de scènes pleines à raz-la-gueule d’idées incroyables avec des vues subjectives en veux-tu en voilà et des trucs totalement improbables. Comme ce machin avec l’aimant géant à la fin. Incroyable. C’est le mot. Incroyablement con ? Oui aussi. Stupidement gore et vulgaire ? Oui oui ! 6 Underground, c’est un peu l’anti-thèse parfaite des Jason Bourne et consort. C’est un film qui explose à la face, qui se prend un peu trop au sérieux avec son côté « ouais t’as vu on sauve le monde parce que l’autre là à la Maison-Blanche, il n’en fout pas une rame ». C’est Le Justicier dans la ville version « rien à foutre de rien j’ai plein de thunes alors j’y vais franco ». Du caviar pour les esthètes qui en ont raz la casquette des produits policés qui passent tellement leur temps à essayer de ne vexer personne qu’ils en oublient de raconter quelque chose. 6 Underground lui, peut potentiellement offenser plein de monde et c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Car à partir du moment où on peut se sentir offensé par un truc comme ça, qui n’est finalement pensé que pour divertir, c’est qu’on se pose peut-être les mauvaises questions…

En Bref…

Violent, sauvage, gore, rapide et furieux, ultra spectaculaire, virtuose et inventif, débile et limite sur le plan idéologique, parfois drôle parfois non, bourrin et vulgaire, 6 Underground s’impose comme l’un des films les plus extrêmes de son réalisateur. Michael Bay ayant profité de l’espace de liberté que lui offrait Netflix pour se lâcher totalement. Sans se soucier de la bien-séance et en faisant comme si nous étions encore dans les années 90, où on pouvait encore tout dire et tout montrer au cinéma sans forcément s’attirer les foudres de certaines ligues de vertu un peu trop zélées. Haters gonna hate… Les autres par contre, peuvent prévoir le rouleau de Sopalin.

@ Gilles Rolland

6-underground-cast
Crédits photos : Netflix

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