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[Critique] THE GENTLEMEN

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] THE GENTLEMEN

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Titre original : The Gentlemen

Note: ★★★★½

Origine : États-Unis

Réalisateur : Guy Ritchie

Distribution : Matthew McConaughey, Charlie Hunnam, Hugh Grant, Jeremy Strong, Colin Farrell, Michelle Dockery, Henry Golding, Eddie Marsan…

Genre : Thriller/Comédie

Durée : 1h53

Date de sortie : 5 février 2020

Le Pitch :

Mickey Pearson, le roi de la marijuana à Londres, décide de raccrocher et de vendre sa gigantesque exploitation. Une décision qui déclenche une impitoyable réaction en chaîne impliquant non seulement Mickey mais aussi ses collaborateurs et autres opposants…

La Critique de The Gentlemen :

Il y a 20 ans sortait Snatch. Au sommet de sa forme, Guy Ritchie, que l’on a un peu trop vite surnommé, le Tarantino britannique, livrait déjà avec son second long-métrage, son chef-d’œuvre. Mais très rapidement, les choses ont tourné au vinaigre pour Ritchie, qui s’est compromis avec À la Dérive, un navet de classe internationale avec Madonna. Essayant par la suite de revenir sur les rails mais peinant à retrouver son mojo, le réalisateur a tourné Revolver et RocknRolla. Deux films proches de Snatch mais pourtant très loin d’être aussi bons. Puis est venu Sherlock Holmes. Un gros blockbuster certes divertissant mais dont l’énorme succès eut pour effet de pousser Ritchie à ne se consacrer qu’à ce genre de projet. Logiquement aux commandes de Sherlock Holmes 2, il s’est planté au box office avec Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E., qui est pourtant relativement sympathique, puis a continué à creuser avec le boiteux et conspué Le Roi Arthur. Ce qui ne l’a pas encouragé à se méfier puisque très rapidement, décidément productif, Ritchie a accepté la main tendue par Disney pour mettre en image l’adaptation en live action d’Aladdin. Un gros carton qui aurait pu inciter Ritchie a rester à l’Ouest. Pourtant, de manière assez inattendue, ce dernier est rentré au pays pour emballer The Gentlemen, et ainsi revenir à ses premières amours. The Gentlemen qui marque ainsi le retour de Guy Ritchie au pur film de gangsters. Un come-back bienvenu pour un film flamboyant à plus d’un titre, qui non seulement coche toutes les cases mais s’impose enfin, 20 ans plus tard donc, comme le digne successeur de Snatch. Mieux vaut tard que jamais…

The-Gentlemen-Matthew-McConaughey

King of England

Avec ses personnages hyper classieux mais un poil poissards à différents niveaux, parfois paumés et souvent caractérisés par une outrance qui se lit à divers étages, The Gentlemen nous permet de retrouver le Guy Ritchie des débuts. Celui d’Arnaques, Crimes et Botanique et de Snatch, qui s’intéressait alors principalement à son histoire et à ses personnages, pas encore parasité par cette demande constante de spectaculaire, d’action et d’effets-spéciaux tapageurs. Avec The Gentlemen, qu’il a également écrit, Ritchie se réapproprie son cinéma et revient sur son trône, laissé vacant depuis deux décennies, faute d’héritier crédible. Un film dans lequel le cinéaste se fait plaisir, notamment au niveau des dialogues, en prenant par exemple le temps de s’attarder sur de longs et parfois alambiqués mais assurément jubilatoires échanges entre les protagonistes. Le numéro de Hugh Grant, en pointillé pendant la majeure partie du récit, sorte de narrateur presque malgré lui, est ainsi complètement symptomatique du désir de Ritchie de revenir à quelque chose de plus épuré. Il se concentre à nouveau enfin sur les mots. Sur les phrases qui claquent et qui précédent parfois des explosions de violence frontale. Ritchie qui, s’il se régale (autant qu’il nous régale) en tissant une histoire aux multiples ramifications, parfois faussement complexe mais toujours fluide et agréable à suivre, pense aussi à régulièrement nous rappeler de quel bois il est fait en allant loin dans l’outrance graphique. The Gentlemen regorgeant de petits artifices malins et savoureux, qui contribuent à la classe de l’ensemble et nourrissent sa capacité à tenir en haleine sans discontinuer, de la première scène, dans ce magnifique pub anglais, à la dernière.

Il était une fois à Londres

Les errances plus ou moins (surtout moins) inspirées de Ritchie depuis Snatch nous avaient presque fait oublier à quel point il savait prendre soin de ses acteurs. Pour The Gentlemen, le réalisateur a ainsi tenu à s’entourer de la crème de la crème, offrant à chacun de ses comédiens une partition aux petits oignons, aussi délectable qu’un bon fish & chips agrémenté d’une pinte de bière. Non seulement superbement inspirée, la distribution de son film s’avère super excitante, chacun trouvant l’occasion d’à la fois exploiter ses qualités mais aussi de sortir de sa zone de confort. À commencer par Matthew McConaughey, l’américain expatrié au pays du pudding, qui fait preuve d’une prestance de tous les instants tandis que son personnage lui permet d’à nouveau s’affirmer dans un registre plein de nuances. Nouveau coup de maître pour le Texan. Hugh Grant quant à lui, trouve ni plus ni moins que l’un de ses meilleurs rôles. À contre-courant, facétieux, maîtrisant magnifiquement la moindre inflexion de son personnage, il donne la réplique à un Charlie Hunnam dans la retenue, excellent lui aussi. Même constat pour Colin Farrell, l’un des plus drôles du lot ou encore à Henry Golding. Sans oublier le génial Jeremy Strong, un transfuge de l’incroyable série HBO Succession, ici parfaitement servi et Michelle Dockery, seule femme ou presque, qui tire merveilleusement bien son épingle du jeu. Ballet de gueules, chassé-croisé d’égos agencé avec tact, délicatesse et goût, The Gentlemen, tout en portant bien son titre, sait aussi se jouer de nos attentes. Ce qui est valable concernant le casting et les attributions de chacun, mais aussi quant à la direction prise par le récit.

Ce film se montrant sans cesse plus généreux, étrangement confortable, furieusement drôle, assurément passionnant, et virtuose plus qu’à son tour au niveau du fond mais aussi de la forme. Guy Ritchie nous offrant ici ou là des morceaux de bravoure graphiques qui répondent par l’affirmative à la superbe photographie et au montage. Alors oui, c’est réussi. Et pas qu’un peu !

En Bref…

The Gentlemen marque le retour de Guy Ritchie au film de gangster. Un genre qu’il a jadis sublimé en se l’appropriant, créant de nouveaux standards, et auquel il offre aujourd’hui un nouveau classique. Aussi à l’aise quant il s’agit de nous balader 1h50 durant au fil des nombreux coups de théâtre d’un scénario tout sauf linéaire, que pour nous régaler avec des scènes d’action généreuses et inspirées, Ritchie sait aussi se montrer extrêmement drôle, subversif et facétieux, épaulé par un casting magnifiquement exploité. Le vrai tour de force que l’on n’attendait presque plus. Un film jubilatoire, savoureux, délectable qui au final, appelle, à l’instar de Snatch, de multiples visionnages. The King is back !

@ Gilles Rolland

The-Gentlemen-Colin-Farrell-Charlie-HunnamCrédits photos : SND

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