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Journal d’un futur rentier (67)

Publié le 31 mars 2020 par Chroom

Quel paradoxe. En temps normal, j’aurais été enchanté de ne pas avoir à me rendre sur ma place de travail tous les jours de la semaine. D’un certain point de vue, je pensais que le télétravail devait s’apparenter plus ou moins à la vie de rentier. Tu t’organises et tu t’habilles comme tu veux, tu n’as pas à jouer la comédie vis-à-vis de tes collègues et de ton chef, si tu veux faire la gueule tu peux y aller sans retenue… Bref, sur le papier, c’est le pied. Oui mais voilà, le monde du travail arrive toujours à sortir gagnant de l’histoire. Car, oui, le télétravail c’est la flexibilité… pour l’employeur surtout. La quantité de courriels explose, la limite entre vie professionnelle et vie privée disparaît, les horaires de travail s’allongent, les pauses raccourcissent, le téléphone sonne encore et encore, les visio-conférences s’alignent, se chevauchent, s’entrechoquent, le calendrier est plein de rdv virtuels. Bienvenue dans le monde du travail 2.0, bienvenue dans l’univers des informaticiens et des start-ups. Et grâce au virus chinois, t’as en plus les moutards dans les pattes et c’est le concours de celui qui crie plus fort dans la maison.

D’ordinaire on me considère comme étant plutôt ouvert d’esprit, mais là je dois dire que le télétravail à la mode Covid aurait plutôt tendance à me faire rejoindre le club des vieux cons réacs. Alors que j’avais réussi à substantiellement augmenter ma qualité de vie ces dix dernières années grâce à mes investissements et une diminution notable du temps consacré à mon activité lucrative, j’ai l’impression d’avoir fait un brusque retour en arrière ces dernières semaines. Certes, c’est supposé être provisoire, mais je crains fort que le mouvement est lancé et ça m’étonnerait beaucoup qu’on revienne exactement au point où on était encore au début de cette année. Bien évidemment, on va retourner travailler physiquement au bureau dès que le virus chinois se sera un peu calmé. Ce n’est pas ça le problème. Le souci, c’est qu’on a tous pris un peu de ce bureau à la maison et que c’est bien parti pour durer, même quand la crise sera passée. Là je dois dire bravo. Je m’incline. Grâce au Covid, le monde du travail a réussi à universaliser une pratique qui n’était partagée jusqu’ici que par une petite minorité. Je ne parle pas du télétravail, mais de cette absence de coupure entre vie privée et vie professionnelle. Avant, ce sont surtout les cadres et les informaticiens qui étaient concernés. Aujourd’hui ce sont la majeure partie des collaborateurs. Conséquence : une augmentation significative des flux (courriels et téléphones) en dehors des heures habituelles, par exemple tôt le matin, à midi, le soir et le week-end.

Voilà qui me donne encore une autre bonne raison (mais était-ce nécessaire ?) de quitter au plus vite cette gigantesque farce planétaire qu’est le travail. Vive l’indépendance, vivent les dividendes !


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