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Exposition «Où est la différence ? » – Meymac

Publié le 26 juin 2020 par Philippe Cadu @ContempodeLArt

Du 4 juillet au 11 octobre 2020

www.centre-art-contemporain-meymac.com

Parité, complémentarité, statuts, genre, sont au coeur des débats. Prenant la balle au bond sous la forme d'une question, l'exposition jouera sa partition avec des œuvres et des créations in situ dialoguant en binôme.

Avec les artistes Amélie Bertrand, Céline Cléron, Delphine Coindet, Justine Emard, Olivier Garraud, Pierre-Jean Giloux, Camille Goujon, Guillaume Leblon, Saverio Lucariello, Marie-Claire Mitout, Alexander Nolan, Bernard Quesniaux, Sophy Rickett, Andreas Schulze, Heidi Wood.

La question est énigmatique, sans volonté polémique.De quelle différence s'agit-il ? Celle du genre dans le domaine des arts plastiques.
Cette question (on parlait jusqu'alors de sexe, ce qui renvoyait implicitement à une dimension génétique, oublieuse de ses développements culturels) devient récurrente.

S'intéressant à un travail pour ce qu'il apporte en termes de réXlexion, de pertinence, de sensibilité et d'inventivité, nous nous en sommes, jusqu'à aujourd'hui, assez peu préoccupés.
L'oeuvre vaut par ce qu'elle communique, plus qu'à cause de l'identité (au sens large) de son créateur. L'équilibre d'un projet s'établit sur ce plan, dans un sens ou dans l'autre (plus de femmes ou plus d'hommes) selon le thème abordé, sans se soucier d'une parité. Une chose est la sympathie pour des créateurs qui à chaque instant prennent le risque de ne pas être compris, une autre est le regard critique qui garde la distance et compose un projet plus en médiateur qu'en inXluenceur, n'agissant pas seulement en fonction de ses savoirs, de ses
afXinités et de ses goûts, mais en pensant aussi aux publics à qui il s'adresse.

Il reste que la question est posée aujourd'hui avec de plus en plus d'insistance et de force.

Entre les artistes, les différences de style, de créativité, de qualité, d'ambition, de pertinence sont nombreuses. Elles dépendent de leurs centres d'intérêt, des médiums qu'ils privilégient, de leurs tempéraments, de leurs histoires, de leurs environnements culturels et, sans doute peut-on le reconnaître, de préoccupations, de sensibilités, voire de manières d'aborder un thème (tant par son contenu que dans son esthétique) selon que l'artiste est une femme ou un homme.

Ce ne sont pas ces différences qui font le quotidien de la critique qui sont visés dans ce projet d'exposition. La question est plus radicale, bien que sous-jacente et jamais dite. La différence à rechercher est dans un jugement global porté sur les travaux en termes d'intérêt et de maîtrise des projets. En d'autres termes de la reconnaissance d'une égalité des talents.

Convaincus par cette évidence, nous posons le problème à notre manière, par l'absurde. D'où le concept de cette exposition de proposer sept binômes femmes/hommes, d'artistes dont les oeuvres nous semblent équivalentes en termes de maîtrise et d'intérêt et qui ont des préoccupations et/ou des proximités formelles. Les photographies de femmes pissant debout comme des hommes dans l'espace public de Sophy Rickett sont le Xil rouge de cette exposition.

Libre à chacun de regarder les oeuvres pour elles-mêmes et pour ce qu'elles apportent, de se poser (ou non) la question de ses préférences pour des raisons fatalement multiples et probablement la plupart du temps à côté de la question posée.

Commissariat : Caroline Bissière & Jean-Paul Blanchet

Abbaye St André Centre d'art contemporain Place du Bûcher 19250 Meymac Tél. : 05 55 95 23 30 du mardi au dimanche de 14h à 18h

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