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Mes citations littéraires préférées #15

Publié le 27 octobre 2020 par The Cosmic Sam @thecosmicsam

L’automne est bien installé, les journées sont de plus en plus courtes, les bars sont fermés : c’est l’excuse parfaite pour se glisser confortablement sous un plaid avec une tasse de café fumant et un bon livre. C’est ce que j’ai fait tout ce mois d’octobre et j’en ai, naturellement, profité pour relever une nouvelle fournée de citations qui m’ont plu afin de les partager avec vous.

Vous avez été plusieurs à m’indiquer que ce format d’article vous plaisait et vous donnait un petit aperçu des livres. Je poursuis donc sur ma lancée avec cette 15ème édition.

Mes citations littéraires préférées #15

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« Vous m’avez toutes les deux indirectement appris que les cicatrices accumulées et passées sous silence au fil de batailles gagnées font souvent plus mal que les batailles perdues ».

Kiese Laymon – « Balèze » (mon avis sur le livre ici)

« Ce jour là j’ai saisi la complexité de l’amour qui nous liait. Nous étions noirs, de deux générations extrêmement différentes, mais j’étais ton enfant. Nous avions les mêmes cuisses robustes, les mêmes bras courts, les mêmes joues rebondies, les mêmes intestins en vrac, le même imaginaire tordu. Nous savions travailler jusqu’à l’épuisement, nous bidonner avant de nous arrêter net. Nous savions dissimuler et brouiller les pistes, jurer haut et fort être nus quand nous étions habillés. Notre cuir était si épais. Mais une fois touchés, nous nous lancions éperdument dans le combat, sans plan de sortie. Peu importait à quel point nous étions terrifiés ou blessés, jamais nous n’osions demander l’aide de personne. Nous bouillonnions. Nous nous souvenions. Nous haletions tels deux mastodontes. Nous en voulions aux témoins de notre souffrance. Nous nous préparions au prochain désastre, convaincus – sans la moindre preuve – que nous étions indestructibles ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« Dos à la chambre de Daryl, je me suis demandée s’il existait un monde dans lequel les gens seraient heureux au début de l’histoire et tristes à la fin. « Gaitriste », sans espace ni trait d’union était le terme que j’employais intérieurement. Raconter des histoires gaitristes sur ce qui venait de se produire était en vérité la seule chose que savaient bien faire les grands chez Beulah Beauford. Qu’elles soient vraies ou fausses importait peu. Il fallait qu’elles soient bonnes. Les bonnes histoires semblaient honnêtes. Les bonnes histoires comportaient toujours une part de mystère ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« Il faut que tu sois deux fois plus excellent et deux fois plus attentif à partir de maintenant. Tout ce que tu croyais savoir change demain. C’est parce que tu seras deux fois plus excellent que les Blancs que tu pourras obtenir la moitié de ce qu’ils ont. Tu as compris ? Si tu es en dessous, tu vivras l’enfer ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« Une bonne question, as-tu ajouté, vaut toujours mieux qu’une réponse banale ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« Pour la première fois de mon existence, j’ai compris que dire la vérité n’avait rien à voir avec le fait de toucher à la vérité. Pour toucher à la vérité il fallait essentiellement relire et réarranger les mots. Relire et réarranger les mots ne nécessitait pas seulement d’avoir du vocabulaire ; il fallait de la volonté, et peut-être du courage. Revoir l’agencement des mots revenait à revoir des modes de pensée. Revoir des modes de pensée façonnait la mémoire d’une certaine manière. Je savais, en me replongeant dans tous ces mots, que les souvenirs étaient là. Il me fallait simplement réorganiser, ajouter, enlever, soustraire, observer, et passer au crible jusqu’à trouver le moyen de libérer ma mémoire ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« J’ai compris pour la première fois ce jour-là que Coach Schitzler, comme la plupart des hommes noirs adultes que je connaissais, tendait à mettre le feu à l’esprit des gens avant de s’ériger en seul être capable d’apaiser le brasier ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« Oublie d’être bon, m’as-tu lancé. Sois parfait. Sois fabuleux ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« La première phrase du livre m’a démontré que les premières phrases pouvaient être de véritables montagnes russes conçues pour nous sur mesure. Je l’ai relue. Puis, écrite. Bambara empruntait ce qu’il y avait de mieux chez Welty et créait des mondes dans lesquels personne n’était blanc mais où chacun – d’une façon ou d’une autre – était bizarre, magnifique, légèrement toqué, et cent pour cent noir. La négritude, dans toute sa splendeur et sa platitude, donnait son contexte historique et imaginaire au travail de Bambara. Telle était la liberté à laquelle j’aspirais, sur et en dehors de la page. Je voulais écrire quelque chose un jour qui commencerait avec ce genre de première phrase et je voulais que l’on m’écrive pour le restant de mes jours ce genre de première phrase ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« J’ai écouté les silences, les répétitions, les ellipses dans leurs histoires autant que les douleurs et autres transformations de leurs corps ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« Je ne voulais plus flotter vers, sous ou entre les étoiles orangées de notre galaxie si notre galaxie était le Mississippi. Je voulais regarder le Mississippi depuis d’autres étoiles et ne jamais plus y mettre les pieds ».

Kiese Laymon – « Balèze »

« On est tous brisés, ai-je affirmé. Parmi les gens brisés, il y en a qui font tout ce qu’y peuvent pour pas briser les autres. Si on est brisés, je me demande si on pourrait pas être ce genre de personnes à partir de maintenant. Je crois que c’est possible d’être brisé et de demander de l’aide sans briser les autres ».

Kiese Laymon – « Balèze »

Mes citations littéraires préférées #15

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« Quand je faisais du sport, y avait un bon pote à moi, un flic aussi, qui m’disait souvent que les policiers, c’était des délinquants qui avaient bien tournés ».

Valentin Gendrot – « Flic » (mon avis sur le livre ici)

« Réfléchir revient à désobéir ».

Valentin Gendrot – « Flic »

Mes citations littéraires préférées #15

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« Elle et Marnes trouvèrent leur rythme de croisière, chaque pied déjà tendu vers la marche suivante, une sorte d’effondrement des os, de résignation à la gravité, se laisser tomber sur ce pied, glisser al main, tendre la canne, recommencer ».

Hugh Howey – « Silo » (mon avis sur le livre ici)

« Il était rayonnant d’assurance. Même dans l’obscurité, son sourire projetait des ombres ».

Hugh Howey – « Silo »

« C’était un homme facile à deviner, une de ces personnes qui vieillissent de partout sauf du coeur, un organe qu’il n’avait jamais usé parce qu’il n’avait jamais osé s’en servir ».

Hugh Howey – « Silo »

« Il rit dans sa barbe. C’était la première chose naturelle qu’elle le voyait faire et Jules se dit qu’il avait dû beaucoup rire au cours de ans. On riait soit pour rester sain d’esprit, soit parce qu’on avait renoncé à le rester. Mais dans les deux cas, on riait ».

Hugh Howey – « Silo »

« On passe notre temps à employer des mots sans vraiment les comprendre ».

Hugh Howey – « Silo »

Mes citations littéraires préférées #15

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Verdict ? Certaines de ces citations vous ont donné envie de lire les ouvrages dont elles sont issues ? Est-ce que, vous aussi, vous avez tiré avantage des dernières journées pluvieuses pour faire de jolies découvertes littéraires ? 

Crédit photo de couverture : L&T


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