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[Critique] THE HAUNTING OF BLY MANOR

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] THE HAUNTING OF BLY MANOR

Titre original : The Haunting of Bly Manor

Note: ★★★★½

Origine : États-Unis

Créateur : Mike Flanagan

Réalisateurs : Mike Flanagan, Ciarán Foy, Liam Gavin, Yolanda Ramke, Ben Howling, Axelle Carolyn, E.L. Katz.

Distribution : Victoria Pedretti, Oliver Jackson-Cohen, Amelia Eve, T’Nia Miller, Rahul Kohli, Tahirah Sharif, Amelie Smith, Benjamin Evan Ainsworth, Henry Thomas, Kate Siegel, Catherine Parker, Alex Essoe, Carla Gugino, Greg Sestero…

Genre : Épouvante/Horreur/Drame/Adaptation

Diffusion en France : Netflix

Nombre d’épisodes : 9

Le Pitch :

Dani Clayton, une jeune américaine, se voit confier le travail de gouvernante auprès de deux enfants vivants dans le manoir de Bly, au cœur de la campagne anglaise. Rapidement, les phénomènes étranges se multiplient. Sujette à d’inquiétantes visions, Dani est de plus en plus troublée par l’atmosphère qui règne dans cette intimidante demeure, mais aussi par le comportement parfois inquiétant des enfants dont elle a la charge…

La Critique de The Haunting of Bly Manor :

Alors que la première saison de cette série anthologique s’imposait telle une adaptation libre du roman Maison Hantée de Shirley Jackson, la saison 2 suit globalement la trame de Le Tour d’écrou, d’Henry James. Et si le showrunner Mike Flanagan a bien sûr opéré quelques changements, on retrouve néanmoins plusieurs personnages comme les enfants Miles et Flora, la gouvernante ou encore Peter Quint, le majordome. Des protagonistes soumis, d’une façon ou d’une autre, à l’influence d’une force résidant au sein de cette immense propriété au centre de laquelle trône Bly Manor… Alors qu’en est-il ? Si The Haunting of Hill House avait assis Mike Flanagan, que l’on avait déjà largement remarqué au cinéma, comme l’un des nouveaux maîtres de l’horreur contemporaine, ce deuxième acte, sans aucun rapport avec le premier (si ce n’est la présence de quelques acteurs communs aux deux projets), se montre-t-il à la hauteur des énormes attentes ?

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La maison du lac

Au centre de toutes les attentions, à plus forte raison quelques mois après la sortie de son (globalement) apprécié Doctor Sleep, Mike Flanagan n’avait pas vraiment droit à l’erreur. Paradoxalement, les attentes suscitées ne pouvaient pas non plus lui assurer le même plébiscite que pour Hill House. Il ne tenait donc qu’à lui de tenter de reproduire la même recette ou de la bouleverser totalement en essayant de se couper des espérances dont il était l’objet. Heureusement, il a choisi la deuxième option. The Haunting of Bly Manor ne jouant absolument pas la redite. Le plus beau étant que Flanagan, remarquablement entouré, a aussi pris une somme considérable de risques, sortant quelque-peu du registre purement horrifique, de façon encore pus marquée que pour Hill House, afin de proposer non pas un pur trip d’épouvante dans l’air du temps, mais une authentique tragédie surnaturelle d’une tristesse insondable. Les fantômes, apparitions et autres spectres étant ici surtout exploités pour leur capacité à mettre en exergue des sentiments et des regrets.

Le manoir aux 1000 fantômes

Il y a néanmoins une chose que Hill House et Bly Manor partagent : l’excellence de la mise en images. À nouveau Mike Flanagan impressionne. Épaulé par quelques réalisateurs de talent, dont le toujours recommandable Ciarán Foy (Citadel), il nous plonge encore une fois dans une ambiance dans laquelle il est facile de se laisser couler. Prenant pied dans un cadre magnifique, au sein d’un manoir idéalement exploité pour faire naître l’effroi, superbement éclairée et filmée, la série s’impose sans mal comme une sublime fresque aux éloquents accents gothiques, qui encourage en permanence l’immersion. Flanagan et son équipe faisant également preuve d’un sens du détail assez inouï. De quoi encourager à n’en pas douter plusieurs visions tant cette application est aussi lisible dans le scénario, complexe mais coulant pourtant de source.

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L’approche de Flanagan étant plutôt exigeante. À plus forte raison si on compare Bly Manor (mais c’était déjà le cas avec Hill House) aux productions récentes qui cherchent la facilité et les jump scares. Ici, point de raccourcis. La priorité est donnée aux personnages, à la construction des ambiances, aux dialogues… D’où la frustration exprimée par certains spectateurs qui regrettent l’absence de scènes vraiment horrifiques. Car au fond, la peur, ici, se mérite. Comprendre par là que les séquences de pure épouvante ne peuvent vraiment fonctionner que si on est pleinement dans l’histoire. Seulement si on se laisse porter par le récit. Bly Manor réservant des séquences véritablement effrayantes mais jamais gratuites. Les frissons ne venant jamais seuls mais accompagnés d’une mélancolie prégnante qui rend l’ensemble si unique.

Fantômes contre Fantômes

Proche, de par ses intentions et son approche graphique, d’œuvre comme Les Autres, The Haunting of Bly Manor prend des airs de conte classique. Histoire d’amour avant conte d’émouvante, dissertation poignante sur le deuil, les regrets, la famille et l’enfance, cette seconde saison va plus loin que la première en cela qu’elle se permet des prises de risque encore plus audacieuses. Encore une fois en sortant des sentiers rabattus de l’horreur pure et dure mais aussi en empruntant des directions plutôt inattendues dans sa narration. La série prouvant véritablement sa valeur à la fin, quand tout se rejoint et que l’histoire retombe admirablement sur ses pattes, au terme d’un final déchirant, après une montée en puissance dévastatrice à bien des niveaux.

Les acteurs bien sûr, ne sont pas étrangers à cette nouvelle éclatante réussite. Que ce soit ceux que l’on avait déjà vu dans Hill House, comme la magnifique Victoria Pedretti, dont le regard incarne cette détresse au cœur de l’histoire, l’intense Oliver Jackson-Cohen ou encore Henry Thomas (le fameux Elliott d’E.T.). Les nouveaux n’étant pas en reste, à commencer par l’intense T’Nia Miller (découverte dans Years and Years l’année dernière), Rahul Kohli et les enfants Amelie Smith et Benjamin Evan Ainsworth, tous les deux parfaits. Bien sûr, il serait injuste de ne pas mentionner la toujours impeccable Carla Gugino et Amelia Eve, l’une des révélations du show. L’apparition de Greg Sestero (le Hi Mark ! de The Room) est aussi appréciable.

Des comédiens en phase les uns avec les autres, mais aussi avec le récit, dont le talent contribue à rendre la série captivante de bout en bout. Que ce soit lors des moments clés ou des épisodes charnières ou dans ces quelques instants de flottement, où Mike Flanagan prend son temps pour nous permettre de pleinement apprécier dans sa globalité cette œuvre dense face à laquelle il est bon de s’abandonner.

En Bref…

Fresque gothique exigeante, à la beauté crépusculaire, The Haunting of Bly Manor n’est certes pas aussi facile d’accès que The Haunting of Hill House. Peut-être pas aussi effrayante non plus à vrai dire. Mais ce qu’elle perd en frissons, elle le gagne indéniablement en émotion. Cette tragique histoire d’amour hors du temps étant traversés d’authentiques morceaux de grâce, mue par une émotion prégnante. Un nouveau tour de force.

@ Gilles Rolland

the-haunting-of-bly-manor-victoria-pedrettiCrédits photos : Netflix
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