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24 Hour Party People - Michaël Winterbottom (2003)

Par Oreilles

Manchester, 1974, un concert où sont présentes 42 personnes exactement. Dans le public, les futurs Buzzcocks et futurs New Order. Sur scène, les Sex Pistols. Tony Wilson, sous les traits de l’excellent Steeve Coogan, observe et commente. Il sera le fil conducteur de ce film hybride à cheval entre la fiction et le documentaire. Oui le personnage a bien existé et oui les anecdotes relatées ici sont vraies (le contrat signé au sang, devenu légende urbaine), mais Steeve Coogan, qu’on adore ou qu’on déteste se permet ici quelques détours purement imaginaires grâce au réalisateur anglais Michaël Winterbottom. Relativement peu salué par les critiques, 24 Hour joue la carte de la parodie genre Spinal Tap et vise même un cran plus haut, invoquant un humour anglais que l’on croyait disparu, typiquement Monty Python (la scène du bombardement de pigeons morts sur fond de Wagner, la scène de l’ovni, celle du clochard…).
Le fait est qu’il est assez jubilatoire de découvrir ou redécouvrir l’histoire, et surtout les détails, d’une époque charnière, où comme ultime symbole, le compagnon de Tony arrache des murs de sa chambre les posters des Pink Floyd dont la musique devenaient bien trop sophistiquées. Le réalisateur, par un habile jonglage entre noir et blanc et couleurs criardes filme en numérique et à l’épaule (sans être vomitif) des scènes jubilatoires chargées en références rockologiques et en images d’archive. Siouxie, Lou Reed, Iggy, les Jam, les Stranglers, les Stones Roses, les Fall, tous sont de la partie. On y voit Tony fonder le label Factory Records et consacrer ses économies (ainsi que celles des Happy Mondays) à l’Hacienda, salle de concert qui devient petit à petit l’une des toutes premières discothèques d’Angleterre. D’où une scène où Tony nous explique la naissance de la dance musique, où comment passer des Clash à OMD en quelques années. Mais plus que tout, et avec le recul de Control d’Anton Corbijn, c’est la partie Joy Divison qui impressionne le plus, avec un Sean Harris interprétant Ian Curtis au moins aussi bien que Sam Riley l’année dernière. Bien que l’on insiste un peu trop sur le côté néo fasciste du groupe, plusieurs scènes clefs (le suicide, la découverte du premier montage de "I lost control") sont fascinantes. Le temps passe à deux mille à l’heure, on rit, on apprend et ça donne envie de ressortir ses vieux disques. Que demande le peuple ?
En bref : Un docu fiction indispensable à tout fan de musique 80’s et d’humour anglais.
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A lire aussi : The Flaming Lips, The Fearless Freaks - Bradley Beesley (2006)
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La bande annonce :
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