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Le Chêne de Flagey - Gustave Courbet (1819-1877)

Par Helmous
Le chêne de Flagey, situé dans un village proche d'Ornans, dominait la région franc-comtoise. Cet arbre majestueux incarne la force de ce peintre, réputé pour son égocentrisme. Même après avoir délaissé les autoportraits, Gustave Courbet a utilisé des éléments naturels pour se représenter tel qu'il se voyait.

Le Chêne de Flagey - Gustave Courbet (1819-1877)

Le Chêne de Flagey, Huile sur toile, 89×110cm, (1864) - Murauchi art Museum, Tokyo


Le Chêne de Flagey - Gustave Courbet (1819-1877)

Gustave Courbet

Gustave Courbet, né le 10 juin 1819 à Ornans, près de Besançon (Doubs), et mort le 31 décembre 1877 à La Tour-de-Peilz en Suisse, est un peintre français, chef de file du courant réaliste. Son réalisme fit scandale.
En 1841, Gustave Courbet quitta sa ville natale d'Ornans pour commencer des études de droit à Paris et suivre des cours de peinture. Encouragé par son père, il abandonna bientôt le droit pour entreprendre une carrière artistique. Après avoir essuyé plusieurs refus, il exposa pour la première fois au Salon de Paris en 1844 avec un autoportrait, L'Homme au chien.
Les événements de 1848 l'incitèrent à retourner dans sa province natale où il peignit la même année ses deux chefs-d'œuvre les Casseurs de pierres et l'Enterrement à Ornans. Les toiles d'un réalisme poignant illustraient sans équivoque la réalité de la vie paysanne et rompaient avec la nature idéale et la peinture allégorique des écoles néoclassique et romantique.
La détermination de Courbet à peindre la vulgarité du monde populaire fit scandale au Salon de 1850 et déchaîna de violentes polémiques dans la monde de l'art. Aprement critiqué, Courbet exécuta en vue de l'Exposition Universelle de 1855 sa magistrale composition de l'Atelier du peintre qui fut refusée par le jury. Il monta alors sa propre galerie aux abords de l'Exposition, dans un baraquement baptisé Pavillon du Réalisme mais cette initiative, réitérée en 1867, fut un échec total.
Méprisée en France, son oeuvre trouva un certain écho en Europe où les peintres saluèrent la nouvelle liberté artistique inspirée par Courbet. Mais la guerre franco-prussienne et ses conséquences politiques aggravèrent la situation de l'artiste qui avait participé activement à la Commune de 1870. Il fut arrêté en 1871, accusé à tort par le tribunal militaire d'avoir renversé la colonne Vendôme et condamné à payer pour sa restauration et à effectuer six mois de prison. Bouc émissaire d'une cause perdue, il sortira de l'épreuve ruiné et malade. L'année suivante, tous ses biens ­ y compris ses tableaux ­ furent confisqués par le gouvernement pour financer la reconstruction de la colonne.
Par solidarité avec ses compatriotes exilés de la Commune de Paris, Courbet refusa toujours de retourner en France avant une amnistie générale. Sa volonté fut respectée et son corps fut inhumé à La Tour-de-Peilz le 3 janvier 1878, après son décès survenu le 31 décembre 1877, en suisse. Sa dépouille a été transférée à Ornans en 1919.
Scandale, mythes de la rupture et modernité
Rares sont les artistes qui ont, davantage que Courbet, construit leur carrière grâce à la stratégie du scandale. Plusieurs événements jalonnent clairement cette construction : le Salon de 1850-1851, l'exposition de La Baigneuse au Salon de 1853 — qui suscite un emportement critique sans précédent dans la plupart des périodiques de l'époque. L’artiste s’est trouvé pris entre des feux contradictoires qui ont considérablement nourri son image de peintre insoumis et frondeur.
Les discours critiques ont interprété les œuvres du peintre de manière parfaitement antinomique. Tandis que les détracteurs (Edmond About, Charles Baudelaire, Cham, Théophile Gautier, Gustave Planche…) stigmatisent une peinture réaliste qui corrompt l’ordre du monde et le précipite vers le déclin en promouvant la laideur et le vice, ses défenseurs (Alfred Bruyas, Pierre-Joseph Proudhon, Émile Zola) considèrent qu’elle est plus sincère, capable de véhiculer esprit d’indépendance, liberté et progrès.
Courbet entre dans le débat et le relance, en bon tacticien médiatique: il fait paraître une "lettre ouverte" dans la presse où il affirme qu'il n'a "jamais eu de maître", qu'il est "l'élève de la nature". La peinture de Courbet et sa réception à l'époque se trouvent au cœur d'une entrée dans l'âge démocratique de l'art et la constitution de ce qu'Habermas désigne comme "l'espace public".

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