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Jean-jacques rousseau : du contrat social

Par Abdesselam @abdesselam
JEAN-JACQUES ROUSSEAU : DU CONTRAT SOCIAL

JEAN-JACQUES ROUSSEAU : DU CONTRAT SOCIAL

Du contrat social est un livre majeur de Jean-Jacques Rousseau où il y exprime toute la profondeur de sa pensée politique. Rousseau part des constats suivants :

– Les hommes naissent libres, mais finissent dans les chaînes.

– Aucun humain n’a naturellement de pouvoir légitime sur un autre être humain.

En se basant sur ces deux constatations Rousseau voudrait savoir à quel moment l’être humain a perdu sa liberté. Pour cela il fait appel à sa fiction, l’état de nature. J’ai déjà abordé ce sujet ici :

https://c4infinity.wordpress.com/2021/02/09/letat-de-nature-selon-jean-jacques-rousseau/

Je vous en fais un bref résumé. Jadis les hommes vivaient dans un état de nature, ils étaient dispersés et ne se rencontraient que rarement. Ces premiers hommes avaient trois vertus :

– La liberté comme la faculté de s’écarter de son instinct naturel.

– L’amour de soi qui est la mise en jeu de toutes les actions visant à préserver l’intégrité de l’être humain. Cette intégrité concerne également sa liberté, et tout ce que l’homme mettra en œuvre pour éviter de tomber dans l’asservissement. Rousseau précise qu’il ne faudrait pas confondre l’amour de soi avec l’amour-propre. L’amour-propre correspond aux égoïsmes qui ont pour but final d’usurper ce qui appartient aux autres dans le but de les asservir pour satisfaire sa vanité.

– La bonté, la pitié, qui est un sentiment naturel chez ces premiers hommes. Ce sentiment ne correspond pas à la pitié telle qu’elle connue par les philosophes et les intellectuels contemporains. Elle correspond aux faits que l’humain comprend la souffrance des autres et fait en sorte qu’il ne la lui inflige pas.

Par la suite les humains vont devenir de plus en plus nombreux, se regrouper dans de petites collectivités. Il n’y a toujours pas de chef ; elles sont régies par des lois communes. Toutefois, selon Rousseau, tout va basculer le jour où un homme par amour-propre va décréter qu’un bout de terre lui appartient et que tous les fruits dérivants des arbres qui s’y trouvent lui appartiennent de même. Malheureusement, aucune autre personne n’a osé défier l’usurpateur et lui dire que le lopin de terre ainsi que les arbres fruitiers appartiennent à tout le monde. En ce sens, ils ont abandonné l’amour de soi, la liberté et même la bonté naturelle. C’est la naissance de la propriété privée, avec ses graves conséquences : naissance du salariat, des riches et des pauvres, et de graves conséquences telles que les guerres.

Les gens qui vivaient dans cette communauté primaire, qui rappelle le mode de production asiatique de Karl Marx, auraient dû forcer ce premier usurpateur à respecter les règles communes et en cas de refus, soit l’emprisonner, soit le bannir, soit l’éliminer. Nous sommes dans le cœur même du Du Contrat Social de Jean-Jacques Rousseau.

La question que l’on peut poser à Rousseau est la suivante : puisque l’homme est libre naturellement ; et puisqu’aucun être humain n’a de pouvoir naturel sur un autre être humain, comment faire cohabiter, dès lors, dans un contrat social, liberté et pouvoir ?

La réponse de Jean-Jacques Rousseau et la suivante, c’est la Volonté Générale. La volonté générale est la somme de toutes les actions qui vont dans la direction de la bonté, de la liberté et de l’amour de soi. C’est-à-dire, que par la volonté générale, on va faire des lois bénéfiques pour tout le monde sans léser personne. Toutefois, précise Rousseau, il y a de même la Volonté de Tous qui est la somme de toutes les actions qui ont tendance à mettre en jeu l’amour de propre, c’est-à-dire, l’égoïsme personnel qui consiste à dire, par exemple, que ce lopin de terre m’appartient ainsi que les arbres fruitiers qui s’y trouvent.

La Volonté Générale et la Volonté de Tous se ressemblent tellement qu’on peut les confondre. Rousseau propose un personnage qu’il appelle le Législateur. Ce personnage, par la force de son caractère, par sa volonté, par sa bonté, va faire en sorte que la Volonté Générale l’emporte sur la Volonté de Tous.

Toutes les lois qui seront effectuées par le Prince, par le Souverain, qui est une façon de désigner le peuple, par la volonté générale, doivent être respectées, puisque ce n’est qu’avec ces lois que l’être humain se préservera des égoïsmes, de la propriété privée, c’est-à-dire continue d’être libre.

Toutes les personnes réfractaires à ces lois seront forcées par la communauté et par la force de la volonté générale, à les respecter. Rousseau utilise la phrase on va les forcer à être libre.

Selon ce contrat social, l’homme abandonne sa liberté de l’état de nature pour retrouver une autre forme de liberté dans la vie en communauté qui lui assure sécurité, entre autres. Briser cet équilibre, difficile à obtenir, consiste à enfermer des nouveaux les humains dans la tyrannie. Et pour éviter pareille extrémité, le Souverain, c’est-à-dire le peuple, c’est-à-dire la volonté générale, doit être impitoyable allant jusqu’à l’élimination pure et simple des individus rebelles.

Voici donc, pour l’essentiel, le principe directeur du Du Contrat Social. Je vous invite à consulter cet ouvrage qui écrit dans un français très clair, très beau, sans jargon.

Vous pouvez de même regarder mes vidéos consacrée à ce sujet en suivant les liens suivants :

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