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A l'image de Dieu

Publié le 05 mars 2021 par Anargala
A l'image de DieuJe me souviens de la première fois que j'ai fait l'expérience du "doigt qui pointe".

C'était à l'automne 1991, juste après le Bac, dans la revue 3e Millénaire. A l'époque, avant Internet et son indigestion d'informations, je savourais longuement tout ce qui me tombait dans l'âme. Du coup, je me souviens très bien des numéros de cette auguste revue, entre 1991 et 1999. Je me souviens en particulier de ce numéro, le 21, le premier que je me procurais à la FNAC des Halles, je crois. Je l'avais acheté pour l'article de Colette Poggi sur "la reconnaissance intérieure". J'avais découvert le shivaïsme du Cachemire depuis quelques années, je faisais du sanskrit, du tibétain et du tamoul à Langues'O. Je méditais tous les matins et faisais zazen tous les soirs. Sur mon coussin Srichinmoy acheté dans une boutique parisienne.  

Et donc, je tombais sur un article de Douglas Harding, dans lequel il parlais de dessiner une carte de Dieu. Cela m'avait fait profonde impression. Il y avait un dessin de doigt qui pointe, avec cette légende : "A mes lecteurs : Vous basant sur l'évidence de cet instant, vers quoi pointe ce doigt ?"

A l'image de Dieu

Bon "evidence" était mal traduit, qui signifie "preuve" en anglais, et non pas "évidence". Cette erreur est à moitié voulue, New Age oblige, mais à mon sens elle oblitère un peu la démarche résolument rationnelle qui est celle de Douglas Harding. Cependant, ce dessin fit quand même son œuvre. J'ai immédiatement apprécié cette démarche honnête et respectueuse de la raison, paradoxale et pleine d'humour. 

Je retourne mon attention, dans la direction de ce doigt, et je vois... aucun mot ne peut décrire ce qui se passe alors, car rien n'est vu, et pourtant... tout est vu. 

Cela fait maintenant 30 ans. Eh oui, le temps passe ! Mais ici, au centre, le temps ne passe pas. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien qui change. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien. Aucune forme, ni couleur. Seulement... une présence qui défie tout effort pour la définir et la comprendre. Et pourtant oui, c'est limpide. Et surtout, cette attention qui ne débouche sur rien, s'élance dans le silence, pour ainsi dire, telle une onde dans une eau claire et sans rivages. A la transparence de la vue répond le silence intérieur. 

Merci à Douglas Harding. Avec le temps, j'ai eu la joie de le rencontrer, d'échanger un peu avec lui, et de découvrir que nous partagions d'autres points communs, comme notre penchant pour la culture, pour l'esprit critique, notre amour de la mystique catholique et, surtout, un goût indestructible pour la liberté. 


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