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[Critique série] WANDAVISION – Saison 1

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] WANDAVISION – Saison 1

Titre original : WandaVision

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : États-Unis

Créateur : Jac Schaeffer

Réalisateur : Matt Shakman

Distribution : Elizabeth Olsen, Paul Bettany, Teyonah Parris, Kat Dennings, Randall Park, Kathryn Hahn, Evan Peters, Emma Caulfied…

Genre : Science-Fiction/Fantastique/Comédie/Adaptation

Nombre d’épisodes : 9

Diffusion en France : Disney +

Le Pitch :

Wanda Maximoff et Vision mènent le parfait amour dans une charmante banlieue tout droit sortie des années 50, entourés de leurs gentils voisins, dans une ambiance bon enfant. Un quotidien aseptisé qui ne tarde pas à soulever des questions chez Vision, qui remarque progressivement plusieurs anomalies dans cette routine si bien huilée. Et si le monde dans lequel il vit avec Wanda était une création de cette dernière ?

La Critique de la saison 1 de WandaVision :

La crise du coronavirus a mis à mal les plans de Kevin Feige, le grand patron de Marvel. Alors que l’aventure solo de Black Widow devait arriver dans les salles obscures en 2020, et donc inaugurer la nouvelle phase du MCU après le grand affrontement d’Avengers : Endgame et Spider-Man : Far From Home, rien ne s’est passé comme prévu. Des circonstances qui ont obligé Feige à se focaliser sur les séries mises en chantier sur Disney + et donc sur WandaVision, la première de ces super-productions censées un peu plus épaissir un monde déjà bien touffu. Et ce sont donc les curieuses aventures de la Sorcière rouge et de l’ex-Jarvis de Tony Stark qui ont lancé la phase IV, à la grande surprise de fans qui pour certains, ont largement été décontenancés par cette production il est vrai atypique…

Ma sorcière rouge bien aimée

Et c’est justement grâce à son originalité que WandaVision gagne des points dès son premier épisode. Ici, pas d’affrontements homériques ni de gros effets spéciaux. On retrouve Vision, que l’on pensait mort après sa rencontre avec Thanos, et Wanda, en noir et blanc, alors que des rires rythment leurs péripéties de banlieusards pas comme les autres. De quoi rappeler aux téléspectateurs les plus âgés les aventures de Samantha dans Ma Sorcière bien-aimée. Le générique va d’ailleurs dans ce sens. Tous les codes sont là. En cela, le premier épisode de WandaVision dénote d’un jusqu’au-boutisme assez audacieux. Un choix courageux qui, si on se fie aux nombreux commentaires déçus, n’a pas manqué de prendre à rebrousse poil de nombreux fans dans l’attente d’un spectacle plus raccord avec les films Marvel.

Par la suite néanmoins, les indices s’accumulent et tandis que chaque épisode calque sa dynamique sur un modèle de sitcom précis (d’abord Ma Sorcière bien-aimée puis ensuite, dans le désordre, Malcom ou The Office), la super-série du MCU raccroche peu à peu les wagons avec l’univers étendu que nous connaissons si bien. Le format de l’image change pour nous signifier que l’on sort de ce monde sous cloche que l’on imagine factice, et nous nous retrouvons dans la « réalité », dans ce monde post-Thanos, où les personnes jadis pulvérisées par le titan sont revenues à la vie. C’est d’ailleurs quand les intentions de départ, plutôt radicales, font la place à quelque chose de plus conventionnels, renouant avec des enjeux bien connus, que WandaVision trouve un peu ses limites.

wandavision-photo

Format hybride

Si progressivement, WandaVision rentre dans le rang, on ne saurait trop louer le courage dont le showrunner fait preuve en début de parcours puis par la suite, parvenant à régulièrement nous proposer des surprises enthousiasmantes. Les traditionnels easter eggs sont là mais pas seulement tant le show prend aussi garde à ménager ses effets, quitte à parfois louper un peu le coche. Le dénouement, très attendu, s’il s’avère en effet spectaculaire et pour le coup, tout à fait digne de ce que le MCU a proposé jusqu’à maintenant au cinéma, déçoit aussi un peu de par son caractère plus simpliste et prévisible. Néanmoins, et c’est ce qui sauve (et élève) WandaVision, l’émotion est au rendez-vous.

Il apparaît ainsi que tout ce que raconte la série s’articule autour du deuil et des regrets. Des thématiques plutôt sombres et adultes pour une série qui prend le contre-pied et tente de nouvelles choses, en plaçant au centre de son intrigue un personnage jusqu’à maintenant à peine effleuré pour en faire le pivot d’une authentique tragédie douce-amère. Curieusement toutefois, y compris quand les intentions de WandaVision s’avèrent claires, l’émotion en question peine à vraiment se faire aussi dévastatrice qu’espérée. Car on parle ici tout de même d’une femme au parcours difficile, qui après avoir tout perdu, tente de se reconstruire dans la douleur. On apprécie la démarche, l’écriture fait souvent mouche mais le résultat manque tout de même un peu d’éloquence.

Et c’est d’ailleurs peut-être le format hybride qui empêche WandaVision de vraiment sonner avec la puissance espérée. Le mélange des genres et des tonalités étant parfois un peu indigeste. Comme quand intervient un méchant bien connu des comics, sans lequel la série aurait peut-être gagné en simplicité et donc en fluidité.

Il n’est ainsi peut-être pas déraisonnable de penser que si les intentions de départ étaient admirables, WandaVision a par la suite souffert d’un désir de trop vouloir caser d’éléments. L’explication quant au pourquoi du comment convainc mais la mise en place des divers « blocs », au milieu d’un amoncellement de choses, nuit à la fluidité de l’ensemble et impacte au final cette émotion.

wandavision-Kathryn-Hahn

Love story sur petit écran

Bien heureusement, les acteurs tirent en permanence la série vers le haut. Que ce soit au début, quand celle-ci assume totalement ses choix ou à la fin, quand elle vient se raccrocher un peu maladroitement à la grande fresque du MCU, Elizabeth Olsen et Paul Bettany s’avèrent admirables. Deux comédiens dont l’alchimie avait à peine été exploitée au cinéma, qui ici, s’amusent visiblement à voyager dans la grande histoire des sitcoms. Kathryn Hahn s’imposant également comme l’une des forces vives de la série, elle dont le personnage s’avère beaucoup plus important que prévu.

Sorte de parenthèse à géométrie variable, tout d’abord surprenante, audacieuse, amusante et courageuse, WandaVision devient plus policée et calibrée, décevant un peu parfois mais se montrant toujours suffisamment généreuse et maîtrisée pour convaincre. Finalement assez loin de productions comme Les Agents du S.H.I.E.L.D, WandaVision ouvre la phase IV du MCU avec une bravoure qui, on l’espère, se retrouvera dans les autres shows à venir, à savoir Falcon et le Soldat de l’Hiver et Loki

En Bref…

Si elle s’avère beaucoup plus audacieuse et intrigante dans sa première partie, alors que la suite vient raccrocher les wagons avec le MCU non sans certaines maladresses, cette première (unique ?) saison de WandaVision s’impose néanmoins comme l’une des choses les plus atypiques et donc forcément les plus intéressantes, produites par Marvel, cinéma et télévision compris. Une aventure en forme d’hommage à tout un pan de la télévision américaine, baignée dans une ambiance hybride un peu déconcertante mais séduisante, portée qui plus est par d’excellents comédiens dont Elizabeth Olsen à laquelle on donne enfin la pleine opportunité de s’approprier son personnage…

@ Gilles Rolland

Wandavision-cast
Crédits photos : Disney Media Distribution critique Elizabeth Olsen Evan Peters fantastique Kat Dennings Kathryn Hahn Matt Shakman Paul Bettany Randall Park science-fiction Teyonah Parris WandaVision

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