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[Critique] WONDER WOMAN 1984

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] WONDER WOMAN 1984

Titre original : Wonder Woman 1984

Note: ★★★☆☆

Origine : États-Unis

Réalisatrice : Patty Jenkins

Distribution : Gal Gadot, Chris Pine, Kristen Wiig, Pedro Pascal, Connie Nielsen, Robin Wright, Kristoffer Polaha, Ravi Patel…

Genre : Fantastique/Aventure/Adaptation/Suite/Saga

Durée : 2h31

Date de sortie : 31 mars 2021 (VOD)

Le Pitch :

En 1984, Diana Prince vit parmi les humains, revêtant de temps à autre le costume de Wonder Woman pour des opérations ponctuelles de sauvetage. Employée au Smithsonian à Washington D.C., elle fait un jour la connaissance du Docteur Barbara Ann Minerva, une spécialiste des minéraux. Barbara qui lui fait part de sa dernière découverte : une pierre qui aurait le pouvoir d’exaucer tous les vœux. Tout d’abord plutôt suspicieuse, Diana se rend compte que ce pouvoir est bien réel alors que Maxwell Lord, un homme avide de puissance, parvient à s’en emparer…

La Critique de Wonder Woman 1984 :

Mainte fois repoussée, la suite de Wonder Woman a fini a trouver son chemin jusqu’à nous dans un contexte toujours extrêmement compliqué. Et c’est donc directement en vidéo, avant une sortie en DVD et Blu-ray, que le film arrive, auréolé d’une sale réputation… Alors que vaut ce retour de Diana Prince qui, cette fois-ci, se retrouve au cœur des années 80, aux prises avec non pas un seul mais deux ennemis ? On ne va pas vous mentir, ce n’est pas folichon. Néanmoins, pas de quoi crier au navet non plus…

Back to the 80’s

C’est la mode, maintenant, plein de films et séries se déroulent dans les années 80. C’est marrant et ça marche. On profite d’une ambiance particulière, on se moque gentiment de la mode, on ressort les synthétiseurs, le fluo et on table si possible sur des références fédératrices. Et c’est d’ailleurs en partie ce que fait Wonder Woman 1984 même si, et c’est une bonne nouvelle, il se montre plutôt sage de ce côté là. À vrai dire, l’époque à laquelle se déroule l’action est ici plutôt sans importance. Ok Chris Pine, revenu d’entre les morts par la magie d’un script aux fraises (on y reviendra), porte des sacs banane et l’histoire exploite vaguement le contexte « guerre froide » mais c’est tout. Cette étrange aventure aurait tout aussi bien pu se passer en 1995 ou en 2003 que ça n’aurait rien changé non plus.

Too much too soon

À la place de miser sur des références sûres et confortables, Patty Jenkins, la réalisatrice qui était déjà en poste sur le premier volet, préfère tenter d’adopter la tonalité naïve des comics et joue sur des codes visuels il est vrai un peu rétro mais finalement pas tant que cela. Plongées dans une ambiance qui apparaît avant tout factice, avec des décors qui semblent soit en carton pâte soit véritablement trop « numériques «  pour sonner vrai, les nouvelles tribulations de Wonder Woman possèdent un côté toc un peu embarrassant mais parviennent néanmoins à mettre en avant, de temps à autre, un parfum rétro assez conforme à celui des BD. Plutôt paradoxal. D’ailleurs, les paradoxes sont ici nombreux. Les effets-spéciaux par exemple, et ce malgré le budget conséquent, apparaissent brouillons et datés. On pense notamment à certaines scènes dans les airs, avec de vilaines incrustations, ou encore au combat contre Cheetah, qui ressemble à une cinématique pas super finie non plus. Une patte visuelle encombrante quand le film doit gagner sa légitimité. Il suffit de voir les seconds rôles qu’on croirait presque sortis d’un soap du genre Les Feux de l’amour et ces dialogues eux aussi écrits à la hache, pour s’en convaincre.

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Blockbuster anti-spectaculaire

C’est donc assez vite, et plus particulièrement au terme de la première grosse scène d’action, dans le désert, que le constat suivant s’impose : WW84 n’a rien de vraiment spectaculaire. Et non, le fait de le voir sur une télévision n’a rien à voir. Contrairement au premier volet, qui parvenait à véritablement iconiser son personnage central et à nous gratifier de vraies séquences visuellement impressionnantes (même si la fin était foirée), cette suite échoue à exploiter le côté « super » de son héroïne et rend anecdotique chacune de ses interventions. Oui on peut à la limite retenir deux ou trois petits plans plutôt sympas mais c’est bien tout. Le climax apporte d’ailleurs la cruelle conformation de cet état de fait : jamais Wonder Woman 1984 n’arrive à se hisser au niveau des canons contemporains du genre. Et non, ce n’est pas parce que Patty Jenkins semble en effet davantage lorgner vers les anciennes références, le Superman de Richard Donner en tête de liste, que ça justifie la chose. C’est un fait : Wonder Woman 1984 a loupé le coche du grand spectacle.

L’amour au lasso

Mais pourtant… Parfois, Wonder Woman 1984 arrive à sortir la tête de l’eau. Pas quand Diana Prince enfile son costume ou en vient à porter cette armure ridicule tout droit sortie du sanctuaire des Chevaliers du Zodiaque, mais quand l’émotion parvient à se faire un chemin. Gal Gadot en particulier, apparaît paradoxalement plus à l’aise avec son rôle ici qu’auparavant. L’alchimie avec la réalisatrice est indéniable et à l’écran, ça se voit. Plusieurs fois la comédienne se met à nue (pas au sens propre, on se calme) et dévoile une autre facette de son talent. Bizarrement, au milieu de cette bouillie numérique, Wonder Woman existe avec un peu plus d’épaisseur. Rien de très profond non plus mais il faut tout de même le souligner. Kristen Wiig aussi brille plus qu’à son tour. Au début tout particulièrement, avant que son personnage ne devienne vraiment un cliché sur pattes. Et Pedro Pascal ? C’est la caution comique. En roue libre, le comédien s’amuse et nous avec. Au fond, on ne saurait que trop le remercier et tant pis si son personnage ne représente jamais une authentique menace.

La faute à une histoire à coucher dehors, farcie d’invraisemblances et autres non sens. Un scénario qui se vautre dans le ridicule mais qui semble assumer. Là encore c’est assez bizarre. Un peu comme cette longueur excessive. 2H30 quand même ! Tout ça pour raconter un truc sans grand intérêt. Mais on ne s’ennuie pas. Le montage est nerveux et la rythmique plutôt soutenue. Non, vraiment, Wonder Woman 1984 est un film étrange. Un blockbuster super bancal mais sincère. À sa façon en tout cas…

En Bref…

Visuellement assez moche, mal fignolé et noyé dans la musique beaucoup trop présente et peu inspirée d’Hans Zimmer (pourquoi ne pas avoir rappelé Rupert Gregson Williams ?), Wonder Woman 1984 évite de très peu le naufrage total grâce à son casting investi (surtout Gal Gadot, née pour le rôle) et sa sincérité. Une suite forcément décevante, largement en dessous du premier volet, mais pas totalement ratée non plus…

@ Gilles Rolland

Wonder-Woman-1984-Gal-gadotCrédits photos : Warner Bros Pictures France
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