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Miramar de naguib mahfouz

Par Abdesselam @abdesselam
MIRAMAR DE NAGUIB MAHFOUZ

MIRAMAR DE NAGUIB MAHFOUZ

En général, les romans des auteur ayant eu un prix Nobel me déçoivent. Des romans souvent longs, insipides, voire mal écrit. Aussi, c’est avec prudence que j’ai commencé la lecture de Miramar de Najib Mahfouz. J’ai délaissé ses grands succès tels que l’impasse des deux palais, le passage des miracles. Il arrive que les œuvres jugées mineures par les critique littéraires soient les meilleures.

Je fus surpris par ce roman relativement court qui est en fait un huis clos. Un huis clos où un événement unique, l’arrivée d’une jeune fille dans la pension Miramar, est à chaque fois reprise avec la vision de personnages différents.

Najib Mahfouz à travers ce personnage féminin et jeune, par rapport à quelques autres très âgés, porte l’espoir du renouveau de Égypte. Mais au-delà de cette vision sociale et politique, Miramar est une admirable écriture dans un style à la fluidité naturelle. Ce sont surtout les deux premiers personnages qui donnent un aspect nostalgique à ce chef-d’œuvre.

Amer Wagdi un vieillard, ancien militant pour une démocratie égyptienne et pour la république, rencontra un protagoniste, tout aussi âgé, mais qui est attachée à l’ancien régime monarchique. Tout le génie de Najib Mahfouz est de nous faire revivre à travers les souvenirs de ces deux hommes, leurs amertumes, leurs regrets. Une page de l’Égypte se tourne, une autre commence avec la jeune fille, symbole d’une nouvelle génération. Je vous invite à découvrir ce livre dans une belle traduction en français par Fawzia Al Ashmawi Abouzeid. Je vous rappelle que le meilleur moyen d’acquérir un ouvrage est de l’emprunter à votre bibliothèque municipale.

EXTRAITS

Miramar commence par les pensées de Début de Amer Wagdi :

« Enfin, Alexandrie !

Alexandrie, rosée du matin, duvet de nuages blancs, croisement des rayons lavés à l’eau du ciel, cœur des souvenirs trempés de miel et de larmes.

Je me retrouve devant le grand immeuble comme devant un vieux visage gravé dans ma mémoire, je le connais bien, mais lui a le regard vague, il me regarde avec indifférence et ne reconnaît pas. La peinture qui couvre les murs s’est écaillée cahier l’effet de l’humidité. L’immeuble surplombe une langue de terre bordée de palmiers et de dattiers qui s’avance profondément dans la Méditerranée ; c’est là qu’on entend les coups de feu durant la saison de la chasse. Le vent frais et fort  courbe ma petite taille fragile et voûtée qui ne peut plus faire face comme au bon vieux temps.

 Mariana, ma chère Mariana, j’espère te retrouver comme je l’ai tant souhaité, dans ta citadelle historique, sinon que la paix soit sur moi. Il ne me reste plus beaucoup à vivre et la vie se répète bizarrement devant mes yeux fatigués surmontés de sourcils blancs fournis.

 Alexandrie, me voilà enfin de retour »

Pour décrire la déchéance de Marina la propriétaire de Miramar, Mahfouz use d’un style aussi concis que puissant. Mariana beaucoup perdu en raison de la révolution égyptienne.

« Elle répétait ces phrases avec la tristesse des nobles que la vie a humiliés. »

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