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Qu’est-ce une mémoire collective ?

Par Abdesselam @abdesselam
QU’EST-CE UNE MÉMOIRE COLLECTIVE ?

QU’EST-CE UNE MÉMOIRE COLLECTIVE.

En lisant les pensées de certains intellectuels, en parcourant quelques sites spécialisés abordant ce sujet, je me suis rendu compte qu’il y a une grande confusion entre mémoire collective, histoire collective, conscience collective. Il s’agit là de concepts qui sont fondamentalement différents même s’ils s’assemblent parfois.

L’élément principal, l’élément essentiel de la mémoire collective est qu’elle est spontanée. Autrement, elle devient une mémoire construite de toutes pièces pour des raisons idéologiques, politiques, ou autres.

Tout d’abord, examinons ce que c’est qu’une histoire collective. Mais interrogeons-nous sur ce qu’est une histoire tout court. L’histoire telle que nous la connaissons, et telle qu’elle est enseignée dans les lycées, universités est une collection d’événements. En général, on note tout, on archive tout, du fait que l’on ne sait si un événement, banal aujourd’hui, aura une importance capitale dans 10 ans, voire dans 100 ans. Toutefois, l’historien pour des raisons personnelles, des raisons idéologiques, peut mettre au premier plan un événement, ou au contraire passer sous silence un autre. C’est souligner qu’il faudrait aborder avec précaution la notion d’histoire collective.

Je vous propose un exemple d’une histoire collective.

En 1941, l’Allemagne nazie envahit la Russie de Staline. L’armée russe était faible du fait que Staline avait fait fusiller plusieurs généraux et hauts cadre militaires. Staline pour galvaniser les Russes fait appel à leur histoire ancienne. Histoire que, idéologiquement, il avait rejeté. Il fait donc appel à l’esprit de Boris Godounov tsar, Alexandre Nevski prince, Mikhaïl Koutouzov général vainqueur de Napoléon par la politique de la terre brûlée qu’il pratiqua. On peut dire donc que les Russes ont retrouvé une histoire collective.

Examinons maintenant ce que serait d’après moi une conscience collective.

L’exemple que je vous propose provient toujours de la Russie. Après la révolution bolchevique de 1917, le tsar Nicolas II abdique. Il sera ensuite emprisonné dans une villa, puis ordre sera donné par Lénine d’exterminer toute la famille des Romanov. L’assassinat des Romanov constitue pour les Russes une conscience collective qui, en réalité, dépasse le cadre de leur pays. Le moment fort de cette conscience collective est le pardon demandé par Boris Eltsine pour ce crime atroce, lâche et abominable. Cette commémoration suivie d’une réhabilitation de la famille des Romanov constitue le moment fort d’une conscience collective. Dans cette conscience collective retrouvée, il y a la coexistence de sentiment de culpabilité, de regrets, voire de contrition.

Il est à noter que les Français n’ont jamais eu de conscience collective envers le meurtre tout aussi lâche et sordide de Louis XVI et de sa famille. Faut-il rappeler l’acharnement des révolutionnaires, jusqu’à la mort, contre le fils de Louis XVI alors qu’il n’était qu’un enfant. Je reste persuadé que les Français dans quelques décennies retrouveront une conscience collective concernant l’assassinant de leur roi.

Maintenant que nous avons défini conscience et histoire collective, que pourrait être une mémoire collective ?

Le meilleur exemple que je pourrais vous proposer est celui de la guerre de sécession américaine. Celle-ci a tellement marqué l’histoire, la conscience, les esprits des américains, qu’elle s’impose dans la vie de tous les jours. On y consacre régulièrement des romans, des films, des écrits de tout genre. La guerre de Sécession et ses répercussions, me semble-t-il, sont l’exemple symbolique de ce que pourrait être une mémoire collective.

Il y eut une mémoire collective française après la Première Guerre mondiale. Tout le monde clamait avec enthousiasme que ce serait la der des ders. La France avait à ce moment-là une mémoire collective qui a encore quelques faibles répercussions de nos jours lorsqu’on commémore le souvenir de quelques poilus.

Plus intéressante est la mémoire collective localisée qui persiste en Vendée après les massacres que l’histoire passe sous silence.

Le sujet est très vaste, je me suis limité juste à ces trois éléments. On pourrait aussi ajouter la notion de martyre collectif tel qu’on le retrouve chez certains peuples comme les chiites. Il s’agit d’un sujet complexe que je ne traiterai pas pour le moment.

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