
Je crie. Grosse rigolade. Ils étaient tous cachés derrière leurs volets. Parfois, j'ai envie que tout s'arrête. Parfois, j'ai envie de m'endormir dans mon dernier linceul. Je suis étranger au monde. Etranger à ce monde.Que faut-il faire pour entrer dans la bulle du grand bal ? Pardon monsieur, vous n'êtes pas affilié au parti. Venez avec nous, vous devez répondre à quelques questions.Je pensais que c'était un piège. Mais je n'avais pas le choix. Ils étaient une armée d'agents armés jusqu'aux dents de pied. Le moindre geste, et j'étais mort, cloué au pilori. J'obtempérai. Je ne suis pas un héros. Je suis bien plus qu'une boule à zéro. Je suis un univers à moi tout seul, loin de la tourbe déchaînée, je creuse mon petit sillon. Question première. Avez-vous déjà visité les Etats-Unis ? Question numéro deux. Que faisiez-vous le 14 mars 2005, à 10h05 du matin ? Avez-vous un alibi ? Y a-t-il prescription de la mémoire ? Puis-je utiliser mon joker ?Question numéro trois. Sur une plage abandonnée, combien de jeunes filles en fleurs peuvent écouter leur morceau favori en boucle ? Est-ce que j'ai droit à une question subsidiaire?Le professeur à tête de rat me regardait droit dans les yeux. Il avait une aiguille à la main, prête à piquer. Je criais fort non non s'il vous plaît pitié. Le professeur à blouse blanche était impassible.Il disait juste "ça va aller, petit gars".Des gens comme vous ne méritent pas les soins attentionnés prodigués par la collectivité.Vous ne pensez qu'à vous. Vous êtes un individu en voie d'extinction.Extinction rébellion ? Non, extinction tout court, comme la flamme d'une bougie qui se meurt.Vous pouvez filmer en direct l'agonie de la petite flamme. La lumière qui s'éteint. L'obscurité qui vous envahit. Vous pouvez filmer mon dernier souffle.Coupez!