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Tricky - Knowle West Boy (2008)

Publié le 09 août 2008 par Oreilles

Ma parole, en voila une pochette qui mériterait de figurer aux côtés de celle de l'unique album de Demon Fuzz, si l'on devait la faire figurer dans un panthéon thématique cher à l'archiviste Michaël Ochs !
Tricky poursuit, ou plutôt renouvelle sa mue, son goût du transvestisme avec ce 8ème album, le premier depuis un bail, puisque Vulnerable remontait déjà à 2003 ; et connaissant le caractère impétueux du bonhomme, il est probable qu'il a un nouveau disque sur le coude.
A l'heure où sort également l'album de son ex-muse et compagne, Martina Topley-Bird, Tricky opère un virage à 180° en revenant à ses racines identitaires (le garçon du Knowle West, quartier riant de Bristol) ; la voix rauque (and roll) du sieur Adrian Thaws nous manquait, alors que vaut cet effort placé sous le signe de l'année des come-back - après ceux de Portishead ou de My Bloody Valentine ?
Tout bonnement, un album sous forme d'auberge espagnole, des plus éclectiques donc, avec ses temps forts et ses faiblesses, mais d'une façon générale, ça dépote pas mal, et Knowle West Boy est plutôt un disque optimiste où le sieur, enfin en rupture avec ses démons et ses maux de tête, délivre un disque apaisé, un peu trop même semble-t-il, orphelin que l'on puisse être des fêlures d'antan !
Cela démarre de manière inédite avec un "Puppy Toy" joué façon piano-bar enfumé, odeur de ganja s'entend ! Pas désagréable ! Puis, Tricky, pas bégueule, laisse la parole à ses invités auquel il décerne même le titre de ses chansons ("Joseph", "Veronika") ; ladite Véronika offrant d'ailleurs un mimétisme troublant avec Martina Topley-Bird, dans ses manières mutines et sexy , belle réussite quasi a capella que ce morceau qui porte son nom !
Ce sont les tempos les plus rapides qui sont le plus addictifs, en tout cas qui font le plus décoller le disque ; ainsi ce titre à la gloire des H.L.M locaux ("Council Estate"), absolument trépidant, endiablé pourrait-on dire, un coup de poing dans la face ; dans ce contexte, les morceaux plus lents font presque figure d'intrus ("Past Mistake", pourtant pas mal dans son genre) !
La deuxième face convainc moins, et se révèle même par moments assez ennuyeuse ; il faut paradoxalement une chanson nommée "Slow" (ben, voyons !) pour repartir tambours battants ! Le final néamoins, est réussi, avec un "Far Away" où l'on retrouve la verve d'antan de Tricky, ce genre de morceau nappé de clavier sous tension, que l'on affectionnait sur Maxinquaye (94) ou sur l'éreintant mais tuant Pre-Millenium Tension (96).
C'est la mélancolique (et autobiographique comme le reste) "School Gates" qui termine le nouvel album sur un tapis de guitares acoustiques et de slide.
en résumé : l'album du retour, et sans doute celui d'une nouvelle transition. Le côté spasmodique et migraineux auquel nous avait habitué Tricky fait certainement défaut, mais il n'avait pas livré album aussi digne depuis un bail. Tricky de retour ? C'est les Massive Attack, et de manière plus générale, le monde sous-terrain de la pop qui peut trembler !
Tricky, site non-officiel, qui vaut le détour
Myspace
"Far Away" en écoute


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