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La cancel culture, une religion intégriste !

Par Abdesselam @abdesselam
LA CANCEL CULTURE, UNE RELIGION INTÉGRISTE !

LA CANCEL CULTURE, UNE RELIGION INTÉGRISTE.

Dans mon livre « Cancel et contre cancel culture, une méchanceté bienheureuse  » je fais une mise en garde contre la dangerosité de la philosophie de l’annulation. Non seulement la cancel culture menace la liberté d’expression, elle s’institutionnalise en véritable religion de l’intolérance. Une religion qui a toutes les caractéristiques des anciens intégrismes chrétiens. Pire, cet intégrisme n’est qu’une étape vers le pervertissement purement et simplement de tout esprit de démocratie.

Mais, tout d’abord, examinons ce que c’est qu’une religion intégriste.

Fonctionnement d’une religion intégriste.

Lorsqu’une religion est corrompue, tout ce qu’elle apporte de morale, de générosité, se trouve détourné par quelques personnes pour leurs propres avantages. Ces personnes installent un dogme religieux qui devient le mode de pensée unique. Pour tirer pleinement profit de leurs puissances, ils instaurent une hiérarchie ecclésiastique qui décide de tout. L’ordre religieux ainsi édifié devient la source et la référence de l’intelligence. Il s’agit de croire sans comprendre.

La réflexion théologique se trouve entre les mains d’une minorité de croyants qui décide de ce qu’il faut entreprendre ou non. Elle décide également de la manière de réfléchir des autres fidèles. Ceux qui osent sortir du cercle tracé se trouvent menacés. Cela peut aller de simples regrets, jusqu’à une contrition publique, et finalement par des châtiments corporels, voire la mise à mort des récalcitrants. Le sujet n’a pas le droit de réfléchir, il a le droit d’obéir.

La cancel culture fonctionne exactement de la même façon, comme une religion intégriste

1 Un clergé invisible et imprévisible

Dans la Cancel culture moderne il n’existe pas de clergé bien défini, ce qui la rend encore plus sournoise. Il y a un clergé d’accord tacite. Un clergé qui décide des règles du jeu, mais de règles changeantes en fonction d’une opinion que l’on arrive à fabriquer de toutes pièces. Si par malheur vous osez réfléchir autrement, vous êtes bannis. Toutes les portes se trouvent fermées devant vous.

2 Du repentir à l’auto-flagellation : c’est ma faute, ma très grande faute

Quand on examine les dernières affaires de Cancel culture, on ne peut qu’être surpris par la stricte analogie avec les anciennes méthodes religieuses. Une analyse de l’affaire de la gifle administrée par Will Smith est éloquente de façon extraordinaire. À la suite d’une blague déplorable de la part de Chris rock, Will Smith le gifle. Il se trouve, ainsi, banni, non seulement des cérémonies des Oscars pour 10 ans, mais également exclus de nouveaux contrats, de plus ses films ne sont plus diffusés.

On reproche à l’acteur d’avoir utilisé la violence. Il aurait dû user d’une boutade pour répondre à une autre boutade. Mais beaucoup de personnes qui ont utilisé des plaisanteries se sont retrouvées dans la même situation d’exclusion.

Ce qui est intéressant à analyser, est la réaction de l’acteur incriminé. Il fut dans l’obligation de présenter des excuses, mais surtout d’entrer dans la contrition, la repentance puis, de subir, finalement, une thérapie. Voilà qui rappelle, malheureusement, les méthodes de l’intégrisme religieux. Mais, dans le christianisme, il y avait, malgré tout, la notion de pardon. Ici, aucune clémence, celui qui ose avoir un comportement non conforme, se trouve bannie sans pitié. Du reste la pitié ne fait pas partie de la cancel culture. En effet, on n’y fait référence que lorsque la Cancel culture se retourne contre ses propres promoteurs. Si dans notre époque moderne on ne peut brûler les gens pour les purifier, on agit autrement. On fait en quelque sorte qu’ils cessent d’exister en terre humaine, en tant que personnes publiques. On efface chez ces personnes, leurs pensées, leurs présents, leurs futures. On efface leur vie de famille, ce qu’elles sont, et ce qu’elles pourraient devenir. C’est ce que j’ai appelé dans mon livre la méchanceté bienheureuse.

Un autre exemple bien édifiant est celui de l’actrice et productrice Drew Barrymore qui a donné son avis sur un procès de divorce avec un déballage médiatique indécent. À son tour elle fut obligée de faire amende honorable, de faire acte de flagellation publique.

La cancel culture reprend pour son propre compte les dérives de l’inquisition religieuse à cette différence qu’elle ne propose aucune morale en dehors de celles de la destruction de l’individu en tant qu’être pensant.

3 De la peur du bannissement, au péché originel

Contrairement à la religion classique, la cancel culture n’a pas de règles définies. Elle est laissée au bon vouloir de l’élite dominante. Celle qui a le pouvoir d’inclure ou d’exclure. Que ce soient les acteurs, que ce soient les intellectuels, que ce soins les citoyens qui sortent de l’ordinaire, tous connaissent le même désarroi : est-ce que mes paroles, est-ce que mes comportements sont susceptibles de déchaîner les courroux de la cancel culture contre moi ?

Toutes les personnes s’engageant un tant soit peu dans la vie publique connaissent ce sentiment ravageur. Pire, tout individu qui s’investit dans le débat public sait qu’il est, avant tout et surtout, un pêcheur potentiel. Avant même de s’exprimer, il porte en lui le sentiment de culpabilité. C’est le péché originel consenti.

4 Une horde de fidèles à l’affût du moindre écart de conduite.

La cancel culture, pour qu’elle puisse réussir et semer le doute, s’appuie sur une horde de personnes qui lui voue une fidélité quasi servile. Qu’une personne ose prononcer quelques paroles blasphématoires, voici cette horde qui se déchaîne contre elle. Nul besoin de faire intervenir le clergé.

Finalement, la cancel culture est beaucoup plus dangereuse qu’on ne le pense. Elle est le fruit de la standardisation et de la dictature de la pensée commencée il y a plusieurs décennies, comme je le souligne dans mon livre « Cancel et contre Cancel culture, une méchanceté bienheureuse ». Malheureusement le Léviathan est lancé et ce n’est pas sûr qu’il s’arrête de sitôt.

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