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I – le soufisme : mise au point préalable

Par Abdesselam Bougedrawi @abdesselam
I – LE SOUFISME : MISE AU POINT PRÉALABLE

I – LE SOUFISME : MISE AU POINT PRÉALABLE.

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Bonjour, je suis Abdesselam Bougedrawi, je vous propose une série d’articles sur le Soufisme. Ces articles sont avant tout à l’intention du monde européen et occidental dans lequel le Soufisme est mal compris. Il m’a paru nécessaire, au préalable, de commencer par une mise au point et par quelques définitions simples. Cette étape est cruciale puisque sans elle l’idée même de Soufisme risque d’être transfigurée et dénaturée.

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Le Soufisme est la plus belle et la plus grande des aventures humaines. Son but ultime est l’élévation de l’âme et sa sublimation au-dessus de toutes les contingences. Le but suprême de cette spiritualité est l’amour du Divin et rien d’autre en dehors de cela. La spiritualité du Soufisme est tellement intense, tellement inégalable qu’on peut avancer qu’elle peut constituer l’ultime recours pour les âmes délabrées qu’elle contribue à réparer.

Toutefois, il est important de se débarrasser de certains préjugés la concernant.

1 – Le Soufisme est indissociable de l’islam, du Coran, et du prophète Mahomet. Il n’y a pas de Soufisme en dehors de l’islam essentiellement sunnite. Certains philosophes de l’Occident ont essayé de séparer l’Islam du soufisme. La raison principale est la suivante : il leur était impossible de concevoir qu’une spiritualité, une pensée aussi intense, aussi élevée puisse être le fait de simples musulmans. Le Soufisme sera toujours l’Islam, le Coran, le Prophète de l’Islam.

2 – Le Soufisme n’est pas une sagesse, une morale, une philosophie ou toute notion propre à la pensée intellectuelle ou non.

Le Soufisme se situe en dehors de la notion du bien et du mal, du péché et de la bonne action, du paradis et de l’enfer. Toutes ces notions peuvent, dans une certaine mesure, entraver le Soufisme et sa quête de l’amour infini du Divin.

Parmi les soufis on peut citer Rabi’a El Adawya, qui bien qu’elle soit femme, est l’une des figures les plus connues et les plus respectées du Soufisme. On raconte à propos d’elle cette anecdote, ô combien éloquente :

« Rabi’a apparut un jour dans les rues de Basra en portant un seau d’eau dans une main et une torche dans l’autre. Interrogée sur son étrange attitude, elle répondit : Je veux mettre le feu aux paradis et verser de l’eau en enfer pour que ces deux voiles disparaissent, et qu’on voie clairement qui adore Dieu par amour, et non par crainte de l’enfer ou par espoir du paradis !

Pour cette femme soufie, le paradis et l’enfer, que l’ascète craint tant, ne sont que des voiles dans la quête de Dieu. » Éric Geoffroy.

Il y a dans cet exemple toutes les notions précurseurs de la pensée moderne du XIXe siècle en Europe. Rappelons que cette femme arabe vécut au VIIIe siècle du calendrier grégorien.

Note : dans le Soufisme il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes. Si une grande partie des grands soufis sont des hommes, le nombre de grandes femmes soufies est très important.

3 Le christianisme n’a pas influencé le Soufisme, c’est plutôt le contraire qui s’est produit. L’exemple précédent de cette femme soufie a conduit le monde européen à se poser la question du vrai amour de Dieu. Il a, certainement, ce sera le sujet d’un de mes essais influencé énormément la pensée de Martin Luther lorsqu’il place l’amour de Dieu au-dessus de tout.

4 – Le bouddhisme et le Soufisme n’ont rien à voir l’un et l’autre. Le bouddhisme n’a certainement jamais influencé le Soufisme comme le prétendent certains. C’est le contraire qui s’est produit. En effet, un des plus célèbres soufis, Ali Mansour Al Hallaj, a, au contraire, influencé le bouddhisme lors de son voyage en Asie.

5 – Il y a dans le Soufisme une notion importante qui est celle de Zaouïa que certains traduisent par confrérie. Si cette traduction est commode pour le monde occidental, elle trahit la pensée du Soufisme et introduit l’idée de secte. Les Zaouïas sont des lieux de rencontre et de spiritualité des soufis. Elles sont accessibles à tous et ne représentent aucun caractère sectaire.

6 – Il est important de connaître deux mots de vocabulaire :

Tasssaouf : ce mot signifie le fait de devenir soufi. Mais, également, il peut signifier l’action, durable ou non, de pratiquer le Soufisme. Attention à ne pas en altérer le sens !

Tariqua : ce mot est dérivé du mot arabe Tariq qui veut dire chemin. Si le but unique du Soufisme est la purification de l’âme et sa sublimation par l’amour du Divin, les moyens pour y parvenir son diversifiés. Ainsi, il existe des personnes célèbres issues du monde Soufis. Il est important de préciser qu’elles sont devenues célèbres par leur spiritualité, exclusivement. Par la suite certains soufis reprennent leurs approches pour parvenir eux-mêmes à cet état de spiritualité suprême. Les Tariquas se sont répandues à travers le monde arabe et musulman et au-delà de ses frontières. Il est important de préciser qu’à l’image de l’Islam, il n’y a pas de clergé dans le Soufisme.

7 – Si la recherche de la spiritualité ultime est le but du Soufisme, ce n’est jamais de l’ascétisme, ni de l’isolement, ni du renoncement, ni de la réclusion. Le Soufisme doit s’accompagner impérativement de la continuation de sa vie normale. Le soufi s’il est épicier continue de l’être.

8 – Les soufis ont accompli de grandes œuvres telles que construction de mosquées, d’hôpitaux, d’hospices …

9 – Les soufis contribuent largement à la paix dans le monde dans le plus strict anonymat. Ils ne recevront jamais le prix Nobel de la Paix qui du reste ils refuseraient. Ainsi, au Maroc, il existe annuellement un festival de la musique sacrée qui réunit les chanteurs, les troupes artistiques, toutes sortes de manifestations spirituelles de toutes les religions et de toutes les tendances intemporelles. Ce festival est le fait d’un soufi marocain, Faouzi SKali. C’est un homme très peu médiatisé à l’image de tous les soufis.

10 – Reste à préciser, et c’est important essentiellement pour le monde occidental, le Soufisme n’est pas une organisation secrète. Leurs lieux religieux sont publics, ouverts à tous, en dehors de certaines cérémonies.

Avec ces quelques notions de base, nous pouvons aborder le Soufisme dans les prochains articles.

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© abdesselam bougedrawi

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