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Les pierres de Chang'An apportent la fortune, et on compose des poèmes pour leur beauté

Par Soiwatter
Une nouvelle théière est arrivée hier matin, une dont je ne vous avais pas encore parlé. Comme vous le savez, il y a un peu plus d'un mois, je suis parti à la recherche de nouvelles théières: ballades dans Paris et sur Internet au rendez-vous! J'avais besoin d'une petite théière pour mes pu ehr - moins de 10 cl - et d'une pour mes oolongs de Taïwan - celle là, je l'ai trouvée chez Yunnan Sourcing, mais elle n'est toujours pas arrivée alors que je l'attends activement depuis bientôt trois semaines, l'activité étant surtout pour mon cerveau et puis mes nerfs.
Au détour de mes recherches virtuelles, je suis tombé sur le site d'un Antiquaire de Yixing vendant de vielles théières sur ebay, pour un prix très raisonnable. Et au milieu, une petite merveille, une minuscule Zhuni de 80ml datant de la dynastie Qing, avec un paysage peint en relief...
Et un poème:
Les pierres de Chang'An apportent la fortune,
et on compose des poèmes pour leur beauté.

Je suis tout de suite tombé sous le charme... Mais je n'osais pas l'acheter. Et finalement j'ai craqué, un vrai achat compulsif. Elle est partie de Yixing mardi et hier elle étais là, qui penserait qu'elle a voyagé plus de 10000 km... en quatre jours alors qu'il faut un mois pour envoyer une lettre à l'autre bout de l'arrondissement.
En main, ces 80ml sont microscopiques, d'une finesse exemplaire, pourtant les parois sont relativement épaisses. Les peintures sont magnifiques, d'un beau jaune-oranger. Lorsqu'elle est mouillée, elle devient brillante, lumineuse, les peintures prennent une couleur dorée.
Après l'avoir nettoyée (un bon bain ça ne peut que faire du bien après un si long voyage, surtout à cet âge-là), j'ai commencé à apprivoiser cette jolie grand-mère. Un Ba Da Chun fera l'affaire... Pour un premier test, j'ai transformé l'essai. La liqueur était très odorant, concentrée mais sans être agressive, fruitée comme toujours, même plus. Le flot de thé sortant de la théière est rapide et régulier; la théière, même sans filtre, ne se bouche pas. Une belle réussite.
Nouvel épisode, aujourd'hui, pour quelque chose de totalement nouveau. Depuis quelques temps, je remarquais que je n'avais quasiment pas pu ehr cuit. Juste un demi-écu de 1984 que je garde pour les grandes occasions. Or dans mon colis de Stéphane, j'en ai reçu deux en échantillon. Donc aujourd'hui, j'ai goûté la brique de pu ehr de 2000 de la CNNP.

C'est un beau morceau que j'ai reçu... Vous remarquerez le mini-plateau en bambou que je me suis offert pour mes dégustations en tête à tête avec une théière et mon ouvre lettre en étain, qui avait appartenu à mon grand-père et qui est devenu mon couteau à pu-ehr.
Revenons à ce thé: La brique est très sombre, on dirait presque huileuse. A l'odeur, c'est une bouffée de chocolat, avec un peu de fumée et de terre.
A la première infusion, la liqueur est sombre et dense, avec une odeur de terre très agréable, bien caractéristique des pu ehr. Le goût, c'est de la mousse verte, voilà ce à quoi ça m'a fait penser, un chemin entre deux murets en pierre pleins de mousse après l'orage . Très ronde et moelleuse, presque crémeuse, très longue en bouche, la liqueur laisse découvrir derrière cette note au fil des infusions de légers goûts terreux et agréablement fumés, une note douce et chocolatée très agréable, un peu du style Nestlé Dessert, et un petit côté poivré qui apporte de la fraicheur et contrebalance la rondeur chaude du thé.
Un thé magnifique dont je suis sûr de me souvenir lors de ma prochaine commande chez Stéphane. Alors, encore, merci pour cette découverte!

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