L'eau est un élément majeur de la nature mayennaise, non seulement parce que la rivière traverse le département du nord au sud (et j'en reparlerai puisque j'ai effectué une navigation sur ce cours d'eau) mais aussi par le nombre d'étangs de pêche et de sites d'élevage. Qui plus est toutes les rivières y sont de première catégorie.J'avais entendu parler de l’élevage de la truite de Parné-sur-Roc et j'étais intéressée de le visiter. J’ai visité de tels élevages notamment en Franche-Comté et sur l'île de la Réunion, et même d'esturgeons en Aquitaine où l'on produit un caviar IGP
mais il s'agissait toujours d'élevage intensif.J'ai eu la chance d'être conseillée par Mayenne Tourisme qui m'orienta sur la commune de Montjean oùJean-Claude et Aurélie Gandon exploitent non seulement un établissement piscicole mais aussi un lieu de séjour depuis que deux gites y ont été ouverts. La seconde particularité est que l'élevage y est extensif.Quand dans les piscines on produit 100 kilos de poisson par mètre carré, ici en extensif, on obtient peu de poissons sur beaucoup d’eau, 200 kilos par hectare.Breton, originaire d’Ile-et-Vilaine, Jean-Claude a fait ses études à Guérande. Il a d'abord été autocariste dans toute l’Europe avant d’arriver là, avec sa femme, il y a 25 ans, attirés par la combinaison du caractère historique, avec un château au bord d’un étang panoramique sur la digue, avec un bassin versant de 19 km² principalement composé de prairies et de cultures de céréales, et l'opportunité de pratiquer une production piscicole avec un réservoir de 25 hectares. Après avoir vécu sa passion pour les voyages il allait en assouvir une autre pour les poissons.
Jean-Claude m'a fait faire le tour de l'étang dont la profondeur maximale est de 3 mètres avec une moyenne de 1.8 mètres. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire la réflexion que chacun fait en découvrant son domaine : On s’attend pas à ça quand on arrive iciL'accès est d'ailleurs indiqué pour les gites, un petit chemin sur la gauche en venant du Nord par la Route de la Maison Neuve (la D 124) reliant Loiron à Cossé-le-Vivien, mais il est peu repérable si on vient du Sud. Il n'y avait alors qu'un ancien moulin avec certes 500 m² de dépendance mais sans eau courante ni électricité. D'autres auraient été découragés mais ils ont accepté de vivre trois ans dans un mobilhome, le temps de débroussailler puis de couvrir les bâtiments que traversaient les pluies. Après avoir garanti une habitation digne de ce nom ils ont créé deux gîtes de pêche.
L'étendue d'eau est splendide, au pied d'un château construit à l’époque de Charlemagne (qu'il ne faut pas photographier parce qu’il est totalement privé) dont l'histoire est détaillée sur le site du Moulin. On peut y lire que c'était un "moult beau lieu" qui a vu le passage du roi Louis XI en 1472.Il est propice au repos et à la flânerie il ne l'est pas à la baignade qui est formellement interdite. Voilà pourquoi une piscine a été creusée pour permettre aux membres des familles qui ne pêchent pas de profiter des vacances.Ils pourront aussi discuter jardinage et plantes fleuries avec Aurélie qui a la main ultra-verte ou observer les oiseaux exotiques pour lesquels elle déborde d'affection. C’est aussi une façon différente de penser aux voyages.



Les lâchers de truites s'effectuent au printemps. Il existe des rivières à truites en nord Mayenne, dans des endroits plus frais où bien entendu il y a aussi des poissons sauvages. Ici l’eau serait trop chaude en été et on ne pêche pas la truite durant cette période.
Des parcours de pêche à la truite ou à la carpe sont proposés aux visiteurs et aux résidents des gites de mars à octobre et donc durant tout l'été. On vient de loin pour y capturer des carpes trophées, se prendre en photo avec et les relâcher ensuite. Voilà pourquoi il y a dans la pièce d'eau des spécimens très vieux, dont le poids peut s'approcher des 20 kilos. De quoi attirer les adeptes de cette pêche sportive et somme toute respectueuse de l'animal, encadrée par des règles draconiennes.Le nombre de cannes est limité à 4 par pécheur, mais Jean-Claude m’apprend que rares sont ceux qui en positionnent moins. On n’a le droit qu’à l’ hameçon simple et sans ardillon (ardillon écrasé toléré, tresse interdite) car en cas de casse, le type de montage utilisé doit permettre au poisson de se libérer facilement et de poursuivre sa vie sans être blessé. Un tapis de réception obligatoire, pour, j’imagine, protéger Les écailles du poisson.
La pêche dite au accroc est formellement interdite de même que l’eschage ou l’amorçage à la graine crue. Je ne me rends pas compte de la nature exacte de ces restrictions mais elles parleront aux spécialistes.La carpe se plait dans l'étang parce qu'il y pousse des bancs de nénuphars où elle aime se faufiler à la belle saison. Elle se régale des vers de vase présents dans de multiples zones. Leur nourriture varie en fonction de l'âge et des saisons mais la carpe commune est omnivore, plantonophage et benthophage à prédominence carnivore (larves d'insectes, mollusques, crustacés, vers...). Elle ne dédaigne pas les algues, les frais de poissons (les oeufs de ponte) et les graines. Les grosses carpes recherchent même des petits poissons, des écrevisses et des moules d'eau dont elles brisent la coquille avec leur dents phryngiennes. Il faut croire que le régime alimentaire leur convient puisqu’elles prennent deux kilos par an.








Pisciculture Jean-Claude & Aurélie GandonLe Moulin du Château - 53320 Montjean en Mayenne06 20 39 21 03 - Tel : 02 43 68 90 52Gites ouverts toute l'année - accueil camping-cars E-mail : [email protected]_Leur site http://mayennepeche.free.fr/.
