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Paul Eluard

Par Florence Trocmé

Eugène Émile Paul Grindel naît le 14 décembre 1895 à Saint-Denis. En 1908 ses parents s’installent à Paris, rue Louis-Blanc. Il passe son brevet en 1912 et, en décembre, est hospitalisé dans un sanatorium en Suisse ; il s’y lie avec une jeune russe, Hélène Dmitrovnie Diagonova, qu’il prénomme Gala. Le 1er décembre 1913, paraît à compte d’auteur Premiers poèmes sous le nom de Paul-Eugène Grindel ; l’année suivante paraissent des poèmes en prose, Dialogue des inutiles. Ces deux recueils seront mis au pilon par Éluard.
Début février 1914, Gala retourne en Russie ; en décembre Éluard est mobilisé dans une section d’infirmiers. En août 1916, près du front, il polycopie une plaquette de vers, Le Devoir, qu’il signe Paul Éluard, du nom de famille de sa grand-mère maternelle. Grindel réapparaît en 1951 dans le titre d’un petit livre destiné aux enfants, Grain-d’aile.
 Le 21 février 1917, Éluard épouse Gala à Paris ; le 31 juillet paraît Le Devoir et l’inquiétude ; en octobre, les bolcheviks prennent le pouvoir en Russie. En 1918, Jean Paulhan rencontre Éluard après la publication des Poèmes pour la paix  et le met en relation l’année suivante avec Breton, Aragon et Soupault qui publient en mars le premier numéro de la revue Littérature. En février 1920, paraît le premier numéro de Proverbe, revue dirigée par Éluard.
En mars 1924, Éluard s’embarque à Marseille pour un voyage autour du monde ; il revient à Paris en octobre. En 1926, il adhère au Parti communiste et collabore à la revue Clarté. En juin 1928, il est hospitalisé dans un sanatorium des Grisons d’où il ne sortira qu’en 1929, année où il rencontre (en décembre) Nusch, de son nom Maria Benz. Un an plus tard, Éluard et Gala se séparent. Éluard vit avec Nusch, qu’il épouse en août 1934.
En 1936, Éluard se rend en Espagne à l’occasion d’une rétrospective Picasso. Il fait une conférence sur L’évidence poétique à Londres, à l’occasion de l’exposition internationale du surréalisme. En 1938, la plaquette Solidarité est vendue au profit des combattants de l’Espagne républicaine. Éluard rompt avec Breton qui s’est rapproché des trotskistes après sa rencontre avec Trotski à Mexico.
En septembre 1939, Éluard est mobilisé dans les services de l’Intendance. En 1942, alors qu’il s’était éloigné depuis plusieurs années du Parti communiste, il demande sa réinscription. Quelques mois plus tard, il entre dans la clandestinité et constitue pour la zone nord le Comité national des écrivains qui se réunit en février 1943 chez Édith Thomas. En avril est publié à Genève Domaine français, anthologie d’écrivains qui ne collaborent pas, préparée par Jean Lescure, André Frénaud et Paul Éluard ; en septembre paraît le premier numéro clandestin des Lettres françaises. Il crée avec Louis Parrot L’Éternelle revue en 1944 qui, après deux numéros clandestins, sera publiée jusqu’en septembre 1945. En 1947, Éluard prononce plusieurs conférences en Tchécoslovaquie, puis en Italie, en Yougoslavie et en Grèce. Le 28 novembre, alors qu’il est en Suisse pour sa santé, il apprend la mort subite de Nusch. En 1948, il séjourne à Londres chez Roland Penrose. En 1949, il assiste avec Picasso au Congrès de Wroclaw pour la paix, en Pologne. Fin mai, il parcourt la Macédoine et passe quelques jours avec les partisans grecs. Il est à un congrès à Mexico en septembre, délégué du Conseil mondial de la paix ; il revient à Paris avec Dominique Lemor qu’il épouse en 1951. En 1950, avec Dominique, il séjourne en Tchécoslovaquie et en Union soviétique. En 1952, il représente la France aux manifestations organisées à Moscou pour le 150ème anniversaire de la naissance de Victor Hugo ; il prononce plusieurs allocutions. En vacances à Bénac en août et septembre, il souffre d’une angine de poitrine et rentre à Paris ; le 18 novembre il succombe au cours d’une seconde crise. Il est enterré au Père Lachaise le 22 novembre.

Bibliographie
Premiers poèmes, 1913.
Dialogue des inutiles, 1914.
Le Devoir, 1917.
Poèmes pour la paix, 1918.
Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux, 1920.
Les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves, 1921.
Répétitions, avec des dessins de Max Ernst, 1922.
Les Malheurs des immortels, en collaboration avec Max Ernst, 1920.
Mourir de ne pas mourir, 1924.
152 proverbes mis au goût du jour, en collaboration avec Benjamin Péret, 1925.
Au Défaut du silence (sans nom d’auteur), 1925.
Capitale de la douleur, 1926.
Les dessous d’une vie ou La Pyramide humaine, 1926.
Défense de savoir, 1928.
Ralentir travaux, en collaboration avec René Char et André Breton, 1930.
À toute épreuve, 1930.
L ‘immaculée conception, en collaboration avec André Breton, 1930.
La Vie immédiate, 1932.
Comme deux gouttes d’eau, 1933.
La Rose publique, 1934.
Nuits partagées, 1935.
Notes sur la poésie, an collaboration avec André Breton, 1936.
Grand air, avec une eau-forte de Picasso, 1936.
La Barre d’appui, avec 3 eaux-fortes de Picasso, 1936.
Les Yeux fertiles, avec un portrait et 4 illustrations de Picasso, 1936.
L’évidence poétique, 1937.
Les Mains libres, dessins de Man Ray illustrés par des poèmes d’Éluard, 1937.
Premières vues anciennes, 1937.
Appliquée, 1937.
Quelques-uns des mots qui jusqu’ici m’étaient mystérieusement interdits, 1937.
Cours naturel, 1938.
Solidarité, avec des gravures de Picasso, Miró, Tanguy, Masson, John Buckland Wright, Dalla Husband, Stanley William Hayter, 1938.
Médieuses, avec des lithographies de Valentine Hugo, 1938.
Chanson complète, avec 4 lithographies de Max Ernst, 1939.
Donner à voir, 1939.
Jeux vagues la poupée, avec 2 photographies de Hans Bellmer, 1939.
Le Livre ouvert (1938-1940), 1940.
Moralité du sommeil, avec des dessins de Magritte, 1941.
Sur les pentes inférieures, Préface de Jean Paulhan, portrait par Picasso, 1941.
Le Livre ouvert II (1939-1941), 1942.
Poésie et Vérité 1942, 1942.
Poésie involontaire et poésie intentionnelle, 1942.
Les Sept poèmes d’amour en guerre, sous le pseudonyme de Jean du Haut, 1943.
Le Lit la table, 1944.
Dignes de vivre, illustrations de Fautrier, 1945.
Quelques mots rassemblés pour Monsieur Dubuffet, 1945.
Au Rendes-vous allemand, 1945.
À Pablo Picasso, 1945.
En avril 1944 : Paris respirait encore !, poème illustrant 7 gouaches de Jean Hugo, 1946.
Doubles d’ombre, dessins d’André Beaudin, 1946.
Lingères légères, portrait de Marcoussis, 1946.
Une longue réflexion amoureuse, portrait de Nusch par Picasso, 1946.
Poésie ininterrompue, 1946.
Souvenirs de la maison des fous, dessin de Gérard Vulliamy, 1946.
Le Dur désir de durer, avec des dessins de Chagall, 1946.
Elle se fit élever un palais, bois gravés de Serge Rezvani, 1947.
Corps mémorable (sous le pseudonyme de Brun), 1947.
Le meilleur choix de poèmes est celui que l’on fait pour soi, 1818-1918, 1947.
À l’intérieur de la vue, en collaboration avec Max Ernst, 1947.
Premiers poèmes, 1913-1921, 1948.
Jacques Villon ou l’art glorieux, 1948.
Poèmes politiques, 1948.
Perspectives, poèmes sur des gravures d’Albert Flocon, 1948.
Le Bestiaire, eaux-fortes de Roger Chastel, 1948.
Léda, dessins de Géricault, 1949.
La Saison des amours, eaux-fortes de Friedlander, 1949.
Une leçon de morale, 1949.
Hommage aux martyrs et aux combattants du ghetto de Varsovie, dessins de Maurice Mendjizki, 1950.
Hommages, 1950.
Pouvoir tout dire
, illustrations de Françoise Gilot, 1951.
Première anthologie vivante de la poésie du passé, anthologie préparée et préfacée par P. É., 1951.
La Jarre peut-elle être plus belle que l’eau ?, 1951.
Le Visage de la paix, 29 lithographies de Picasso, 1951.
Grain-d’aile, illustrations de Jacqueline Duhème, 1951.
Le Phénix
, 18 dessins de Valentine Hugo, 1951.
Anthologie des écrits sur l’art, I, 1952, II, 1953, III, 1954.
Poèmes de Christo Botev, traduits du bulgare, Adaptation de P. É., avec une biographie par Elsa Triolet, 1952.
Les Sentiers et les routes de la poésie, 1952.
Poèmes pour tous, Choix de poèmes 1917-1952, 1952.
Poésie ininterrompue, II, 1953.
Œuvres complètes I et II, Préface et chronologie de Lucien Scheler, Textes établis et annotés par Marcelle Dumas et Lucien Scheler, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1968. Le tome II donne Premiers poèmes (1913) et réunit des Poèmes retrouvés, des Dédicaces, les Préfaces et les Prières d’insérer (1908-1966).
Lettres à Gala, 1924-1948, édition établie et annotée par Pierre Dreyfus, préface de J.-C. Carrière, Gallimard, 1984.

Fiche établie par Tristan Hordé


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