
Nous allons régulièrement en Espagne depuis des années, Namour a de la famille sur la costa blanca, nous y sommes toujours magnifiquement reçus et ils sont aussi devenus la mienne, la preuve qu’on peut choisir sa famille.
Il est de mise durant nos séjours qu’on m’abandonne bien volontiers la cuisine et je me faisais un plaisir de régaler Tatie qui n’est pas difficile mais, c’est un peu plus compliqué avec ma Cousine qui grimace à l’énoncé de certains ingrédients, pour finir par se resservir parce que je m’applique et que c’est bon, tout ça dans la convivialité, la connivence et les éclats de rire, un vrai bonheur.
La maison a quelque peu changé en dix ans, Tonton, un Monsieur qu’on adorait n’est plus et Tatie, une femme intelligente, drôle, généreuse, d’humeur égale, avec tout un tas d’histoires à nous raconter a du être placée en maison médicalisée et si elle a gardé son doux sourire il lui arrive parfois de ne pas nous reconnaître ou souvent de ne pas être bien sûre de qui l’on est.

Nos séjours se partagent donc depuis dix huit mois entre apéro, déjeuner et diner avec Cousine et sa fille, toujours avec bonne humeur, ballades, restaus avec des amis que nous avons dans la région et visite quotidienne à Tatie à l’heure du déjeuner pour s’assurer qu’elle se nourrisse correctement. Par chance, elle a gardé un bon coup de fourchettes et le goût des sucreries qu’on lui apporte en guise de sur-dessert à défaut de pouvoir lui préparer de bons petits plats.

Ceci dit, les repas servis à la résidence sont préparés sur place par un cuisinier avec des produits locaux et si les plats sont simples le résultat est très correct. Un midi, j’ai vu arriver un arroz jaune avec des pois chiche et des rondelles de boudin, m’étonnant de l’assemblage, ma cousine m’explique qu’il s’agit d’un « arroz al horno » une spécialité de la cuisine valencienne.

La base du arroz al horno est constituée de riz, d’un bouillon corsé, de poitrine de porc, de travers de porc, de boudin noir et de pois chiche ou de pommes de terre. Comme souvent, il y a autant de recettes que de cuisinières valenciennes et on compose avec les restes, je pensais ne pas mettre de pois chiche trouvant que féculent + féculent c’était too much mais cela aurait été une erreur.
A refaire et si on ne trouve pas ce délicieux boudin noir espagnol de notre boucherie préférée, je prendrai des boudins antillais ou aux oignons.

Riz au four espagnol à la Valencienne
- 1 oignon
- 200 g de poitrine de porc
- 1 tête d’ail
- 1 bocal de pois chiche
- 250 g de tomates cerises
- Huile d’olive
- 40 cl de riz
- 70 à 80 cl de bouillon
- 2 c à s de tomates concassées
- Pistils de safran
- Poivre
- 8 petits boudins
Préchauffer le four à 180°
- Couper la poitrine en lardons, faire revenir dans une sauteuse.
- Éplucher, laver, émincer et suer l’oignon avec les lardons.
- Laver et sauter rapidement les tomates lorsque les oignons commencent à être translucides.
- Mélanger le cube de bouillon avec l’eau et le safran.
- Verser le riz dans la sauteuse, ajouter un peu d’huile d’olive et la tomate, poivrer.
- Nacrer quelques minutes, transvaser dans un plat à gratin.
- Arroser de bouillon safrané, ajouter les pois chiche égouttés, remuer délicatement.
- Déposer les boudins sur le riz. Emballer la tête d’ail dans de l’alu pour qu’elle soit confite.
- Enfourner, cuire, 30 à 40 min. Vérifier la cuisson du riz.

