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"Omar m'a tuer" ou le retour du homard

Par Maigremont

Une séance en pleine semaine chez l'ami Pierre est toujours vouée à d'heureuses surprises. On a un peu l'impression d'être chez papa et maman : vous arrivez, vous vous mettez les pieds sous la table et vous vous laissez bercer par la cuisine (toujours juste) et par la magie des vins (souvent grands) !

Ce soir, nous sommes un petit groupes d'amateurs de vins pour un repas autour du homards en provenance directe de Granville (rapportés vivants dans le coffre, leurs pinces ne cessaient de faire des clics et des clacs d'après Pierre). A cette époque, ils sont presque aussi gras que des cochons (pour notre plus grand plaisir).
Et puis comme entrée, la pêche miraculeuse du jour ayant été généreuse, ce n'est que du bonus qui s'offre en plus en entrée : étrilles, pétoncles, palourdes (mangées crues et farcies).

Laurent, invité comme nous, a apporté 2 vins : le Château du Bloy en Montravel. La premier vin est la cuvée d'entrée de gamme. Un Montravel 2007. Le nez sauvignone fortement avec des notes minérales très perceptibles, de champignon et anisées. J'aurai préféré un peu plus de gnac, de punch. La 2ème cuvée, c'est également un Montravel, cuvée "Lilia Blanc" 2006. Son nez est certes plus fermé mais plus intéressant (complexe). Cette fois-ci, la tension escomptée est présente. Elle est plutôt sur les fruits blancs. Bon.

Pierre apporte les produits de sa pêche du jour (les étrilles, palourdes... et pieds de cheval).

Pour accompagner cela, les vins qui suivent sont servis à l'aveugle. Le premier commence très fort : son nez est tout simplement fantastique et très ouvert. Miel d'accacia, fleurs blanches sur une minéralité omniprésente (pierre à fusil). La bouche est large, à la fois vive et tout en rondeur, magnifiquement équilibrée à l'éffigie du nez (miel encore). Et que dire de la longueur ? Superlative. C'est tout simplement génial ! C'est un Chablis 2001 Grand Cru Vaudésir de William Fèvre.

Tout retourné de ce que l'on vient de boire et de manger, quelle sera la suite ? C'est

au tour des homards de faire leur entrée ou plutôt le plat de résistance (7 kg à 12 !).
La premier vin à l'accompagner est un Corton-Charlemagne 2002 de Dubreuil-Fontaine père & fils. Son nez est assez proche du Fèvre, au point de vue richesse, mais avec un peu moins de subtilité (beurre, chèvrefeuille, gras). La bouche est puissante, charnue, longue. Un peu en retrait après le Chablis, mais un joli vin tout de même. Il s'agirait de ne pas jouer les difficiles !

Pierre vient de regarnir les assiettes de homard ! C'est une aubaine et un nouveau vin arrive. Son nez est clairement axé sur la minéralité, les fleurs blanches et l'anis étoilé. Le tout est harmonieux et diablement enivrant. La bouche est tendue, riche, rappelant la feuille sèche et minérale encore. Elle est pure, précise et tenue par une superbe acidité. C'est un Puligny-Montrachet 2002 1er cru "les Perrières" de Louis Carillon & fils. Très grand. L'assemblée entière apprécie.

A peine remis du Puligny de Carillon, on se demande quel va être le niveau du vin

suivant ?! Il en reste effectivement un pour accompagner la toute dernière rincette de homards ! Le nez est un peu enfoui au départ, mais les arômes sont très nets et d'une incroyable précision. Malheureusement, des notes déviantes en bouche viendront confirmer les doutes de Pierre qui avait constaté une coulure à l'ouverture de cet Auxey-Duresses 2003 du domaine D'Auvenay. Hurlement primaire (grrrrrrrrrrr) !!!!!!

Vint ensuite une déclinaison de toutes les grandes régions de France qui produisent des fromages de chèvre. Le vin qui l'accompagne est fait pour l'accord. C'est un Sauvignon. Le nez et la matière sont très murs, plutôt monolithique. Un vin politiquement correct, bien fait, pour plaire à tout le monde. C'est un Sancerre 2006 "la Moussière", d'Alphonse Mellot. Désolé, mais j'ai l'impression que Mellot et moi on ne peut toujours pas !

Pour achever la soirée, une tarte tatin maison (nous sommes en Normandie) qui n'a pas

fait long feu. Le petit dernier qui est servi dans les verres à une magnifique robe ambrée. Le nez est exhubérant, avec une pointe de sparadrap, de botrytis et des senteurs saphranées. La table part sur Sauternes et particulièrement à la vue de la robe foncée, c'est Guiraud et Suduiraut qui sont cités. La bouche est sirupeuse et offre une grande liqueur. L'équilibre sucre/acidité est parfait, sur l'orange amère et se prolonge très longuement. Vraiment grand. C'est un Monbazillac 2001 du Château Tirecul la Gravière. Que doit être la cuvée "Madame" du même millésime ?!

Mon TOP 3
1 Puligny-Montrachet 2002 de Luis Carillon
2 Monbazillac 2001 Tirecul la Gravière
3 Chablis Gd Cru Vaudésir 2001 de William Fèvre

Merci à Pierre pour cette "open house" et cette "open cave". On reviendra ;-)


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