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Histoire de Vin (par Jean Gabet) : la folle histoire de Château Margaux

Par Dc Dc

Si vous aimez l’Art, les anecdotes, l’histoire et … le vin, vous allez adorer ce premier rendez-vous avec le Youwiner Jean Gabet ! Aujourd’hui, découvrez donc la folle histoire du Château Margaux

Ce «château» est pourtant à part dans l'histoire du Médoc. Il est même unique. Il est le seul édifice de style palladien dans la région et l'un des monuments privé d'architecture néoclassique le plus important du bordelais.

La propriété était déjà un vignoble depuis les plantations de la famille Lestonnac au XVI ième siècle. Au XVIII ième, Thomas Jefferson, ambassadeur des jeunes Etats-Unis en France dépeint la hiérarchie des vins de Bordeaux et plaça Margaux en première place «  il ne peut y avoir une meilleur bouteille de Bordeaux! ».

C'est Bertrand Douat, un basque revenu d'Espagne enrichi, «Marquis de Colonilla» qui racheta le domaine, détruisit le manoir gothique et fit construire le château que nous connaissons. Il fit appel à Louis Combes, un célèbre architecte bordelais qui fit ici son chef d'oeuvre: « le Versailles Bordelais » est flanqué de 4 puissantes colonnes ioniques, d'un fronton triangulaire qui en fait une demeure élégante et aristocratique. Mais la propriété est avant tout agricole, et Combes y adjoint de part et d'autre du château une vraie cité agricole, regroupant les chais, les ateliers, les maisons du personnel agricole qui s'organisent autour de la cour en pavés. Depuis rien n'a bougé…

Le Marquis de la Colonilla n'aura jamais habité le château car il meurt en 1816. De nombreux propriétaires l'achètent au XIX ième siècle mais plus comme un signe de réussite que par  goût de la vigne et du vin. Les régisseurs entretiennent vaille que vaille le domaine. Pourtant en 1855, château Margaux est classé comme l'un des quatre premiers Grand Cru de Bordeaux, avec la note de 20 sur 20!

A la fin du XIX ième, le vignoble bordelais rentre dans une crise profonde, l'oïdium, le mildiou et le phylloxéra s'abattent sur les pieds de vignes.  Tout le vignoble est replanté grâce aux greffages des cépages français sur des plants américains résistants aux maladies.  Les pieds étant trop jeunes pour produire assez des raisins de qualité optimale, Frédéric Pillet-Will, le nouveau propriétaire depuis 1879 a l'idée de vendre une partie de la production comme «second vin». Le Pavillon Rouge est né!

C'est en 1924, que Pierre Moreau, courtier en vin et gérant du domaine, impose la « mise en bouteilles au château ». Véritable révolution qui garantie l'authenticité pour les acheteurs et fera des émules.... Face à la crise des années 30, et les millésimes désastreux, la famille Ginestet entre en scène. Trois générations: Fernand, Pierre et Bernard Ginestet réorganisent patiemment le vignoble. Mais la récession des années 1970, les millésimes  invendables de 1972, 1973 et 1974 les mettent dans un situation désespérée.

En 1977, André Mentzelopoulos en devient le nouveau maître. Il est en autre, le propriétaire de la célèbre chaîne de grands magasins Félix Potin. En 1980, il disparaît trop tôt pour jouir de la renaissance de château Margaux. C'est sa fille Corinne qui reprend les rênes du domaine. S'étant associée à hauteur de 75% avec la famille Agnelli, il faudra attendre 2003 et la mort du patriarche Giovanni Agnelli pour que Corinne Mentzelopoulos redevienne l'unique actionnaire. Désormais, elle se consacre à plein temps à la gestion du domaine assistée de l'oenologue Paul Pontallier. En période de vendanges, elle s'installe pendant 3 mois au château et n'hésite pas à se joindre aux vendangeurs pour surveiller leur travail. Elle participe aussi et avec une grande simplicité à la Gerbaude, fête qui marque la fin des vendanges, n’hésitant pas à danser avec les jeunes vendangeurs !


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